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30 juin 2018
WOERLE Antoine
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Vignoble du cognac : le rendement maximal autorisé en 2018 sera fixé en deux temps

Publié le 28/06/2018 à 22h30. Mis à jour à 22h33 par Olivier Sarazinhttps://www.sudouest.fr/2018/06/28/vignoble-du-cognac-le-rendement-maximal-autorise-en-2018-sera-fixe-en-deux-temps-5187323-882.php

Il s’élève à 12,5 hectolitres d’alcool pur par hectare. Il pourrait être revu "à la hausse ou à la baisse", fin août, avant les vendanges.

La filière cognac a fixé son objectif de production viticole 2018 à 914 738 hectolitres d’alcool pur. Elle a considéré qu’un rendement maximal autorisé de 12,5 hectolitres d’alcool pur par hectare permettrait d’atteindre un tel volume, a-t-on appris, ce jeudi soir, auprès du syndicat viticole UGVC, qui tenait assemblée générale à Châteaubernard (Charente), près de Cognac. Mais ce rendement est "évolutif".

Il pourrait être revu "à la hausse ou à la baisse" à la fin du mois d’août, lorsque les prévisions de récolte seront fiables. C’est la première fois depuis l’instauration d’un nouveau cadre réglementaire en 2008, que le rendement cognac sera fixé en deux temps.

Les discussions furent difficiles

Les outils de calcul dont dispose la filière faisaient état d’un rendement souhaité de 14,64 hl AP/ha pour satisfaire les marchés du cognac en plein essor. Du jamais vu dans la région ! Depuis maintenant un bon mois, les discussions entre les négociants et les viticulteurs ont été difficiles. Les premiers ont soif de matière première ; les seconds sont très attachés à une "juste production", ni trop haute ni trop basse. Ces négociations ont enfin abouti.

"Nous avons rappelé à chaque maison de négoce que la viticulture est codétentrice de l’appellation cognac et que la prise de risque repose aussi sur nos épaules. Nous avons défendu un partage équilibré de la valeur ajoutée", a déclaré Christophe Véral, le président de l’UGVC, après l’assemblée générale.

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Saumur Un tournage au château sur le vignoble de la vallée de la Loire 

Tiga, qui présente l'émission

Tiga, qui présente l'émission "Une minute, un vignoble", et Pierre-Jean Sauvion, vigneron et négociant

Melanie Marois

France télévision a tourné ce jeudi 28 juin à Saumur pour l'émission "Une minute, un vignoble", qui sera diffusée à la rentrée. 

La fédération viticole a choisi Saumur pour parler du vignoble de la vallée de la Loire, car on y trouve les vignes, le château et la Loire dans un même lieu. La deuxième saison de ce programme court sera diffusé de septembre à décembre sur France 5.

Une quinzaine de vignobles seront présentés. 

http://www.courrierdelouest.fr/actualite/saumur-un-tournage-au-chateau-sur-le-vignoble-de-la-vallee-de-la-loire-28-06-2018-364520

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Une activité en légère hausse pour la tonnellerie française en 2017

Publié le 28/06/2018 - 17:22

par Viti Veille.    https://www.mon-viti.com/filinfo/oenologie/une-activite-en-legere-hausse-pour-la-tonnellerie-francaise-en-2017

Les 52 entreprises adhérentes à la Fédération des Tonneliers de France affichent une légère hausse des unités vendues comme du chiffre d'affaires sur l’année 2017. Les entreprises adhérentes ont produit 615 385 unités (+2,2%) pour un chiffre d’affaires de 429 millions d’euros (+4,6%), et voient ainsi la progression engagée en 2015 se poursuivre à un rythme modéré.

L'export (près de 68% des volumes produits en hausse de 6,4 %, et plus de 70% du chiffre d’affaires avec +7,1% en valeur) tempère des résultats en baisse sur le marché français (-4,1% en volumes et -2,2% en chiffre d’affaires) où l'impact de mauvaises conditions climatiques a commencé de se faire sentir, explique Jean-Luc Sylvain, président de la Fédération :

 Le gel qui a frappé la majorité des vignobles français au printemps 2017 a d’ores et déjà impacté le marché domestique du tonneau, mais c’est sur les résultats de 2018 que les répercussions se feront le plus cruellement sentir.

La tonnellerie française demeure leader mondial, termine le communiqué.

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Littérature et terroir Livre sur le vin : le meilleur cru vient de Montbéliard

Les éditions Tonnerre de l’Est, nées et basées à Montbéliard, viennent d’être distinguées en Chine : un de leurs derniers livres, de l’écrivain vigneron Christophe Beau, a tout simplement gagné le titre de meilleur livre au monde sur le sujet.

  • Mis à jour le 28/06/2018 à 11:23
Thierry Weber présente les deux derniers livres publiés, dont le fameux ABCDaire primé.  Archives S.D.Photo HD Thierry Weber présente les deux derniers livres publiés, dont le fameux ABCDaire primé.  Archives S.D.

Dans la Cité des Princes, on n’a pas de vignes (enfin, si peu…) mais on a des idées ! La preuve : une maison d’éditions locale vient de décrocher le titre de Meilleur livre du monde sur le vin aux Gourmand Awards 2 018. Publié donc chez Tonnerre de l’Est, dans la série « Grappillages », cet ouvrage, un magnifique abécédaire, est né, en 2017, sous la plume de Christophe Beau.

