Sauternes-Perrier, le cocktail iconoclaste se défend

14 mars 2015
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Vendredi 13 mars 2015 - Têtes d'affiche
Par Alexandre Abellan

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Avant-première : Sauternes-Perrier, le cocktail iconoclaste se défend

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Avant-première : Sauternes-Perrier, le cocktail iconoclaste se défend

Moitié Sauternes, moitié Perrier, un zeste d'agrume et des glaçons : peu l'ont goûté et nombreux semblent déjà dégoutés par cette robe de cocktail iconoclaste. A écouter la sommelière Laura Vidal, c'est pourtant « un Spritz très chic et revisité sans trop d'amertume ». Certes il y a « dilution, mais qui renforce les arômes et conserve l'ADN du Sauternes. Ce n'est pas une blague, c'est bon ! » appuie Michel Garat, le directeur du château Bastor-Lamontagne*, à l'origine de ce Sauternes à l'eau pétillante. Preuve du sérieux de la démarche, la cuvée dédiée à ce cocktail est produite avec les châteaux Guiraud et Rayne Vigneau, sous la marque commune So Sauternes. Et cette cuvée « a du sens techniquement, c'est une gamme pour ne pas miser que sur les dernières tries. Ici on est au stade pourri plein, avec un style allégé sur la tension. Et on retrouve avec le cocktail l'effervescence qui plait au grand public lors des visites de nos chais » se défend Michel Garat, qui espère que ce partenariat inédit avec les eaux gazeuses Perrier (groupe Nestlé Waters) profitera à l'ensemble de l'appellation girondine.

Une opération séduction délicate et critiquée avant même sa présentation officielle (ce 19 mars à Paris). Le bloggueur Nicolas de Rouyn (Bettane et Desseauve) s'est étouffé d'avance à « l'idée monstrueuse de mettre du Perrier dans mon sauternes ». Disposé « à prendre des baffes », Michel Garat n'en soutient que plus mordicus que dans ce cocktail (et cette bouteille à vis) il s'agit bien de Sauternes : « on ne va pas à l'encontre du terroir, on offre de nouvelles possibilités de consommation. Si l'on ne veut pas disparaître, il faut donner d'autres facettes à interpréter ! » Car dans l'immédiat, le vin de Sauternes reste victime d'une inexorable force centrifuge, qui l'évacue à la fin du repas, quand ce n'est pas les réveillons de fin d'année. Il reste « souvent relégué au rang de vin de dessert » confirme Laura Vidal, qui estime que « sa flexibilité est sous-estimée, de l'amuse-bouche au dessert », la faute à « sa réputation de produit haut de gamme et assez élitiste » .

* : Aux côtés des châteaux Beauregard (Pomerol), Saint Robert (Graves) et Pavillon Bel-Air (Lalande de Pomerol), le château Bastor-Lamontagne a été vendu l'an dernier par le groupe Banque Populaire Caisse d'Epargne appartenait jusqu'en 2014 aux familles Moulin (groupe Galeries Lafayette) et Cathiard (château Smith Haut Lafitte, Caudalie...).

[Photo : Armelle Kergall (So Sauternes/Perrier)]

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