EXTRAIT DE LA REVUE DE PRESSE VITISPHERE

06 novembre 2011
DESBUREAUX Robert
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Pour plus d'infos  http://www.vitisphere.com/elettre/elettre489.htm

RÉCOLTE


« Oubliés les problèmes de sécheresse qui avaient plombé les trois dernières campagnes. Après avoir abandonné son rang à l’Italie en 2010, avec 50 millions d’hectolitres vendangés, la France redevient cette année le premier producteur de vin en Europe, une hausse qui n’a pas de conséquence sur la qualité ». Voilà sur BFMTV , les premiers auspices sous lequel se présente ce millésimeLyonsaveurs propose un dossier complet, avec tableaux et graphiques, et un tour de France des différences. Vitisphere livre quelques chiffres : «  L'Alsace a augmenté sa production de 35 %. On note également une forte variation dans le Jura (32 %), en Champagne (21 %) et en Languedoc-Roussillon (21 %). Face aux augmentations, les prévisions affichent aussi des baisses en Val de Loire (- 4 %) et en Corse (- 2 %). Le vignoble du Bordelais ne comptabiliserait qu'une augmentation de 2 % et la Bourgogne couplée au Beaujolais 10 %, rejoignant ainsi la moyenne nationale ». Cyberpress qui reprend en intégralité la dépêche de l’AFP soulève un lièvre : « En Languedoc-Roussillon, malgré une diminution des surfaces en production estimée à 3% sur un an, la récolte devrait être bien supérieure à celle de 2010 et atteindre 14,5 millions d'hl (+21%) ». Déjà les commerçants affûtent les armes. Bordeaux revendiquera en 2012 du Claret, rapporte Decanter. Un peu piqués les Anglais rappellent : « Bien que tombé en désuétude, le mot claret, de clairet ou clair, a été pendant des siècles utilisé par les Britanniques pour désigner les vins de Bordeaux rouges ». Et une fois n’est pas coutume, c’est en Champagne que des « raisins de la colère » sont vendangés. « Coup de force de vignerons champenois à Chouilly (51) : ils ont entrepris d'arracher des vignes à coup de pelleteuse pour protester contre la non-reconduction du bail d'une parcelle qu'ils exploitaient jusque là ». On lit un peu plus loin qu’à l’occasion du renouvellement du bail, le propriétaire, l’hôpital d’Epernay a choisi « la maison de champagne Moët-et-Chandon, ce qui laisse un goût amer aux vignerons qui l'exploitaient jusque là ». Le reportage de France 3 montre un directeur de l’hôpital convaincu « d’agir dans l’intérêt général », la grande maison garantissant des rendements plus élevés.

MUSIQUE


C’est la grande découverte de la semaine. Comme les couleurs,  la musique influence notre perception du vin. Il s’agit d’une étude publiée dans The british psychological society, conduite par un certain professeur Adrian North auprès de 250 étudiants avec des vins rouges et blancs en y associant des morceaux de musique. L’étude a été reprise par le Daily Telegraph, puis par Slate.fr qui en donne une version traduite en français. Résultat ? « les morceaux de musique influent de manière importante sur le goût des vins testés par les groupes. Ceux à qui on a passé le morceau de Carmina Burana* trouvent que les deux vins sont d’abord «lourds et puissants», alors que ceux qui ont écouté Michael Brook* pensent que les deux vins sont plutôt «suaves et doux». Selon l’étude, «les résultats indiquent que la fonction symbolique d’une stimulation auditive (dans ce cas la musique) peut influencer la perception d’autres modalités (dans ce cas le goût). [...] Plus simplement, les participants semblent goûter le vin d’une manière cohérente avec les connotations musicales». Le Time pose la question à laquelle le chercheur n’apporte pas de réponse : « Et si la musique est horrible ? » Le journaliste a la sienne : « Après quelques verres vous n’entendrez plus la musique, mais il faut boire énormément de vin». Dans Le Point, Victoria Gairin la renverse : « Une impro de Keith Jarrett transformerait donc la pire des piquettes en grand cru ? Heureusement, l'étude ne tombe pas dans ce type de caricature. Réalisée par le professeur Adrian North de l'université de Heriot-Watt à Édimbourg sur plus de 250 personnes, l'expérience montre à quel point les caractéristiques - rythme, volume, mélodie, genre musical - d'un morceau influent sur notre palais ». On notera qu’au restaurant, dans les bars à vins, il est rare d’échapper à la musique d’ambiance. Ce n’est pas nouveau. A la table des rois, les troubadours venaient chanter, et à l’inverse, dans Astérix, le barde Assurancetourix est à chaque banquet muselé.

GRAND HOMME


Anthony Rawley est mort. Il avait 59 ans, était historien, auteur et éditeur de gastronomie et de vin. François Régis Baudry, critique gastronomique de L’Express lui rend hommage dans son blog : « C’était l’un de nos plus grands historiens de la gastronomie et du vin. Il était éditeur chez Fayard et faisait saliver les étudiants de Sciences Po où il était maître de conférence. (...) J’avais été subjugué par sa taille de géant (plus de 2 mètres) et son érudition dès notre première rencontre, en 1998 (...) Il a signé quelques livres importants, comme cette Histoire mondiale de la table en 2006 (Odile-Jacob). Mais s’il y a un ouvrage dont je recommande la lecture à tous les gastromaniaques comme moi, ce serait : Les Français à table paru en 1997 chez Hachette. Un fabuleux atlas historique de la gastronomie française, richement illustré d’archives mais aussi d’infographies très pédagogiques. Je l’ai bu comme du petit lait ». De lui, Vincent Noce, dit dans Libération : « Il ne dégustait que des grands crus, et n’aurait pas touché un repas mal conçu ». Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express apporte sa touche au portrait : « La première fois que j'ai rencontré l'auteur Anthony Rowley, ce fut une grande souffrance. L'homme me demeurait inconnu, mais je découvrais l'essayiste, le penseur, à travers son Histoire générale du XXe siècle, cosignée par Bernard Droz. J'étais en khâgne, et la lecture du "Droz & Rowley" était un passage obligé autant qu'un Himalaya de travail. En effet, pour des potaches habitués à avaler des "digest" et autres ouvrages faciles à recracher dans les dissertations, cet essai dense et pétri d'intelligence exigeait une musculation neuronale inédite. Impossible de le simplifier, de le résumer, de le raccourcir, il fallait l'appréhender comme un monde à part, un système global, une autre façon de penser l'histoire contemporaine. Le "Droz&Rowley", c'était une géométrie non euclidienne du XXe siècle ». Je prends cette disparition comme une rencontre et une invitation à la lecture.

Source(s) :

Diaporama

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