Âgé de 60 ans, ce vigneron en Languedoc depuis les années 1980 explore les agricultures paysannes. Il séjourne désormais périodiquement près de Valparaiso au Chili où il fait, toujours, du vin. Le professionnel est également écrivain -avec une très jolie prose- : ce livre, son troisième, illustré par une artiste et illustratrice chilienne Sinthia Gonzales, est une ode autant à la liberté qu’au travail de la vigne et aux bons vins.

Le prix, prestigieux, présidé par Edouard Cointreau, a été remis à Christophe Beau le 26 mai dernier à Yantaï, en Chine. C’est une véritable reconnaissance pour l’auteur mais aussi pour la maison d’éditions, dont le siège social est à Montbéliard. Fondée en 2011 par un groupe de passionnés, dont Thierry Weber, professeur de philosophie dans le civil, « Tonnerre de l’Est » ne cesse de croître et de se diversifier.

Quand l’abécédaire fait coucou

La première collection de ces éditions, qui mêle littérature, érudition, illustrations et photos, concerne les grands domaines. Quatre ont déjà été publiés dans ce secteur : « Pierre Frick, la composition du monde », « Le domaine Zind-Humbrecht », « Domaine Leroy, Domaine d’Auvenay » et, en 2017, « Hermitage Chave Héritage ». Un cinquième devrait sortir à l’automne, écrit par une journaliste anglaise et consacré au vigneron jurassien Pierre Overnoy. À noter que ces ouvrages, édités à mille exemplaires chacun, sont imprimés par EstImprim à Montbéliard. Et non en Chine, comme beaucoup d’autres livres…

La seconde collection se nomme « Ramifications » : il s’agit de livres bilingues écrits par les vignerons eux-mêmes. La troisième, dans laquelle est paru « Le vin mauvais », une amusante et étayée réponse à une polémique lancée par Michel Onfray, s’intitule « Grappillages ». C’est donc là aussi qu’a paru l’abécédaire distingué. Ce dernier sera à découvrir ou redécouvrir localement : Thierry Weber le présentera au fil d’un apéritif littéraire au « Coucou qui lit » à Valentigncey samedi 7 juillet à 11 heures. À votre santé !

https://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2018/06/28/vin-le-meilleur-cru-vient-de-montbeliard

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 Comment nos vignes ont été colonisées par des racines américaines

Depuis plus d'un siècle, nos vieux cépages ont des racines venues

d'outre-Atlantique. Le responsable ? Le phylloxera, qui a bouleversé le vignoble européen.

Par Jacques Dupont

Publié le 28/06/2018 à 16:14 | Le Point.fr 

http://www.lepoint.fr/vin/comment-nos-vignes-ont-ete-colonisees-par-des-racines-americaines-28-06-2018-2231430_581.php

Depuis plus d’un siècle, nos vieux cépages français possèdent des racines venues d’outre-Atlantique.

Depuis plus d’un siècle, nos vieux cépages français possèdent des racines venues d’outre-Atlantique.

© DR

Vitis vinifera, c'est notre vigne à nous (enfin, elle serait originaire du Haut-Nil pour une part et d'Asie pour l'autre), à l'état brut, sauvage. Domestiquée, sélectionnée, elle est devenue pinot en Bourgogne, cabernet en Aquitaine ou riesling en Alsace… Son nom, vitis vinifera, Linné le lui a donné. Le grand botaniste et naturaliste du XVIIIe siècle distinguait ainsi cette vitis, capable de donner du vin des autres vitis justes bonnes à faire des plantes d'ornement (vignes vierges, etc.) ou, mieux, des raisins de table. Elle a résisté à tout, même aux périodes glaciaires ! Et l'on sait grâce aux fouilles que les hommes du Néolithique en consommaient les fruits. Elle a cependant bien failli disparaître au XIXe siècle par la faute indirecte de l'Oncle Sam et fut aussi sauvée grâce à lui...

Tout le monde a entendu parler du phylloxera, insecte ravageur, l'Attila de la vigne, mais peu savent que depuis nos si anciennes vignes poussent avec des racines américaines.

  1. Le vin est partout. C'est l'âge d'or pour ceux qui ont misé sur la quantité plus que sur la qualité. Le développement des moyens de communication, l'industrialisation, l'urbanisation créent des conditions idéales pour les marchands. Produire toujours plus semble la règle, notamment dans le Midi. Alors, on expérimente. Des pépiniéristes tentent d'implanter des ceps américains, réputés productifs et résistants aux maladies. Ce faisant, ils facilitent le débarquement sur le Vieux Continent d'un puceron ailé ravageur, une sorte d'alien qui mue quatre fois avant d'être adulte, passe des feuilles aux racines, où, là encore, il mue de nouveau quatre fois, prolifère par air et sous terre. D'où la difficulté pour les scientifiques d'alors de comprendre le phénomène et de lutter contre. « Les individus qui se multiplient très vite ont deux caractéristiques principales : s'attaquer aux racines et se disperser en fonction de la puissance et de la direction des vents dominants », écrit Marcel Lachiver (1). Bref, le phylloxera est un ennemi redoutable, le pire que la vigne ait jamais rencontré. En piquant les racines, il provoque des excroissances qui bloquent la circulation de la sève. La plante s'asphyxie et meurt.

