Vendange à la main en Beaujolais

13 septembre 2010
WOERLE Antoine
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Vendange à la main en Beaujolais : l'histoire d'une exception française

Le Beaujolais est le seul vignoble français, avec la Champagne, à avoir interdit pendant des décennies la mécanisation des vendanges. La région, qui sera bientôt rattrapée par le progrès, avance un gage de qualité

Une serpette et un seau. Ces deux outils seront le lot quotidien des quelque 20 000 vendangeurs attendus à partir d'aujourd'hui dans le Beaujolais. Dans la région, les vendanges mécaniques sont interdites depuis plusieurs décennies.

« Il y a plusieurs explications, analyse Audrey Charton, viticultrice et présidente du cru fleurie. La conduite de la vigne d'abord : les ceps sont taillés en gobelet, c'est-à-dire assez près du sol, et attachés, ce qui n'est pas adapté à la machine à vendanger. La vinification beaujolaise ensuite : la macération semi-carbonique implique une vendange par grappe entière, ce que la machine ne permet pas. Le gamay est un raisin noir à jus blanc : il faut savoir extraire la couleur, les arômes ». L'égrappage, favorisé par la machine à vendanger, est une pratique de plus en plus utilisée aujourd'hui en Beaujolais : « On enlève cette partie verte qui apporte les tanins, enchaîne la viticultrice, moyennant des macérations plus longues ». Depuis quelques années, le vignoble évolue pour faciliter l'utilisation un jour de la machine à vendanger. « Toutes les vignes que l'on replante depuis vingt-cinq ans sont prêtes, commente Pascal Dufaitre, le régisseur du château de Pizay, un domaine de 60 ha. Aujourd'hui, mes clients ne sont pas gênés par la machine à vendanger mais par les produits qui sont utilisés. Labourer entre les rangs fait par exemple partie des nouvelles techniques environnementales qui seront facilitées par l'utilisation de la machine. Ce sont des problématiques qui sont liées ».

Depuis 2004, la machine à vendanger a été autorisée pour la seule appellation AOC beaujolais, hors beaujolais nouveau. « Aujourd'hui, nous sommes dans la dernière année d'expérimentation pour les beaujolais villages et les dix crus, explique Thierry Saint-Cyr, le président de l'Union des vignerons du Beaujolais. Nous saurons bientôt si c'est possible ou non. Cela ne veut pas dire que tout le monde l'utilisera. Chacun verra en fonction de ses convictions et de ses possibilités. Dans les vignes en coteau, ce sera tout simplement impossible ».

Pour Fredéric Sornin, qui exploite à Régnié-Durette l'un des plus grands domaines bio du Beaujolais, la machine à vendanger n'est pas incompatible avec ses convictions : « Quand on sait que 90 % de la production mondiale utilise la machine, il faut se dire que c'est une évolution naturelle. Si le chauffeur maîtrise bien la conduite, que les vignes sont adaptées et que la machine est performante, il n'y a pas de raison que le travail soit mal fait et que cela s'en ressente sur la qualité de nos vins. Quand on vend sa bouteille 50 euros comme en Champagne, on peut encore se permettre de vendanger à la main. Dans le Beaujolais, les prix de commercialisation sont loin d'être les mêmes ».

Et Audrey Charton de conclure : « Les viticulteurs sont raisonnables, ils connaissent leur métier, ce sera à eux de voir ».

Cécile Deplaude

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