Pour endiguer eudémis, la confusion sexuelle à l'essai dans le vignoble de Monbazillac

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29 mars 2014
DESBUREAUX Robert
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Mercredi 26 mars 2014 - Développement durable
Par Alexandre Abellan

Pour endiguer eudémis, la confusion sexuelle à l'essai dans le vignoble de Monbazillac


« Che confusione, sarà perché ti amo // E un'emozione che cresce piano piano ! » : si les vers de la grappe sont mélomanes, nul doute que les couplets de Ricchi e Poveri devraient résonner cette année dans le vignoble de Monbazillac ! En effet, une douzaine d'adhérents de la Cave Coopérative de Monbazillac viennent de mettre en place un dispositif de confusion sexuelle, « pour saturer l'air de phéromones, et que les accouplements ne puissent pas avoir lieu » commenteFrançois Ballouhey. Conseiller viticole à la Chambre d'Agriculture de Dordogne, il estime que « la pression d'eudémis a toujours été plus importante à Monbazillac que dans le reste de Bergerac », mais qu'elle ne cesse de prendre en ampleur. « C'est une problématique qui se développe » confirme le viticulteur Guillaume Barrou (24 hectares), « et qui nous oblige depuis trois années consécutives à aller jusqu'à un quatrième traitement insecticide ». Membre du comité de pilotage AgriConfiance pour la coopérative, il posait des capsules reproduisant le parfum hormonal des papillons femelles ce 25 mars et espérait que cette lutte raisonnée pourrait être l'alternative « palliant à la globalité des traitements ».

Pour l'instant, le projet n'en est encore qu'à la phase de test, comme il s'agit du premier essai de confusion sexuelle de grande échelle dans le vignoble de Bergerac et que de nombreuses questions restent en suspens : faisabilité économique (coûts, temps de pose...), choix du diffuseur d'hormones (le Rak 2 de BASF est la capsule principalement testée, mais 12 hectares sont dévolues au Rak New et à l'Isonet de Terra Fructi)... Et surtout la question de son efficacité sur des vendanges tardives, la rémanence devant aller jusqu'en octobre, alors que « eudémis a le gîte et le couvert pour son troisième cycle, voire même une quatrième génération » note François Ballouhey. Sur les 750 hectares de la coopérative, 100 sont aujourd'hui mis à contribution, répartis en six îlots représentatif de la diversité de l'AOC. Avec l'appui technique de la CA24 et l'expertise de SA2R, cet essai sur deux ans repose sur un suivi des parcelles durant la saison, avec le relevé hebdomadaire de pièges (alimentaires et hormonaux) et l'observation des grappes (glomérules et perforations) pour étudier la pression de cette tordeuse de la grappe*.

La cave coopérative estime qu'à terme elle pourrait conduire 400 hectares en confusion sexuelle. Guillaume Barrou estime que « si l'efficacité de la méthode est prouvée, cela peut avoir un effet boule de neige avec le reste du vignoble », ce qui permettrait notamment de réduire l'Indice de Fréquence des Traitements de Monbazillac. « Il est plutôt faible pour les fongicides, mais élevé à cause des insecticides pour eudémis, et les trois traitements obligatoires contre la flavescence dorée » ajoute François Ballouhey. « Il y a des marges de manœuvre pour améliorer les pratiques, mais il faut en vérifier la pertinence économique ». Estimant que les quatre passages d'insecticides contre eudémis coûtent 70 euros/ha à ses adhérents, la cave coopérative propose pour la phase de test une aide de 100 euros/ha à ceux menant l'essai, afin de compenser le surcoût des diffuseurs.

* : aujourd'hui, aucune trace de cochylis n'a été répertoriée à Monbazillac.

[Photo : pose de Rak2 ce 25 mars dans l'ilôt de Saint-Laurent-des-Vignes]

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