Ennemi public n° 1

« Il est repéré, la première fois, en 1863 à Pujaut, dans le Gard rhodanien. Particulièrement friande des racines de ceps français appauvris par une alimentation insuffisante et une culture intensive de la vigne, la « bête » se déplace d'est en ouest, au gré et à la vitesse de ses caprices. Là où elle s'abat se déploie un épais linceul de désolation ; là où elle reste inconnue règnent l'abondance et la richesse. La société départementale d'agriculture, de commerce et d'industrie du Var appelle aux armes : « Debout ! Que chacun s'arme ! Catilina n'est plus seulement aux portes de Rome ; il les a toutes forcées et il menace d'être bientôt le maître absolu de la cité entière », rapporte Geneviève Gavignaud-Fontaine (2). Des processions sont organisées. Des mages, des escrocs, des illuminés proposent toutes sortes de remèdes miracles à une société paysanne asphyxiée. L'État offre 300 000 francs, une fortune, à qui trouvera la parade. On fait sonner le tambour dans les vignes pour effrayer l'insecte… Rien n'y fait, en vingt ans, une grande partie du vignoble français est détruite. Les autres pays producteurs en Europe vont suivre. Dans le Languedoc, qui s'était fortement enrichi avec les vins de table, c'est la débâcle. En 1873, cela réjouit le nouveau président de la République Mac Mahon, que les libres-penseurs du Midi agacent : « Les populations du Midi, qui n'ont point de discipline et qui ont fait fortune trop rapidement, sont insupportables. Mais tout  cela change et le phylloxera qui les ruine va les mettre à la raison. » (3) Le département de l'Hérault, qui comptait 220 000 hectares de vignes en 1872, est réduit à 90 000 en 1881. Pourtant, à cette date, on a trouvé la solution pour vaincre le mal.

Tout part de l'observation. Depuis le débarquement des premiers colons en Amérique du Nord au XVIIe siècle, on avait remarqué que les plants de vigne emportés dans leurs bagages ne prenaient pas sur ces nouvelles terres. Au fur et à mesure qu'on les plantait, les ceps dépérissaient et séchaient. Alors que les vignes autochtones résistaient, mais ne produisaient pas de raisin susceptible de donner des vins de qualité. Marcel Lachiver écrit : « Au XIXe siècle encore, les États-Unis  étaient un pays sans vin… » Sur le Vieux Continent, constat identique : les vieux pieds français crèvent les uns après les autres tandis que les ceps importés d'Amérique se portent comme un charme.

Mariage franco-américain

Le phylloxera existe depuis toujours là-bas et la vigne s'est adaptée. Elle développe des cellules ligneuses qui protègent les racines nouvelles des piqûres de l'insecte. D'où une première idée : il faut créer une nouvelle vigne forte comme l'américaine, racée comme la française. On va donc tenter d'hybrider des ceps américains avec des français. Cela donnera une belle collection de noms poétiques et de numéros : l'oberlin 595, le gaillard 157, le castel 1832 ou le seibel 128. On aura aussi le rayon d'or et le fameux noah, un mélange de plusieurs américains, et dont le directeur des services agricoles d'Indre-et-Loire en 1920 écrit dans La Dépêche de Tours : « Le plant résiste au phylloxera et aux maladies cryptogamiques. Il est vigoureux, très productif, et donne un vin riche en alcool. On lui reproche un goût foxé. » Foxé de fox, le renard en anglais. Certains trouvent en effet que le noah sent l'urine de renard. Pour qui en a goûté, c'est un peu exagéré. On l'interdira plus tard parce qu'on le suspecte de posséder un fort taux de méthanol qui rend les consommateurs zinzins… En Bourgogne, où un temps il est fort répandu, on dit plus simplement qu'« il rend la tête folle ! » En règle générale, ces hybrides ne donnèrent jamais de vins fins. N'empêche, les hybrides, par-delà les années 1920, perdureront dans les productions de vins de table et dans les petites vignes familiales jusqu'à nos jours. (Le baco utilisé pour l'armagnac est un hybride).

Le professeur Émile Planchon à Montpellier, qui a procédé aux premières observations et identifié « la bête », a trouvé la solution dès 1873 : greffer sur des racines américaines (ou des hybrides franco-américains) des plants français. Ainsi, on dispose d'un « porte-greffe » résistant, mais doté de la qualité des cépages traditionnels. Cela paraît simple et ne l'est pas du tout.

Injections

Déjà, il faut vaincre les réticences des producteurs. Comment pouvaient-ils admettre que celui (le plant américain) par qui tout le mal était arrivé est également le sauveur ? Les Bourguignons s'opposent fortement et dénoncent les « américanistes ». L'autorisation de planter sur porte-greffe en Côte-d'Or provoque « de vigoureuses protestations des producteurs de vins fins qui préféraient lutter contre le phylloxera à l'aide du coûteux sulfure de carbone permettant de sauvegarder la  vigne française en plant direct », écrit Rolande Gadille (4). Le sulfure de carbone injecté à l'aide de « pal », sorte de clystère ou de seringue géante dans la terre, asphyxie l'insecte pour un temps. Mais quel boulot et quel investissement ! Seuls les grands crus peuvent se le permettre. Ainsi, la romané-conti ne sera arrachée et replantée qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. C'est d'ailleurs pour cela qu'il n'existe pas de romané-conti du millésime mythique 1947…

