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20 juin 2018
WOERLE Antoine
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L'AOC Brousse du Rove officiellement reconnue par décret au JO

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/aoc-brousse-du-rove-officiellement-reconnue-decret-au-jo-1496523.html

C’est officiel. Trois mois après avoir obtenu l’appellation d’origine contrôlée (AOC) de la part de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), les éleveurs voient l'AOC Brousse du Rove officiellement reconnue par un décret paru au JO.

Par Annie Vergnenegre Publié le 18/06/2018 à 11:54 Mis à jour le 18/06/2018 à 12:00

C’est la 46éme et plus petite AOC de France. Et c'est une grande victoire pour la dizaine d'éleveurs caprins producteurs de Brousse du Rove. Surtout pour André Gouiran, chevier au Rove, qui se bat depuis 2007 pour la reconnaissance de ce fromage local. C'est désormais chose faite. Le décret officialisant l'AOC Brousse du Rove est paru au Journal Officiel du 8 juin 2018.

Une qualité garantie

C'est l'aboutissement de 11 ans d'efforts pour protéger une production du terroir provençal menacé par les coctrefaçons. Un cahier des charges établit strictement la qualité du produit, au lait cru, de chèvre du Rove bien sûr, à partir d'une alimentation en pâturage et sans OGM. L'AOC limite aussi l'aire géographie aux Bouches-du-Rhône, le sud du Vaucluse, et l'ouest du Var. 

« Le fait que la Brousse du Rove soit désormais protégée par une AOC est une preuve qu’ici, sur le territoire de la plus vaste métropole de France, nous cultivons des produits agricoles de qualité. Par leur renommée internationale, ceux-ci représentent une force pour l’attractivité de notre territoire », a commenté Jean-Claude Gaudin, Président de la Métropole Aix-Marseille-Provence dans un communiqué.

Il faut aussi savoir que la Brousse du Rove n'est produite qu'une partie de l'année, après la naissance des premiers cabris en janvier et jusqu'au mois d’octobre.——————————————————————————————

Plan dépérissement : les bonnes pratiques qui vont (peut-être) sauver le vignoble

  • 18 juin 2018.  http://www.terredevins.com/actualites/plan-deperissement-les-bonnes-pratiques-qui-vont-peut-etre-sauver-le-vignoble/
  • Les Chambres d’Agriculture ont lancé un plan national de trois ans et 10 millions d’euros contre le dépérissement du vignoble. Rassemblés en réseaux en Charentes, Val de Loire et Rhône-Provence, 300 vignerons cherchent des moyens de prolonger la vie du vignoble.
  • 10% de « manque à produire » par an en France, soit 4,6hl/ha. C’est la conséquence évaluée du vaste phénomène de dépérissement du vignoble. Et ça varie selon les régions. Pour les vignerons de Charentes, la perte dépasse les 10hl /ha pour 50% des vignerons interrogés.
Face à ce phénomène, 29 réseaux de vignerons et pépiniéristes ont été créés fin 2016 en Charentes, Val de Loire et Rhône-Provence, sous l’égide des Chambres d’Agriculture. Les viticulteurs y testent des itinéraires techniques ou des nouveaux systèmes de culture, en prenant en compte les contraintes organisationnelles et économiques. L’objectif de ce « plan dépérissement » 2017-2020, qui mobilise aussi les interprofessions viticoles et l’INRA, est que les nouvelles connaissances qui émergeront de ces groupes « pionniers » se diffusent directement au cœur du vignoble. Plusieurs « bonnes pratiques » visant à maintenir la productivité des parcelles et à prolonger l’espérance de vie des ceps sont d’ailleurs déjà largement répandues.

