Arnaud Baratte veut sublimer le vin avec ses verres

06 avril 2015
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Arnaud Baratte veut sublimer le vin avec ses verres

Publié le 14/02/2015

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Nord Littoral Depuis le Tarn, ce Calaisien veut conquérir le monde.

DSC06409.JPGLe Calaisien Arnaud Baratte a tracé son chemin, de Calais au Tarn, en passant par Arc International. Un tournant dans sa vie. Il est aujourd’hui designer de verre.

Arnaud Baratte a passé toute son enfance à Calais et traîné sa jeunesse dans les couloirs de Nord Littoral, que dirige alors sa famille. Il ne rêve pas de journalisme mais de devenir ingénieur chez Porsche. Un rêve vite oublié. A 18 ans, Arnaud rêve d’indépendance et de s’affirmer, « seul, ailleurs ». Il quitte Calais et enchaîne son service militaire, au service photos à Paris, puis une année dans une compagnie de croisière avant de changer du tout au tout et de travailler dans le second œuvre en bâtiment.

Il trouve un boulot au culot dans un salon

«Mais ce n’était pas vraiment ce que je voulais faire, reconnaît Arnaud. Ce qui m’intéressait, c’était les arts de la table. J’ai toujours été un épicurien et aimé manger et boire». Alors, à 30 ans, il décide d’aller se présenter au culot à des entreprises au salon Maison et objet à Paris.

C’est ainsi qu’il devient représentant pour Riedel, spécialisé dans les verres de dégustation en Autriche, puis chez Ercuis;Raynaud. Un tremplin pour la suite pour le Calaisien. Il reprend des études d’œnologie à Bordeaux pour décrocher un diplôme universitaire d’aptitude à la dégustation. «J’ai vraiment pris conscience qu’un vin n’avait pas la même saveur et odeur en fonction du verre dans lequel il est servi. Et donc de l’importance du contenant pour mettre en valeur le contenu et de la problématique d’allier l’esthétique à la technique. »

Son entreprise décide ensuite de se spécialiser dans l’hôtellerie-restauration, «une branche qui ne m’intéressait pas».

« Philippe Durand a été mon mentor »

Arnaud part donc la recherche d’un nouvel emploi. «Arc m’a alors contacté pour développer une marque de verres d’œnologie.» Il créé la marque Mikos œnologie sous les ordres de Philippe Durand, le P-DG de l’époque. « Philippe Durand a été mon mentor. C’est lui qui m’a tout appris dans le verre. Je ne le dérangeais jamais et j’ai appris des choses superbes à ses côtés qui me servent au quotidien », confie, avec émotion, Arnaud Baratte, qui s’est alors installé dans l’Oise, à mi-chemin entre le siège parisien et la cristallerie d’Arques.

«Au bout d’un an, il m’a demandé si je n’avais pas une idée pour une nouvelle ligne de verres.» Arnaud Baratte se pique au jeu et met au point avec l’équipe d’Arc International la gamme Open up.

Un verre qui s’est vendu à plus de 110 millions d’exemplaires et qui lui vaudra le Janus de l’industrie en 2006, un label d'excellence de l’industrie française du design. Une consécration pour le Calaisien.

Pour créer ce verre, il imagine avec le centre de recherches d’Arques une nouvelle matière, « plus résistante, écolo et qui restitue mieux la couleur du vin.» Cela donnera naissance au Kwarx. Un matériau 100% biologique, sans aucun métal lourd qui entre généralement dans la composition du verre. «On vient rajouter des terres rares qui donne un verre qui résiste beaucoup mieux aux chocs de la vie, plus résistant et qui reste brillant toute sa vie», explique Arnaud Baratte.

Il quittera Arc International en 2008, après avoir été écarté «et mis dans un placard doré» à la disparition de Philippe Durand.

Direction le Tarn, d’où est originaire sa femme, pour changer d’air et créer son entreprise, AB Négoce et conseil en juillet 2008.

De l’air, il en trouvera justement en se baladant dans la montagne noire, à la frontière entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Il tombe sur un parc éolien, à flanc de crête. «Jusque là, rien d’exceptionnel», raconte Arnaud Baratte. Le cadre l’inspire : ce champs en haut de la montagne, entouré de forêt : «Il y avait une multitude d’odeurs qui m’arrivaient au nez et je me suis dit qu’il serait intéressant de capturer la mécanique des vents dans un verre.»

Parmi les six meilleurs verres à vin de dégustation au monde

A peine rentré chez lui, Arnaud fait un premier croquis. Dès le lendemain, le dessin est envoyé à l’institut national de la protection industrielle pour le protéger. Les copieurs ne sont jamais loin dans l’univers du design. Emballé par son idée, Arnaud appelle plusieurs amis sommeliers et œnologues pour avoir leur avis d’experts : «Ils ont trouvé ça farfelu mais m’ont dit de foncer.»

Arnaud Baratte donnera naissance à une nouvelle ligne de verres, la sienne : Hélicium (lire aussi ci-contre). Une sacrée aventure : il faut dessiner le verre, trouver un fabricant, le faire fabriquer et avancer les fonds, stocker les verres, et les vendre. Il doit hypothéquer sa maison et s’engage dans un parcours du combattant pour trouver des fonds.

«Mais en octobre 2008, la crise arrive.» Il démarchera une vingtaine de banques pour en trouver deux, dont une qui le lâchera menaçant ce projet de plus d’1,5 million d’euros. La gamme verra bien le jour et Arnaud recevra même en 2010 un deuxième Janus pour son verre Hélicium «une première, je suis le seul à en avoir reçu deux», souligne-t-il.

Autre consécration : Robert Parker, le pape américain de la critique vinicole a mis le verre d’Arnaud Baratte dans le top 6 des verres de dégustation au monde, avec une mention spéciale pour le verre Hélicium.

Les difficultés financières ne sont pourtant jamais loin. Il finira par trouver un nouveau partenaire en octobre dernier. Arnaud est désormais associé à la coopérative vinicole tarnaise, Vinovalie, qui a des filiales à New-York ou Shangai. «Ça me permet de souffler un peu et de me dégager de toute la logistique pour repartir dans la création et le développement, ce que j’aime faire.»

Arnaud s’est découvert une âme d’entrepreneur, même s’il ne tire aucune fierté de son parcours : «Je pensais que ça marcherait beaucoup plus rapidement. J’aurais aimé croître plus rapidement et créer des emplois. J’ai quand même de la fierté de l’avoir fait, d’être allé jusqu’au bout de mon projet. Cette expérience m’a aussi appris la ténacité. A l’avenir, je vais faire les choses d’une façon différente et protéger un peu plus ma famille. Si ma femme n’avait pas été là, je n’aurais pas tenu. »

A 46 ans, il ne manque pas d’idées et fourmille de projets comme celui de créer des pieds adaptables pour verre ou celui de créer un bureau de création. Il y a aussi en route le projet d’un livre sur le vin «surtout sur les verres et la dégustation. Le verre est primordial pour une bonne dégustation.» Avec un leitmotiv : « Défendre le made in France. A mon tout petit niveau, je contribue à l’art de vivre à la française ».

Claire Duhar

Diaporama

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