Pour les autres, une fois vaincues les résistances, il fallait aussi que ces nouvelles racines s'adaptent au sol et aux particularités de chaque cépage : « Le principal écueil fut celui de la forte teneur en calcaire caractérisant bon nombre de sols de la Côte et des Hautes Côtes », note encore Rolande Gaudille. Les ceps américains, notamment les riparia qui semblaient convenir au pinot, croissaient originellement dans des sols d'alluvions ou sableux. Plantés en calcaire bourguignon  ou champenois, ils faisaient grise mine. Certaines racines enfin étaient trop vigoureuses et la plante avait tendance à se croire tropicale…

Faites entrer l'accusé

Pendant des années encore, les chercheurs ont multiplié les croisements, greffé, puis planté, puis encore attendu 5 ou 10 ans pour noter les évolutions de la vigne, de ses fruits, et recommencer de nouveau… De leur côté, après des années de récolte misérable ou nulle, les vignerons ont cherché à sélectionner des greffons, parmi les ceps les plus productifs. Les responsables de l'époque les y encourageaient : « Il faut d'abord marquer à la vendange, plusieurs années de suite, les ceps les plus fructifères, c'est-à-dire ceux qui produisent régulièrement les plus beaux raisins », recommande Gabriel Buchet, ingénieur agricole dans un guide du vigneron diffusé dans la Loire. À des populations variées de ceps, on tente donc de substituer des sélections plus productives qui ont comme conséquence de faire grimper les rendements. Évidemment, cela joue sur la qualité des vins, et ce sont les racines, les porte-greffes, qui sont accusées. On leur reproche de trahir les vieux cépages. Ainsi, témoigne, en 1908, le docteur Chanut, propriétaire à Vosne-Romanée : « Les vins des vignes greffées sont bons à boire au bout de 15 mois de bouteille, ont acquis leur qualité maxima à 25 ou 30 mois et déclinent ensuite très rapidement. Au contraire, les vins de vignes franches de pied n'étaient autrefois bons à boire qu'après environ 15 ans de bouteille, ils n'avaient acquis toutes leurs qualités qu'à 25 ans et se conservaient ensuite pendant longtemps. »

En 1908, il est vrai que la Bourgogne commence seulement son apprentissage du porte-greffe. Dans les revues de viticulture de l'époque, plusieurs vignerons racontent que leurs vignes greffées « s'affolent » développent des tiges énormes qui nécessitent des tailles très longues pour obtenir du fruit. « D'où surproduction et mauvaise qualité », écrit Rolande Gadille. Près d'un siècle après le déclenchement de la crise phylloxérique, en 1967, cette universitaire, qui a produit sur la Bourgogne la thèse qui fait encore actuellement référence, constate : « Il est donc malaisé de conclure fermement à un maintien ou à une régression de la qualité. Mais il est impossible de ne pas admettre, à tout le moins, un certain bouleversement dans les conditions de nutrition minérale, d'assimilation et de maturation, et ces modifications ne peuvent avoir été sans effet sur l'élaboration terminale des vins. Si la qualité n'en fut point intrinsèquement diminuée, elle fut certainement infléchie par le dosage différent des éléments constituants. »

Le cas du merlot

Depuis, après de nombreux essais, quelques succès et tant de ratés, les porte-greffes ont gagné en qualité. Mais, récemment encore, on a commis des erreurs techniques manifestes. Après le terrible gel de 1956, quand on a reconstitué le vignoble, les scientifiques, pressés, il est vrai, par les producteurs, ont recommandé un tout nouveau porte-greffe, le SO4. C'était une aubaine, car il ne transmettait aucun virus. Malheureusement, il n'était pas adapté à certains sols argileux ou limoneux, et produisait des vins plats au goût végétal, notamment quand on lui greffait du cabernet. Les Bordelais finissent seulement de s'en débarrasser, car quand une vigne est plantée, elle l'est pour de nombreuses années.

Malgré tout, le bilan pour les spécialistes est plutôt en faveur des porte-greffes, comme l'explique le professeur Alain Carbonneau, professeur à l'École nationale supérieure d'agronomie de Montpellier, un des grands spécialistes du comportement de la vigne : « Le fait d'être obligé de greffer sur des hybrides vignes américaines et françaises ou entre américaines pour obtenir une résistance au phylloxera a eu des conséquences. Deux exemples : la greffe elle-même crée un bourrelet, des soudures vasculaires qui provoquent un freinage de sève, et maintient plus de sucre dans les baies. Le sucre s'élabore au niveau du feuillage, puis ce flux se disperse en direction des autres feuilles, des raisins et des racines. Le bourrelet ralentit ce flux vers les racines qui reçoivent moins de sucre et cela profite aux raisins. Cela a eu, par exemple, une conséquence directe sur le cépage merlot. Le merlot était peu répandu dans le bordelais, car son taux de fécondation était faible. Depuis le greffage, il s'est beaucoup répandu. Bénéficiant de davantage de sève, il féconde mieux et produit plus de raisins. »

Une vigne « pré-phylloxérique »

Ce qui explique peut-être que pomerol, grand utilisateur de merlot, soit devenu un vignoble célèbre seulement après le phylloxera. « En revanche, la folle blanche disparaît peu à peu, ce cépage très répandu autrefois depuis le pays nantais (gros plant) jusque dans le Sud-Ouest, était recherché par les producteurs de cognac qui disaient qu'il produisait le meilleur vin pour distiller. Une fois greffée, la folle blanche a donné des raisins plus gros par excès d'alimentation. Le raisin est devenu plus fragile et la pourriture s'est facilement développée. Cela montre qu'il y a eu des perturbations. Mais je pense malgré tout que, s'il n'y avait pas eu le phylloxera, on aurait eu tout de même intérêt à greffer. » Selon lui, en effet, cette recherche involontaire et durable a permis de mieux connaître les sols, les cépages, et de faire en sorte que ceux-ci s'y adaptent dans de meilleures conditions.