  • Taille respectueuse des flux de sève
    • Complantation
    • Sélection massale (bouturage des meilleures vignes de la parcelle)
    • Recépage
    • Curetage
    • Essais de produits
    • Choix du matériel végétal
L’amélioration des techniques de taille est souvent la première technique adoptée. La taille » Guyot-Poussard », autrement appelée « taille respectueuse des flux de sève », permettrait ainsi de prévenir l’apparition d’amadou et de bois mort. Mais si cette technique est déjà très répandue en Loire (utilisée par 76% des vignerons en Indre-et-Loire par exemple), où elle a été depuis longtemps mise en avant par le SICAVAC (Service Interprofessionnel de Conseil Agronomique, de Vinification et d’Analyses du Centre), elle reste minoritaire en Rhône-Provence (27%).

Le curetage, qui consiste à enlever à l’aide d’une petite tronçonneuse les morceaux de bois mort (comme pour « amputer » le cep des parties gangrénées) semble aussi avoir fait ses preuves. Mais tous ces gestes requièrent de la technicité et donc des formations (y compris pour les conseillers viticoles), que les Chambres développent de plus en plus.

Longue vie au cep

Il faut bien aussi, pour maintenir la productivité des parcelles, « boucher les trous » et remplacer les pieds morts. Pépiniéristes et vignerons commencent à se pencher sur l’importance de la qualité du « matériel végétal », des ceps qui vont être replantés. Mais d’autres techniques sont aussi expérimentées, notamment en val de Loire (grâce encore au SICAVAC), comme le recépage ou le surgreffage. La première technique consiste à laisser croître un « gourmand » (un rameau qui surgit au pied du cep) plusieurs années, jusqu’à ce qu’il soit assez gros pour devenir le tronc principal (l’ancien pied est alors coupé). La technique est économique (3€ par pied au lieu de 9€ pour une plantation), mais tous les cépages ne s’y prêtent pas.

Le surgreffage est plus technique : lorsqu’un cep meurt, plutôt que de tout arracher, la souche américaine (tous les ceps français sont greffés sur des pieds américains) est conservée avec son réseau racinaire, et un nouveau rameau est greffé dessus. Le geste requiert de la précision et donc du temps de main d’œuvre. Mais, énorme avantage, ce nouveau pied produit du raisin dès l’année suivante (demi-récolte)… au lieu de 3 à 5 ans pour une plantation classique.

Plus de 70 facteurs de dépérissement identifiés

Toutes ces techniques s’additionnent souvent, et une étude « scientifique » de leurs effets et coûts permettront d’affiner les process. Mais la lutte contre le dépérissement souffre encore d’un désavantage majeur : les causes du phénomène restent très floues. Matériel végétal médiocre ? Pression de maladie plus forte ? Changements climatiques ? Mécanisation ? Mauvaises pratiques ? Surexploitation ? Phytosanitaires ? Plus de 70 facteurs de dépérissement sont identifiés dans les « autopsies » de ceps morts, mais ce qui fait qu’un pied meurt tandis que son voisin vit reste mystérieux. Des observatoires se mettent peu à peu en place pour mieux comprendre ce qui tue les pieds de vigne, et 3 millions d’euros du plan (sur 10) sont consacrés à la recherche.

Le dépérissement est « aussi vieux que la vigne », analyse Bernard Artigue, vigneron bio à Bordeaux et président de la Chambre d’Agriculture de Gironde et de la commission viticulture des APCA (France). Mais depuis le début des années 2000 et le tournant du « changement climatique » (mais aussi l’interdiction de l’arsenite de soude, contre les maladies du bois), l’ampleur du phénomène vient à menacer la survie des exploitations, confrontées à des baisses de productivité. Pour le vigneron bordelais, le dépérissement, « c’est un peu notre phylloxéra du 21e siècle ». Et de fait, résume le Bordelais, « 5% de pertes par an, c’est simple à calculer : si on ne fait rien, dans 20 ans on n’a plus de vignoble. »

Plus d’infos (plans de recherche, fiches techniques, formations, etc.) sur plan-deperissement-vigne.fr

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Vin : les dernières bouteilles d’Henri Jayer, le “Roi du Bourgogne”, vendues à 29,8 millions d'euros

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/vin-dernieres-bouteilles-henri-jayer-roi-du-bourgogne-vendues-298-millions-euros-1496307.html

La vente aux enchères des dernières bouteilles du vigneron bourguignon, décédé en 2006, a dépassé les attentes, dimanche 17 juin. Les 1 084 bouteilles et magnums se sont vendus à près de 30 millions d’euros.

