Volumes Complémentaires Individuels : VCI

14 février 2014
DESBUREAUX Robert
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extrait vitisphere 14/02/2014 Vendredi 14 février 2014 - Têtes d'affiche Par Alexandre Abellan Volumes Complémentaires Individuels : "je comprends l'impatience, il n'y a que des avantages..." Siglée VCI, la mesure de mise en réserve de vins d'appellations au-delà des rendements fixés pourrait bien être l'acronyme de Vignerons Carrément Impatients. Alors que le VCI sur vin blanc sec est effectif depuis la vendange 2013 (après 7 millésimes d'expérimentation à Chablis), les demandes se font en effet de plus en plus pressantes pour les vins rouges, alors que l'expérimentation à Bordeaux* arrive à sa dernière année et que de nombreux vignobles (Bergerac notamment, mais aussi la vallée du Rhône...) ne veulent pas laisser passer l'opportunité de reformer leurs stocks si le millésime 2014 est généreux. Comme à Chablis pour les blancs secs, le VCI a démontré son utilité à Bordeaux pour les vins rouges, permettant d'atténuer (sans le combler) le manque de volumes lié à la petite récolte 2013. Responsable du service économique du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB), Jean-Philippe Code rapporte que « sur les 122 800 hectolitres de VCI constitués globalement, 100 400 hl relèvent de Bordeaux et Bordeaux Supérieur, 10 700 hl des Côtes [NDLR : de Blaye, Bourg, Cadillac, Castillon et Franc], 5 200 hl du groupe Médoc & Graves et 6 500 du Libournais ». En tant que viticulteur, Bernard Farges peut en témoigner à titre personnel, s'étant lui même constitué un VCI « en 2011 et 2012, les volumes ont été réinjectés en 2013 et sont très très utiles sur une récolte déficitaire ! ». Avec la casquette de président du CIVB, il juge que le système « n'a que des avantages. En 2013, plus de 50 millions d'euros seront dégagés grâce au VCI bordelais. Un chiffre d'affaires qui ne serait pas rentré sinon. Ce n'est pas rien pour la filière : ça représente de l'activité pour les domaines et tous nos fournisseurs. Sans oublier la TVA que cela génère ! » Complétant le bilan du VCI, il ajoute que ce système « ne coûte rien à personne, il assure une bonne qualité (on ne peut dépasser de plus de 5 hl/ha le rendement annuel fixé par l'Organisme de Défense et de Gestion)ODG , il peut sauver économiquement une exploitation et c'est un outil complémentaire à l'assurance récolte (permettant de compenser la franchise élevée) ». Cette réussite expérimentale se traduit par les retours et le soutien des vignerons girondins, mais aussi par l'impatience du reste du vignoble hexagonal. « Et je les comprends, nous avions la même il y a cinq ans, quand nous voulions faire accepter notre projet de VCI sur rouges » s'exclame Bernard Farges. « Même si cela ne me gênerait pas, il n'est pas envisageable d'annuler le décret d'expérimentation, à un an de son terme. » Promulgué en novembre 2010, le décret n°2010-1440 met un terme à l'expérimentation bordelaise au 31 juillet 2015. Le temps du bilan et des négociations via l'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO), la filière française ne peut espérer l'ouverture de VCI avant le millésime 2015. En tant que président de la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d'Origine Contrôlées (CNAOC), Bernard Farges ajoute que la mise en place de VCI « nécessite un contrôle très rigoureux de la part des ODG, qui doivent être capables de gérer ce système administratif et de l'explique aux vignerons ». * : Jean-Philippe Code précise que « les appellations de rouges de Bordeaux sont toutes concernées par le VCI, sauf Moulis, Saint-Estèphe, Margaux, Pauillac, Saint Julien, Pessac-Léognan, Saintt Emilion Grand Cru, Pomerol, Fronsac et Canon-Fronsac ». ---- Mercredi 12 février 2014 - AVIS D’EXPERT Par Stéphanie Prabonnaud et Erwan Guevel (Natoli & Coe) Commenter (0) Imprimer Envoyer Avis d'expert : 2013, un millésime qui restera dans les mémoires... Alors que le millésime 2013 pâtit d'une réputation déplorable dans le vignoble français, les consultants Stéphanie Prabonnaud et Erwan Guevel (Natoli & Coe) n'en démordent pas : "on peut être complètement rassuré sur la qualité des vins : 2013 est un BEAU millésime dans le sud de la France!" Disposés à "le répéter urbi et orbi !", ils peuvent également le démontrer "avec quelques mois de recul (et quelques assemblages au compteur !)" . Ce qu'ils font dans cette tribune initialement parue dans le journal Echo d'Oco. Retrouvez le cabinet de conseil oenologique Natoli&Coe sur la Sphère Conseil de Vitisphere A LA VIGNE TOUT D’ABORD... Les conditions météorologiques du printemps 2013 sont celles de tous les records : un mois de mars très arrosé (2 à 3 fois les normales de saison), le mois de mai le plus froid depuis 20 ans, un mois de juin tout aussi frais, des pluies