Le pinot noir, par exemple, a un système racinaire peu développé. Le porte-greffe lui permet de s'enraciner. En 2003, l'année de la canicule, sans porte-greffe, le pinot aurait davantage souffert de la sécheresse et un grand nombre de pieds seraient morts. « Nous disposons d'une gamme d'une bonne quinzaine de porte-greffes qui permettent une maîtrise certaine vis-à-vis des sols, une bonne adaptation. » Alors que la vigne franc de pied, c'est-à-dire sans porte-greffe, doit se débrouiller seule. « Le porte-greffe donne une souplesse qui permet de s'affranchir de certaines faiblesses du cépage. »

Un peu partout, dans chaque vignoble, des vignes ont résisté au phylloxera pour des raisons inexpliquées. Encore aujourd'hui, à Trotte Vieille, premier grand cru classé de saint-émilion, il existe une vigne très ancienne, « pré-phylloxérique », franc de pied donc, et donnant du raisin. Son propriétaire, Philippe Castéja, a décidé depuis trois ans de la vinifier à part pour comparer les vins. Incontestablement, c'est différent du reste de la propriété, plus de minéralité, une profondeur… Mais est-ce dû au caractère franc de pied ou à l'âge de la vigne ? Peu importe, l'essentiel, quand on y goûte, réside dans l'émotion.

Exode

D'autres vignerons ont tenté l'impossible : planter de la vigne directement, sans porte-greffe. Bernard Baudry à Chinon s'est retrouvé dans la situation qu'avaient connue ses ancêtres : le phylloxera a détruit la parcelle. Il a dû arracher. En revanche, l'aventure continue pour Henry Marionnet qui a planté franc de pied des gamays. Les sols sableux de Soings-en-Sologne, où son domaine est implanté, semblent déplaire au parasite. Les vins qui en résultent nous paraissent différents de ses autres gamays : plus épicés, ils passeraient facilement pour des vins issus de syrah. Cette différence de saveurs ne se retrouve pas dans les essais réalisés par les chercheurs : « On a mené des comparaisons vignes greffées et vignes non greffées. On a eu des différences de date de maturité, mais, en dégustation, on ne peut pas en tirer des effets directs », commente Alain Carbonneau, qui avoue une certaine empathie pour les « nostalgiques » du franc de pied. « C'est sympathique et intéressant de voir des vignerons qui font cela. La vigne et le vin sont des éléments de notre culture et il est bon que certains cherchent à comprendre ce qui était autrefois. Mais je n'ai aucune information scientifique qui permette d'étayer la thèse d'un changement de goût. »

Le phylloxera et la lutte acharnée menée par la production pour s'en débarrasser ont cependant laissé des traces. Déjà, un certain nombre de petits vignerons ont dû abandonner et prendre le chemin de l'exode. Certains Languedociens sont allés en Algérie ; d'autres ont rejoint les villes et changé de vie. De grands domaines se sont créés qui ont accentué encore le virage du Midi vers les vins de consommation courante. La mécanisation a fait un grand pas. Nouvelles charrues pour défoncer, arracher ; nouveaux modes de traitement avec des pulvérisateurs tractés par des chevaux ; apparition enfin des engrais organiques en grande quantité. Pour lutter contre le phylloxera, il fallait des vignes vigoureuses et la potasse fut utilisée à grande échelle. Tout cela, peut-être davantage que le filtre du porte-greffe, eut des conséquences certaines sur les quantités de récolte et sur la qualité. De même que les sélections de greffons sur les ceps les plus vigoureux.

Cohabitation

À partir des années 1980, le monde viticole a commencé à penser différemment. Dans les vignes, on a taillé autrement. La nouvelle génération de vignerons, formée dans les écoles d'agriculture, sensibilisée aux problèmes de marché, de qualité, a cherché à produire moins et mieux. On a fait tomber du raisin vert dans les vignes dans le but de réduire et de concentrer.

Quant au phylloxera, il est toujours bien vivant. On cohabite : « Je ne connais aucune recherche qui irait dans le sens d'anéantir le phylloxera. Il est là, à mon avis, pour toujours. » Le retour aux vieilles vignes françaises plantées directement sans porte-greffe n'est donc pas pour demain. « On trouvera sans doute des choses nouvelles, on ne sait pas avec la génétique… Les premiers hybrideurs de vignes avaient la prétention de lutter contre toutes les maladies et ils n'ont jamais réussi à produire un vin acceptable en qualité ! »

Les hybrideurs d'aujourd'hui ont des ambitions modestes. À Montpellier, on travaille sur les futurs d'entrée de gamme : « Des ceps qui produiraient des raisins fruités, mais avec de faibles degrés ! »

L’ail contre le phylloxera !