Par Valentin Chatelier Publié le 18/06/2018 à 08:53 Mis à jour le 18/06/2018 à 11:48

La maison d’enchère genevoise Baghera Wines avait estimé la vente entre 5,7 et 11,2 millions d’euros. Finalement, les dernières bouteilles d’Henri Jayer ont été vendues à 29,8 millions d’euros, lors de la vente aux enchères qui s’est déroulée à Genève, en Suisse, dimanche 17 juin.

1 084 bouteilles et magnums ont été proposés aux enchères par les filles du vigneron bourguignon, qui est décédé en 2006. Tous les lots sont partis. Et à des prix très élevés. Celui le plus cher était composé de quinze magnums de Cros-Parantoux, Vosne-Romanée Premier Cru, allant de 1978 à 2001. Estimé entre 237 000 et 406 000 euros, il est finalement parti à plus d’un million d’euros.

« La dernière page du Domaine Henri Jayer »

Ce sont les filles d’Henri Jayer qui ont mis aux enchères ces lots. Elles précisent ne pas être en capacité de boire toutes les bouteilles : "Il nous est apparu naturel de les proposer à la vente afin que les amateurs (…) puissent les acquérir et les boire, à sa mémoire". Avant la vente, elles ont précisé dans un mail que "c’est de toute évidence la dernière page du Domaine Henri Jayer qui se tournera".

Les 855 bouteilles et 209 magnums réunis dans cette vente sont les derniers flacons qu’Henri Jayer avait accumulés tout au long de sa vie. La jeune maison d’enchère Baghera Wines, créée en 2015, a eu accès aux sous-sols du vigneron bourguignon, surnommé « le Roi du Bourgogne », pour l’occasion.

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La vigne est la grande oubliée du monde du vin

11 juin 2018  / Marie Astier (Reporterre) 

La vigne est la grande oubliée du monde du vin

On parle souvent des vignerons, beaucoup moins de ceux qui font naître les jeunes plants qu’ils cultiveront ensuite : les pépiniéristes viticoles. Parmi eux, Lilian Bérillon est un électron libre, qui lutte contre l’industrialisation de son métier, et dénonce le désintérêt des vignerons pour ce qu’il appelle « le végétal ». Reporterre l’a rencontré.

  • Jonquières (Vaucluse), reportage
Le pépiniériste arrête son imposant 4x4 devant un curieux champ de vignes : seuls des moignons de bois dépassent du sol, et les tiges vertes courent à même la terre. Certains peinent à faire pousser de nouvelles branches, d’autres n’en ont même pas produit. Il pointe les trous dans la nappe de feuillage en secouant la tête : « Là, et encore là, vous vous rendez-compte que cela veut dire que l’an dernier, on a produit des plants de vigne à partir de ce pied qui est aujourd’hui mort ? Comment voulez-vous ensuite avoir des vignes en bonne santé ? » Il désigne le sol mal travaillé, les traces d’herbicide — sans doute du glyphosate —, fustige les méthodes intensives de la viticulture.

Lilian Bérillon pratique un métier peu connu du consommateur de vin. Il est pépiniériste viticole, produit les jeunes pousses qui seront ensuite plantées dans les vignobles. Un métier technique, né de la crise du phylloxera. Ce petit puceron venu d’Amérique au XIXe siècle s’attaque aux racines des vignes, qui en Europe ne savaient pas lui résister. Parmi les solutions, celle qui a rencontré le plus de succès a été la greffe : les cépages européens sont désormais supportés par un pied américain.

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Lilian Bérillon.

