L’essentiel finit toujours autour d’une table

12 janvier 2013
DESBUREAUX Robert
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Info issue de LIBERATION  23 décembre 2012 à 19:06

....une belle réflexion  qui mérite d’être relayée...

Belle année 2013 à tous

R Desbureaux

L’essentiel finit toujours autour d’une table

Par DOMINIQUE WOLTON Directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS, directeur de la revue Hermès

Ça suffit ! Pourquoi dévaloriser sans cesse le secteur de la restauration, de l’hôtellerie, des cafés ? Pourtant ces lieux et les moments qui les accompagnent sont centraux dans nos vies. Tout commence ou finit dans un café, un hôtel, un restaurant, une discothèque. Nous y avons les plus beaux souvenirs, et souvent aussi les plus douloureux et les plus difficiles. Vivre, c’est vivre dans et avec ces lieux. Pour les rencontres comme pour les solitudes.

Que seraient nos villes et nos campagnes sans ces commerces avant tout humains ? Faudra-t-il les remplacer par le silence des bornes interactives pour réaliser l’importance essentielle qu’ils jouent dans la structuration des rapports humains et sociaux ? Chacun le sait par expérience, l’essentiel finit toujours autour d’une table. Dans tous ces lieux où l’on parle, mange, dort, danse, on ne voudrait donc plus pour demain que des automates comme seule communication ?

Il est temps de sortir cet immense secteur économique et culturel de sa demi-légitimité et arrêter de le voir comme un lobby. Quand le nucléaire, l’automobile, l’énergie pèsent de tout leur poids sur la décision politique tout le monde trouve cela normal et légitime. Quand le commerce, l’artisanat, l’hôtellerie, les restaurants revendiquent, on trouve cela tout de suite suspect. On leur demande de se justifier de leur corporatisme et de ne pas noircir le tableau. A l’égard de quel autre milieu professionnel et culturel y a-t-il une telle suspicion naturelle ? Tous ces métiers ne sont-ils pas d’abord des métiers de contact, de compétence et de relation ? Bref, de communication ? Dans quel autre secteur trouve-t-on des commerces ouverts tous les jours avec une telle amplitude horaire ? N’est-ce pas l’un des derniers secteurs économiques où les clients sont face à des individus et où le mot service a encore une dimension humaine ? Et le défi ne concerne pas seulement l’emploi et la compétence professionnelle, mais aussi la survie de métiers ancestraux dont l’existence se perd dans la nuit des temps. Il concerne tout simplement le cœur de la société. Car à force de supprimer le travail humain, il n’y a plus de service humain.

Or, l’intérêt majeur de ce secteur de l’hôtellerie, de la restauration, et du commerce en général, est qu’il repose d’abord sur des rapports humains. Non seulement les jeunes y côtoient les anciens, ce qui est aujourd’hui rare, mais ce sont aussi des professions où l’on peut faire carrière sans diplômes. Toutes les promotions et les cohabitations sociales et culturelles y sont possibles. Enfin, c’est un milieu qui, tout en s’adaptant aux mutations extrêmement rapides de nos sociétés, conserve une certaine culture, et un lien avec les traditions. C’est d’ailleurs pour la réalité de cette double dimension, de la tradition et de la modernité, que chacun fréquente ces lieux, intimement liés à nos vies quotidiennes, et au temps.

L’accueil n’est pas toujours au rendez-vous ? Vrai, mais la clientèle est-elle toujours aimable ? Preuve que le commerce est un parfait révélateur de la civilité d’un pays. En réalité, ce secteur économique et culturel est le plus grand réseau social existant. Pas besoin d’aller zapper sur les réseaux techniques, pour trouver des contacts. Il suffit de s’asseoir dans un café. Là, tout le monde cohabite dans les regards et parfois avec les mots. D’ailleurs, que font les internautes pour sortir des réseaux techniques et retrouver la réalité humaine ? Ils se retrouvent dans ces lieux de la vraie vie, là où tout se ralentit au rythme des rencontres. Là où la chaleur et la difficulté de la communication humaine relativisent la performance des univers techniques.

Alors oui à plus de légitimité et de respect pour ce secteur dont l’importance va bien au-delà de l’économie. Oui à l’arrêt de cette dévalorisation qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Comme si l’homme en s’affranchissant de la nature et de l’industrie, tout en vantant le secteur des services, ne pouvait pas le respecter dans sa dimension humaine... Et tout cela dans un pays, la France, un des premiers du tourisme mondial, où toute la culture est tournée vers la table, les vins, la cuisine, l’accueil. C’est-à-dire tout ce qui est au cœur de ce secteur dévalorisé du tourisme, du commerce, de l’hôtellerie.

Source(s) :

Diaporama

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