« On ne s'est pas contenté de recommander des formules spéciales d'engrais, des mélanges insecticides, des cultures intercalaires destinées à détourner le phylloxera, des moyens mécaniques comme l'électrisation, le tassement, le dallage et la percussion du sol, les inoculations de liquide divers dans la sève ; on a préconisé les produits pharmaceutiques les plus divers, l'application de la cire à cacheter sur les plaies de la taille ; on a conseillé le vinaigre, l'ail pilé, le vin blanc, le bouillon d'écrevisses, l'onguent gris, les tisanes émollientes, jusqu'au crapaud vivant enterré sous la souche pour attirer à lui le venin de la vigne (…) L'emploi de l'urine de vache, du sulfure de potassium, de l'acide phénique et de diverses autres substances semble, dans quelques cas, avoir relé passagèrement des vignes malades ou retardé leur disparition ; on n'en a obtenu, en définitive, que des résultats insignifiants. »

« La Vigne et le Vin depuis 1600 » F. Convert Revue de Viticulture 1901

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Limoux, là où les bulles coulent de source

Face au champagne, blanquettes et crémants audois résistent, en particulier grâce au dynamisme de la cave Sieur d’Arques, qui promeut aussi des vins tranquilles.                   

Le Monde |  28.06.2018 à 18h15 | Par  Rémi Barroux

A Limoux, au cœur de l’Aude, on n’en est pas peu fier. Les bulles ont été découvertes ici, au Moyen Age, en 1531, dans les caves de l’abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, voisine d’une encablure, par un moine qui s’aperçut que le vin mis en bouteille et bouché de liège faisait des bulles, commençant une nouvelle fermentation. Le sieur d’Arques, seigneur local, raconte alors avoir l’habitude de « lamper des flascons » de blanquette, le premier manuscrit en faisant état en 1544.

« La légende dit alors que le moine Dom Pérignon, autre bénédictin, un siècle plus tard, serait passé par Limoux, où il aurait observé la méthode de prise de mousse des vins et l’aurait ramenée en Champagne », raconte ­Pascal Chiaroni, directeur général de la coopérative Sieur ­d’Arques. L’ironie, ou l’injustice de l’histoire, veut que cela soit devenu la « méthode champenoise ». ­Depuis, et au XXIe siècle encore, le champagne règne sur le monde des bulles. Pour autant, la valeureuse blanquette (à base majoritaire de mauzac), et le crémant (qui fait la part belle au chardonnay) produit ici, résistent, s’offrant même une nouvelle vie.

Une qualité renouvelée

L’appellation d’origine contrôlée naît en 1938, pour les blanquettes – on en fête les 80 ans – et, vingt ans plus tard, ce sont les vins tranquilles qui sont reconnus par décret. En 1990, le crémant-de-limoux vient s’ajouter aux appellations reconnues dans ce coin de Languedoc, 7 800 hectares répartis sur 41 communes. ­Dernière née, en 2004, une appellation consacre les rouges de Limoux. 
A la tête de Sieur d’Arques, coopérative créée en 1946 – à l’origine Société des producteurs de blanquette-de-limoux avant d’être renommée du nom du seigneur féodal –, Pascal Chiaroni représente plus de 60 % des vins de l’appellation, avec 204 vignerons adhérents et 2 800 hectares de vignes.

La cave a produit 1,5 million de bouteilles de vins tranquilles et 9,6 millions d’effervescents, en 2017, avec une hausse de 9,5 % par rapport à l’année précédente pour les bulles. L’imposant bâtiment, à l’entrée de Limoux quand on arrive de Carcassonne, abrite, depuis 2011, un chai entièrement rénové dans lequel dix pressoirs pneumatiques permettent un traitement rapide de la récolte, « gage de qualité de jus », explique la cave. Les vendanges sont organisées en fonction des parcelles et des maturités.

« Quand Sieur d’Arques s’enrhume, c’est toute l’appellation limoux qui tousse. » Jean Fau, président de l’AOC des vins de Limoux

Car le credo de Sieur d’Arques repose sur la mise en avant des terroirs bien plus que sur les cépages. « Depuis longtemps, cette coopérative a porté l’appellation vers la qualité en travaillant les terroirs. Sieur d’Arques a été un élément moteur même si, aujourd’hui, d’autres belles maisons ont investi et que les vignerons ont réalisé un travail de qualité, explique le président de l’AOC des vins de Limoux, Jean Fau. Quand Sieur d’Arques s’enrhume, c’est toute l’appellation limoux qui tousse. » Non sans rappeler l’importance de la vingtaine de caves particulières, des neuf « maisons » (des domaines qui achètent des raisins aux vignerons) et des coopératives.

Et il est vrai que des domaines comme Paul Mas, Capdepon, ­Antech ou encore Rosier témoignent d’une qualité renouvelée. « Le vignoble progresse, et, depuis 2016, a été mis en place un projet agro-environnemental et climatique pour préserver la biodiversité et la ressource en eau. Mais il ne faut pas s’endormir », confie encore le vigneron Jean Fau.

Rude concurrence

Si la coopérative Sieur d’Arques a joué un rôle plus important autrefois, représentant jusqu’à 80 % à 85 % du volume global des vins locaux, elle garde toujours un rôle dynamique. Cette dernière réalise 59 % de son marché en France (2017). Son chiffre d’affaires, en progression l’année passée, était de 45,3 millions d’euros.

Mais la concurrence, en particulier avec les bulles étrangères, est rude. « Les signes de faiblesse sont liés en particulier aux proseccos [Italie] et, dans un deuxième temps, aux ­cavas [Espagne]. Mais comme le champagne a toujours communiqué sur la réputation de ses marques, qui racontent une histoire tel Dom Pérignon, Sieur d’Arques a créé la marque Aguila, il y a deux ans, qui nous tire. Quitte à passer au second plan le nom de Limoux », explique Pascal Chiaroni.