Le pépiniériste doit d’un côté produire le porte-greffe — soit les racines, le pied de la vigne — et de l’autre le cépage — soit les tiges qui produiront le fruit (merlot, cabernet sauvignon, syrah, chardonnay, pinot noir, etc.). Il prélève des bois sur chacun, s’assure que les deux végétaux ne portent pas de maladies (à quoi bon planter une jeune pousse déjà souffreteuse ?) puis les assemble via une greffe.

« Les vignes meurent prématurément » 

« Mes deux grands-pères étaient pépiniéristes », aime à raconter Lilian Bérillon. Il s’est installé il y a 20 ans sur le domaine familial à Jonquières, dans le Vaucluse. Il a suivi le modèle, a même eu des fonctions syndicales élevées dans sa profession. Il a participé à la course à la vente, au négoce entre pépiniéristes, qui fait que l’on peut vendre à un vigneron des plants que l’on n’a pas produits sans l’en avertir. Au fil des prises de conscience et des échanges avec quelques vignerons amis, ses pratiques ont évolué. À 46 ans aujourd’hui, il raconte ce chemin dans un ouvrage récemment paru chez Grasset, coécrit avec la journaliste-historienne Laure Gasparotto, et intitulé Le jour où il n’y aura plus de vin.

« Les vignes meurent prématurément, un vigneron peut aujourd’hui arracher dans sa carrière des vignes qu’il a lui-même plantées ! » explique-t-il fébrilement. Il n’est pas le seul à le constater. Les vignes se meurent, produisent moins, un grand Plan national contre le dépérissement du vignoble a été lancé en 2015. Les facteurs sont multiples : maladies, changement climatique, pratiques des vignerons, etc. Mais les pépiniéristes ont aussi une part de responsabilité, estime Lilian Bérillon. « Pour faire un joli vin, il faut que les racines aillent explorer le terroir, on ne peut pas se contenter d’un végétal qu’il faut renouveler au bout de 20 ans », poursuit-il. Autrement dit, sans belle vigne, pas de bon vin.

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Un plant sorti de terre qui a commencé à former des racines.

Lilian Bérillon l’assume volontiers, il est devenu un maniaque du plant de vigne. Il arrête cette fois-ci la voiture au milieu de champs… pleins de luzerne. « On laisse reposer le sol quatre années après y avoir mis la pépinière », précise-t-il. La pépinière de l’année, justement, est implantée un peu plus loin. De longues lignes de petites pousses vertes s’étendent à nos pieds : ce sont les futurs plants, il en a fabriqué cette année environ 1,6 million. En terre, le porte-greffe fait des racines. Hors de terre, le greffon de cépage élance ses premières feuilles. Les outils de désherbage traînent au sol : pas question d’utiliser des herbicides. Cependant, il n’existe pas de labellisation bio pour les pépiniéristes viticoles. « On est obligés de traiter contre une maladie, la flavescence dorée », regrette-t-il.

Il inspecte et saisit certains plants, appuie à l’endroit de la greffe. Quelques assemblages cassent. Ce sont ceux qui n’ont pas bien pris. Ce geste, c’est celui qui est habituellement fait en décembre, au moment où les plants sont sortis de terre. « C’est le moment de l’année le plus difficile, raconte Lilian Bérillon. Je vais me cacher, je les laisse faire, et après je demande les chiffres. » En moyenne, la moitié des plants prennent bien. Mais entre 55 % et 45 %, la différence est grande. C’est autant de plants qui ne seront pas vendus. « Cela fait trois ans qu’on est justes, mais c’est parce qu’on met la barre très haut sur la qualité », explique le pépiniériste.

Greffe à l’anglaise et sélection massale

Deux pratiques en particulier font de lui un original dans la profession. Tout d’abord, ses greffes sont faites « à l’anglaise », alors que dans plus de 90 % des cas elles sont « en oméga ». Cette dernière, mécanisée, industrialisée, permet de réaliser rapidement de nombreuses greffes… Mais trop vite faite, elle ne permet pas une belle soudure, et des plants vigoureux à la fin. Celle à l’anglaise était pratiquée par ses grands-pères. Lilian Bérillon désigne un empilement de machines contre l’un des murs du hangar. « Elles datent des années 1950 », précise-t-il. Actionnées à la main, elles permettent de réaliser la greffe à l’anglaise. Elles assurent notamment plus de contact entre le porte-greffe et le greffon. La technique est moins productive, mais assure une greffe de qualité.

