Vignoble. Pas de cépage ajouté au Muscadet d'entrée de gamme

17 mai 2015
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Vignoble. Pas de cépage ajouté au Muscadet d'entrée de gamme http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/vignoble-pas-cepage-ajoute-au-muscadet-dentree-gamme-15-05-2015-210036 Le projet d'ajout d'un cépage accessoire, à hauteur de 10 %, est abandonné, devant l'opposition de nombreux viticulteurs. L'organisme de gestion relance une concertation sur l'avenir de l'entrée de gamme.   Qu'est-ce que le muscadet d'entrée de gamme ?

Le muscadet se décline en trois échelons : l'entrée de gamme est constituée par l'AOC (appellation d'origine contrôlée) muscadet, qui représente environ 150 000 hectolitres par an.

Sur la deuxième marche, se dressent les appellations régionales (environ 250 000 hectos par an), élevées le plus souvent sur lie. Ce qui procure le fameux perlant, qui fait merveille sur fruits de mer et poissons : AOC Sèvre et Maine, Coteaux de la Loire, Côtes de Grandlieu.

Et au sommet, règnent les crus communaux (autour de 15 000 hectolitres par an).

Quel est le problème de l'entrée de gamme ?

Même si certains viticulteurs parviennent tant bien que mal à en vivre, la valorisation de ces vins, commercialisés en majorité auprès du négoce, reste insuffisante. Un viticulteurlâche : « Le négoce boude le muscadet. Il préfère souvent acheter des vins, qui ne sont pas en AOC, et qu'il juge plus intéressants en terme de prix. Nous, on ne compte plus sur le négoce pour nous sortir des difficultés ! »

Par ailleurs, le muscadet d'entrée de gamme est, en partie, une production « de repli », autrement dit des muscadets vinifiés en appellation régionale. Invendus en fin de campagne, ils sont finalement commercialisés en entrée de gamme.

« Ces vins de repli sont plus structurés et complexes, et témoignent de l'excellence du savoir-faire des viticulteurs du pays nantais, explique un fin connaisseur du Vignoble. Autant ils sont bien adaptés aux appellations régionales, autant ils ne correspondent pas à la demande de vins d'entrée de gamme, légers, pimpants, aromatiques... »

Qu'ont fait les instances du muscadet pour répondre à ce problème ?

Le Sdaoc, l'organisme de gestion du muscadet, et ses partenaires, songent à faire évoluer le cahier des charges de l'appellation. Il s'agit de clairement différencier les appellations régionales et l'entrée de gamme.

Et d'orienter cette dernière vers des vins à boire jeunes, souples et fruités. Pour cela, le Sdaoc a lancé depuis deux ans des démarches auprès de l'Inao, l'Institut national des appellations d'origine.

Qu'a proposé le Sdaoc ?

En janvier dernier, il a présenté un nouveau dossier au comité régional de l'Inao. Le syndicat a proposé de rebaptiser l'entrée de gamme « muscadet de Nantes ». Une façon de renforcer l'identité du vin. Le muscadet est l'un des rares breuvages qui ne porte pas le nom de sa région de production. Autre proposition : diminuer un peu le degré, pour répondre à une demande croissante de vins moins alcoolisés. Le muscadet ne peut pas dépasser 12 degrés. Pour l'entrée de gamme, la limite maximale serait fixée à 11,5 degrés.

Le Sdaoc a aussi suggéré d'accroître un peu la teneur en sucre résiduel. Ou encore d'interdire la production sur lie pour l'entrée de gamme. L'existence de ce petit volume (environ 1 000 hectolitres) ne contribue pas à la clarification des produits. Enfin, le Sdaoc a proposé, toujours pour l'entrée de gamme, d'ajouter au melon de bourgogne, le monocépage du muscadet, un cépage accessoire à hauteur de 10 % : colombard, chardonnay ou sauvignon gris.

Qu'est-il advenu de ces propositions ?

Faute de quorum, l'Inao ne s'est pas prononcé en janvier. En revanche, la proposition de rajout d'un cépage accessoire a engendré, à travers le Vignoble nantais, d'importantes réticences chez de nombreux viticulteurs, attachés au monocépage, constitutif de l'identité de l'appellation. Le Sdaoc a donc abandonné ce projet d'assemblage. Et repris à zéro toute la réflexion sur l'avenir de l'entrée de gamme, en « impliquant tous ses vignerons ». L'objectif, écrit aujourd'hui l'organisme de gestion, est de « faire émerger un projet co-construit et partagé par la filière pour la fin 2015 ».

Jacques SAYAGH

Diaporama

L' association

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