La mise en avant des terroirs par Sieur d’Arques est exemplaire dans les quatre cuvées de blanc (tranquilles) réunies sous la collection Toques & Clochers, élaborées par l’œnologue de la cave, Gilles Trémèges. Ces quatre cuvées sont même l’emblème de la maison.

Véritable fête populaire, Toques & Clochers de Sieur d’Arques est une enchère des fûts de ces cuvées de chardonnay. Les fruits de la vente permettent de restaurer des clochers de villages.

A base d’un seul cépage, le chardonnay, elles célèbrent les quatre terroirs de l’appellation : le terroir méditerranéen, qui offre par son climat chaud et sec de belles maturités ; le terroir océanique, qui profite d’un climat plus humide et tempéré ; le terroir Haute-Vallée, qui intègre des vignes à plus de 300 mètres, plus frais et plus haut dans la vallée de l’Aude en se rapprochant des Pyrénées ; et le terroir d’Autan, situé sur les coteaux qui entourent Limoux, au cœur de l’appellation et bénéficiant d’un climat plus sec.

Cette série des Toques & Clochers de Sieur d’Arques doit son nom, depuis 1990, à une vente aux enchères des fûts de ces cuvées de chardonnay, parmi les plus fréquentées de France. Les fruits de cette vente, véritable fête populaire qui rassemble chaque année au début du printemps plus de 30 000 personnes, permettent de restaurer des clochers de villages situés dans le périmètre de l’appellation.

Cerise sur le gâteau, la vente, qui se tient dans le village désigné pour la rénovation de son clocher, se déroule sous le parrainage d’un chef triplement étoilé. L’édition 2018, qui s’est déroulée à Loupia, le 24 mars, au cœur du terroir océanique, a permis de récolter 575 000 euros, dont plus de la moitié venant du marché international.

Car c’est une des forces des bulles et des vins de Limoux, et un point faible en même temps, le marché international représente la moitié des débouchés. « Le marché export permet de sauver les meubles dans un contexte où les effervescents, dans leur ensemble, rencontrent des difficultés en France ; mais les exportations des AOC de Limoux ont, en revanche, continué à progresser de l’ordre de 15 % sur un an », témoigne Jean Fau.

Reste à dépasser l’aspect un peu désuet de l’appellation blanquette et à convaincre, comme le fit le moine Dom Pérignon en son temps, les Français de ses qualités et de son originalité, à pousser encore l’appellation ­crémant-de-limoux qui a déjà détrôné, chez Sieur d’Arques, la traditionnelle blanquette.

https://www.lemonde.fr/vins/article/2018/06/28/limoux-la-ou-les-bulles-coulent-de-source_5322797_3527806.html

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Congrès de la CCVF

Les coops remontées contre les députés

Vendredi 29 juin 2018 par Bertrand Collard

« On a vu émerger une attaque en règle contre la coopération. Quelques adhérents mécontents ont réussi à jeter l’opprobre sur nous », s'est emporté Boris Calmette, président de la CCVF lors de son congrès annuel le 28 juin. - crédit photo : B. Collard

L'assemblée nationale a autorisé le gouvernement à prendre une ordonnance pour simplifier le départ des coopérateurs de leur coopérative. Celles-ci sont vent debout contre cette disposition qu'elles estiment être le fruit d'une méconnaissance totale de leur fonctionnement.
Deux pilules ne sont pas passées. La première, c’est la « simplification des conditions de départ des associés coopérateurs ». Elle figure à l’article 8 de la loi Agriculture et alimentation votée en première lecture le 30 mai par l’assemblée nationale. Boris Calmette l’a rappelé lors de son discours de clôture du congrès de la CCVF, le 28 juin à Vogüé.

"Attaque en règle"

« On a vu émerger une attaque en règle contre la coopération. Quelques adhérents mécontents ont réussi à jeter l’opprobre sur nous. Le gouvernement veut modifier le statut des coopératives par ordonnance pour diminuer la durée des engagements, pour mettre en place des contrats commerciaux », a dénoncé le président de la confédération.

L’article en question donne pouvoir au gouvernement d’agir par ordonnance pour « simplifier les conditions de départ des associés coopérateurs » et « modifier les conditions de nomination et d’intervention du médiateur de la coopération agricole pour sa bonne coordination avec le médiateur des relations commerciales agricoles ». Cet article veut aussi renforcer le rôle de « l’ensemble des associés coopérateurs » dans la fixation de leur rémunération.

"On veut nous sortir de prison"

Rien de tout cela ne va aux coopératives. « On a l’impression que les coopérateurs sont en prison et qu’on veut les en sortir », se désole Véronique Blin présidente du Centre Vinicole Champagne Nicolas Feuillate et à la tête d’un groupe de travail constitué pour renverser la vapeur.

« Il est déjà possible de sortir des coopératives dans des délais et à un coût raisonnable. Les coopérateurs n’ont pas de relation commerciale avec leur coopérative. On ne veut pas entendre parler de médiateur des relations commerciales pour parler de la relation entre une coop et ses adhérents », tempête Boris Calmette.

"Oui à la clarification, non à la simplification"

Les coopératives veulent bien entendre parler de clarification des conditions de sortie, mais surtout pas de simplification. Et concernant la fixation de la rémunération, elle est du ressort du conseil d’administration et la CCVF tient à ce qu’il en reste ainsi.