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Une greffe « en oméga ».

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Une greffe « à l’anglaise » sur un arbre fruitier (le principe est le même sur la vigne).

Autre particularité, les cépages que Lilian Bérillon choisit de greffer. Imaginons un vigneron qui commande des plants de grenache. Au sein de ce cépage, il peut y avoir une multitude d’individus (ou clones) différents. Mais seuls quelques-uns ont été sélectionnés pour leurs qualités, et sont reproduits par clonage, chaque clone correspondant à un seul patrimoine génétique. « Un pépiniériste n’aura à disposition que deux ou trois clones de grenache, et n’en proposera peut-être qu’un seul pour une plantation », indique Lilian Bérillon. La diversité, permettant éventuellement l’adaptation, sera alors très faible dans le vignoble. Notre iconoclaste a choisi une autre technique : il pratique ce que l’on appelle une « sélection massale », cherchant les plus belles vignes dans les plus beaux vignobles. « On va chez les vignerons, on regarde les vignes plantées avant 1970 et la mise en place de la sélection clonale, et on sélectionne celles qui n’ont pas de maladies, un beau port, donnent une récolte de qualité », explique-t-il. « C’est ce qui nous permet de livrer un végétal qui a naturellement plus de résistance. » Le pépiniériste a ainsi prélevé des rameaux de centaines de vignes différentes, rapportées dans sa pépinière. « On a 150 individus différents en pinot, 120 en Syrah », compte-t-il. « Si vous ne vous enrichissez pas, vous livrez toujours les mêmes plants. »

Pour lui, cette diversité est une des clés contre le dépérissement des vignes : « On n’a jamais eu autant de maladies mais c’est normal, regardez un champ de vignes aujourd’hui, c’est lunaire. »

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Les vignes mères.

Du côté des vignes servant ensuite à faire les porte-greffes — on les appelle des « vignes mères » —, Lilian Bérillon bouscule aussi les habitudes. Plutôt que de les laisser courir au sol, il les fait pousser en hauteur, lissant les longues tiges sur des supports installés dans le sens du mistral. « Ainsi, on peut entrer dans la parcelle, travailler le sol », dit-il. Il couve du regard les précieux plants, se félicite de leur vigueur : « On n’a pas de dépérissement. » En revanche, le choix des variétés reste limité : 31 porte-greffes différents sont autorisés en France, il en cultive 17, choisis en fonction des sols et des climats, certains étant plutôt pour la Champagne, la Bourgogne, le Bordelais…

« Certains vignerons dépensent des millions dans les chais et délaissent le végétal »

Les rameaux seront prélevés en janvier, tant sur les vignes porte-greffes que sur les vignes portant les cépages. Le tout est assemblé jusqu’en mars, puis quelques étapes permettent à la soudure de la greffe de se faire avant que les futurs plants soient mis en terre au mois de mai pour être sortis en décembre et livrés à partir de janvier.

La qualité a un prix pour ses clients : ses plants sont en moyenne trois fois plus chers que ceux de ses collègues. Un plant chez lui coûte au minimum 3,5 euros contre 1,20 euro sur le marché. Un pépiniériste de luxe ? « Je ne travaille pas qu’avec le château Cheval-Blanc ! répond-il. Certains vignerons sont prêts à dépenser des millions d’euros dans un chai, à acheter des barriques à un prix fou, à investir dans du matériel ultrasophistiqué. Le végétal est tout aussi important. Il faut que les vignerons se mettent en tête qu’un plant de vigne peut coûter 2, 3, 4 euros. Aujourd’hui, un plant de vigne est moins cher qu’un plant de melon renouvelé chaque année ! »

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Au centre de la vigne mère, l’endroit où l’on coupe les tiges pour en faire des plants.