régulières et excédentaires en juin et juillet... Les conséquences à la vigne ont été nombreuses : ap rès un démarrage plutôt régulier (mais tardif déjà), la croissance végétative a été très ralentie jusqu’à la mi-juin, avec des stades végétatifs qui se sont étirés en longueur (la pré-floraison a été interminable...), des assimilations minérales très ralenties (sols froids et humides), une pression phytosanitaire réelle (il a fallu contenir le mildiou, le botrytis, tôt en saison, a fait son apparition, et les vers de grappe pour le final...). Autre conséquence, mais pas la moindre, la coulure exceptionnelle qui a frappé les grenaches (et les merlots dans certaines zones tardives) ; sur le secteur des Côtes du Rhône, et les zones tardives du Languedoc (Faugères et St Chinian notamment), la coulure a parfois réduit la récolte à moins de 10 hL/ha, avec des maturités qui n’étaient pas exceptionnelles pour autant. Haut de page CÔTÉ CHIFFRES ENSUITE... Globalement, 2013 reste une petite récolte à l’échelle nationale (légèrement supérieure à 2012, historiquement basse), les mauvaises conditions météo n’ayant pas épargné les autres régions viticoles : La situation dans le grand sud est assez contrastée : dans le Languedoc la récolte est en hausse (13,5 MhL). On ne retrouve pas le niveau de 2011, mais la production est supérieure de 10% par rapport à la moyenne. Dans le sud-est la tendance est à la baisse : la prédominance du grenache noir dans les encépagements a eu de lourdes conséquences sur les volumes : pour les seules appellations Côtes du Rhône – Côtes du Rhône Village (qui représentent environ la moitié des volumes de la Vallée du Rhône ) 1,21 MhL ont été produits en 2013, contre 1,483 M hL en 2012. En Ardèche, la petite récolte est notamment due aux attaques de Botrytis. Plus au sud (Provence), les conditions sanitaires se sont avérées plus favorables, bien que les volumes aient été amputés par la coulure sur Grenache et de dégâts causés par la grêle. La production de la zone sud-est atteint donc 4,5 MhL avec une baisse de 8 % par rapport à 2012. En Corse, le retard s’est fait sentir également d’où des difficultés de maturation des cépages rouges selon les secteurs, mais on observe tout de même une hausse de 5% avec 321 000 hL... .. ET EN CAVE ENFIN Les conditions exceptionnelles du millésime ont maintenu toute la saison le retard phénologique initial, avec peu de rattrapage sur la fin du cycle : les dates de récolte ont été retardées en moyenne de 2 semaines (mais parfois davantage) par rapport à 2012, avec l’année la plus tardive donc depuis 20 ans. Dans le Languedoc, les conditions météo ont été plutôt clémentes en septembre (températures douces, peu de pluies jusqu’à la fin du mois). À condition de faire preuve de patience, et d’avoir maintenu à la vigne un bon état sanitaire (les gestes en vert et la qualité des tra itements ont été prédominants cette année), les maturités ont ensuite été facilement atteintes, elles sont même plus confortables sur les rouges ; les dates de récolte ont également été plus resserrées. Sur les secteurs tardifs des hauts coteaux ou du piémont cévenol, les maturités sont moins homogènes, les pluies de fin septembre ayant fragilisé les cépages de dernière époque (carignan et mourvèdre notamment) ? Les maîtres mots des blancs et des rosés sont l’écl at et la fraîcheur (arômes et acidité). Sur les rouges, on retrouve des niveaux de concentration plus confortables cette année, mais avec des vins qui se mettent rapidement en place (les vins dégustés sur les prem iers salons en témoignent). Dans la Vallée du Rhône, il fallait avoir des nerfs à toute épreuve cette année... Sur ces secteurs plus tardifs, et également plus régulièrement arrosés en septembre, le déclenchement de la date de récolte a été la préoccupation majeure en début de vendanges. Il aur a fallu trouver le compromis maturité – état sanitaire optimal, particulièrement sur syrah. Les vendanges ont ensuite été plutôt serrées, le retard subit par les cépages précoces étant moindre que les cépages tardifs (carignan, mourvèdre tout particulièrement). On peu t toutefois souligner aujourd’hui la très belle qualité des blancs et rosés (sur des profils étonnamment « tendres »). Des rouges certes moins opulents et moins confits (peu de grenache, syrah craintive) mais aromatiques et frais. Plus que les autres années, le travail de vinification aura été capital (durée de macération, gestion des extractions et des marcs).

Source(s) :

Diaporama

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Chers(es) collègues, élèves, apprentis, visiteurs de notre site, MEILLEURS VŒUX POUR CETTE NOUVELLE ANNEE 2019 !!!!, Bien évidement, souhaitons à chacunque la santé nous accompagne et ainsi nous donne les moyens de partager...

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