Après l’adoption de cet article 8 qui l’a prise de court, Coop de France s’est mise en branle. L’organisation a obtenu des sénateurs qu’ils suppriment la disposition sur la simplification du départ des coopérateurs et celle sur la rémunération. Une victoire. Mais la guerre n’est pas gagnée pour autant. Car députés et sénateurs n’ayant pas voté pareillement, ils devront trouver un terrain d’entente en commission mixte paritaire. L’affaire s’annonce mal. « Il y aura un pugilat », croit savoir Boris Calmette. Si les sénateurs n’arrivent pas à convaincre les députés, ceux-ci auront le dernier mot. La simplification des conditions de départ passera.

"Affaire entendue"

Quant à la disposition imposant une bonne coordination du médiateur de la coopération avec celui des relations commerciales, les sénateurs l’ont votée comme les députés. L’affaire est donc déjà entendue. Reste à savoir si elle aura des conséquences concrètes.

Seconde pilule : l’article 11 de la loi agriculture et alimentation dictant que les AOC et IGP imposent une certification environnementale aux exploitations, dans leur cahier des charges.

"Souveraineté touchée"

C’est Jean-Louis Pithon, président du comité permanent de l’INAO qui a dit tout le mal qu’il pensait de cette initiative des députés. « Cette décision porte atteinte à la souveraineté des décisions prises par les comités nationaux de l’INAO. Et à chaque fois que l’on rend quelque chose obligatoire, on nivelle les choses par le bas. La démarche que nous avions entreprise d’intégrer des mesures agroenvironnementales dans les cahiers des charges allait, au contraire, aboutir à une émulation entre les ODG pour faire mieux que leurs voisins. »

Le 28 juin, les sénateurs ne s’étaient pas encore penchés sur cet article contre lequel des amendements ont été déposés. « Nous espérons que les parlementaires adopteront une rédaction suffisamment souple pour que l’obligation ne soit pas une contrainte », a indiqué Jean-Louis Pithon devant les congressistes.

"Fusion en cours"

Après ces sujets sensibles, Boris Calmette a fait un point sur la vie de la CCVF. Début janvier 2019, cette organisation fusionnera, comme prévu, avec Coop de France pour en devenir une section et proposer de meilleurs services à ses adhérents. « Deux fédérations nous ont quittés (Bourgogne et Vaucluse, NDLR), a rappelé le président de la CCVF. Nous leur avons dit que notre porte reste ouverte. Mais elles ne pourront pas adhérer directement à Coop de France. »

https://www.vitisphere.com/actualite-87827-Les-coops-remontees-contre-les-deputes.htm#sd_id=&sd_source=

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Plus de réserves

L'INAO valide la hausse du VCI

Lundi 25 juin 2018 par Bertrand Collard

Article mis à jour le 26/06/2018 15:21:12

L'INAO valide la hausse du VCI

- crédit photo : DR

Les AOC pourront mettre jusqu'à 50 % d'une récolte en réserve sous forme de VCI, pour pallier les mauvaises récoltes. Une décision saluée à Bordeaux.
Le 20 juin, le comité national des vins AOC de l’INAO a voté en faveur de l’augmentation du volume complémentaire individuel (VCI). Le volume maximum pouvant être mis en réserve passe ainsi de 30 à 50 % du rendement de base d’une appellation, un plafond qui ne peut être atteint au mieux qu’en trois ans. Et le volume de réserver qu’un producteur sera autorisé à constituer au maximum chaque année passera 10 à 20 % du rendement annuel.

La décision avait presque été prise le 15 février dernier, mais retardée à cause de l'administration. Le comité a également voté en faveur d'un dispositif pour permettre aux vendeurs en raisin de constituer une réserve chez leur acheteur. Une mesure demandée par les Alsaciens. Il s'agit d'un mandat que le producteur donnera au vinificateur pour constiuter puis pour libérer la réserve, sachant qu'il en reste propriétaire tant qu'il ne l'a pas vendue.

"Renforcer la résilience"

Dans un communiqué du 21 juin, le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, et le président du comité régional de l'INAO Aquitaine, Bernard Farges, ont salué ce changement, qui doit toutefois être entériné par les appellations. « Cette décision permettra de renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques et à leur récurrence, en jouant un rôle équivalent à celui d'une assurance récolte », ont-il estimé dans un communiqué commun.

Le VCI pour les vins liquoreux, qui n'existait pas jusque-là, sera expérimenté dans les appellations Monbazillac (Dordogne), Sauternes et Barsac (Gironde). Ces décisions du comité national de l'Inao devront s'accompagner de modifications des décrets avant de pouvoir être appliquées.

Grêle & gel

Lors du dernier week-end de mai, de violents orages de grêle ont dévasté près de 7.100 hectares de vignes dans le Bordelais et plus de 10.000 ha dans le bassin Charente-Cognac.

En avril 2017, le gel avait touché quelque 60.000 hectares de vignes en Gironde, réduisant de 40% la récolte. Sur l'ensemble du territoire français, les volumes ont baissé de 19% en raison des aléas climatiques.

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Diaporama

L' association

Chers(es) collègues, élèves, apprentis, visiteurs de notre site, MEILLEURS VŒUX POUR CETTE NOUVELLE ANNEE 2019 !!!!, Bien évidement, souhaitons à chacunque la santé nous accompagne et ainsi nous donne les moyens de partager...

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