Une fois chez le vigneron, la petite vigne commence une nouvelle vie. « Je suis aussi très critique avec les viticulteurs », précise le pépiniériste. Pour éviter les maladies, il faudrait laisser le sol reposer quelques années, notamment pour éliminer certaines maladies qui y persistent, aussi pour le laisser s’enrichir en nutriments. Mais l’enjeu économique est énorme. Comment accepter de laisser sept ans au repos une parcelle classée dans une AOC prestigieuse ? « Je livre des plants contrôlés, sans maladie, et ils sont plantés dans des sols qui en sont pleins », soupire-t-il. Les techniques de taille des vignes sont aussi aujourd’hui questionnées. « Il y a des vignerons qui n’ont pas les bonnes techniques. Cela me stresse d’aller chez les clients et de voir comment ils entretiennent les vignes que je leur ai livrées », avoue-t-il.

En cette fin de printemps, la grosse saison est terminée : ne reste plus qu’à entretenir les vignes et les jeunes plants. La course reprendra à l’automne. Sans répit, le pépiniériste continue sa quête de cépages et de diversité, cherche le « geste vigneron » pour améliorer la culture de ses vignes mères et des jeunes plants, et assume de prêcher à contre-courant pour porter sa vision d’une pépinière plus durable.

Une question nous passe par la tête : la vigne ne pourrait-elle pas être cultivée en polyculture, au milieu d’arbres fruitiers par exemple ? De sa foultitude d’idées, Lilian Bérillon en sort une en réponse. « Quand on plante un vignoble, je voudrais faire intervenir quelqu’un qui paysage la vigne. Il peut y avoir jusqu’à 500 espèces différentes qui vivent dans un chêne vert. En arborant, on apporte de la vie. »

DE MULTIPLES FACTEURS EXPLIQUENT LE DÉPÉRISSEMENT DES VIGNES

« C’est un phénomène observé depuis une dizaine d’années. Quoi qu’il fasse, le viticulteur observe une baisse de rendement subie », explique Chloé Delmas, chercheuse à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) de Bordeaux. On appelle cela le dépérissement du vignoble. Selon les chiffres officiels, il entraînerait une baisse de rendement de 4,6 hectolitres à l’hectare« On a du mal à établir des chiffres, mais environ 10 % du vignoble est affecté, les vignes deviennent improductives, meurent, sont manquantes ou viennent d’être remplacées et sont trop jeunes pour produire », poursuit la scientifique. Les facteurs sont donc multiples : champignons, virus, flavescence dorée, qualité des plants, pratiques des vignerons (comme la taille), changement climatique induisant du stress (sécheresse, coup de chaleur). Un plan national a été lancé, et finance des programmes de recherche sur ces différents aspects.

Les pépiniéristes ont leur rôle à jouer dans cette lutte contre la mort des vignes. « C’est un peu le serpent qui se mort la queue, note Nathalie Ollat, ingénieur de recherche spécialiste des porte-greffes. Les vignes dépérissent, donc il faut produire plus de plants, donc pour faire face à la demande, on augmente les cadences. Il faudrait donc améliorer le taux de réussite au greffage, pour ne pas forcément produire plus de plants, mais que plus poussent ! » D’ailleurs, un programme de recherche travaille justement sur cette question des greffes.

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France - Consommation Du changement sur vos bouteilles de vin en 2019

https://www.bienpublic.com//cote-d-or/2018/06/19/du-changement-sur-vos-bouteilles-de-vin-en-2019

Depuis 1960, elle est obligatoire sur les bouteilles et récipients de vin de trois litres au plus pour lesquels les accises ont été acquittées en France. La capsule représentative de droits (CRD), apposée sur la coiffe d’une bouteille de vin, ne sera plus obligatoire à compter du 1er juin 2019 selon un arrêté récemment signé. Une "simplification administrative" qui fait suite à une phase de consultation des professionnels de la filière engagée par la douane en juin 2017.

Une décision qui ne signifie pas, cependant, que les bouteilles pourront circuler en France sans un document d’accompagnement. Dans un communiqué de presse, les douanes expliquent que "les opérateurs de la filière viticole qui embouteillent du vin auront donc désormais le choix de continuer d’apposer la CRD ou d'utiliser un des autres titres de mouvement assurant la traçabilité du produit".

 Et les douanes de réaffirmer leur fermeté en la matière : "L’État est pleinement mobilisé pour contrôler le respect de la réglementation assurant la traçabilité des produits viticoles et lutter contre les fraudes. Les démarches mises en œuvre par les acteurs de la filière pourront par ailleurs contribuer au renforcement et à la modernisation des outils de traçabilité. Ces dispositifs ont vocation à être mis en place avec l’accord de tous les opérateurs concernés et en particulier des metteurs en marché. Cette nouvelle mesure de simplification pour les entreprises permettra aux opérateurs de la filière viticole de réaliser des gains de compétitivité et gagner de nouveaux marchés à l'export."

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 Dématérialisation obligatoire pour le paiement des accises

Publié le : mercredi 28 mars 2018 http://www.douane.gouv.fr/articles/a14752-dematerialisation-obligatoire-pour-le-paiement-des-accises

Dématérialisation obligatoire pour le paiement des accisesDématérialisation obligatoire du paiement des accises | © Douane française

Cette obligation concerne les redevables des taxes sur les vins, alcools et boissons alcooliques. 

Publication du décret fixant la date de dématérialisation obligatoire pour les redevables des taxes sur les vins, alcools et boissons alcooliques.

Le décret du 26 mars 2018 (publié au JORF n°0073 du 28 mars 2018) fixe la date d’entrée en vigueur de l’obligation de déclaration mensuelle et de paiement des accises par voie électronique, en matière de boissons alcooliques. Afin de laisser un délai suffisant aux entreprises pour se préparer à la dématérialisation, la date retenue est celle du 31 décembre 2019, sauf pour le secteur du vin où cette date est avancée au 1er septembre 2019 pour correspondre à la campagne viticole 2019/2020.

La télédéclaration s’effectue sur le téléservice CIEL (Contributions Indirectes En Ligne), ouvert depuis 2016 et accueillant déjà plus de 5.000 professionnels chaque mois. Le téléservice est accessible depuis l'espace des services en ligne pro.douane.gouv.fr.

La démarche de dématérialisation a aussi vocation à simplifier le geste déclaratif pour les redevables. C’est pourquoi l’interface CIEL s’adapte aux différents profils et besoins des opérateurs. Ainsi, pour les ressortissants d’une interprofession viticole, la déclaration récapitulative mensuelle est pré-remplie sur le portail pro.douane.gouv.fr des données économiques saisies par le viticulteur ou la cave coopérative sur le portail de l'interprofession. Pour les professionnels disposant de nombreux produits à déclarer, la déclaration pourra être remplie directement par l’import d’un fichier informatique.

Afin d’anticiper le passage à la déclaration en ligne et pouvoir bénéficier d’un accompagnement avant la date butoir, les opérateurs concernés sont donc invités dès à présent à se rapprocher de leur bureau de douane gestionnaire.

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Pédagogie 

La Bourgogne édite un livret "Comprendre le métier des viticulteurs" 

Publié le 19/06/2018 - 12:58

par Viti Veille        https://www.mon-viti.com/filinfo/vie-de-filiere/la-bourgogne-edite-un-livret-comprendre-le-metier-des-viticulteurs

Le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) et le comité de pilotage de la Charte Régionale « Engager nos terroirs dans nos territoires » viennent d’éditer un petit livret intitulé « Comprendre le métier des viticulteurs ». En une quinzaine de pages, sont rappeler l’importance économique du vignoble, le cycle de la vigne, les travaux et les démarches pour initier un dialogue entre riverains, touristes et viticulteurs.

Il est disponible aussi en version papier auprès des mairies, des Offices de tourisme de Bourgogne, du BIVB et de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB).
 

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                                         JORF n°0140 du 20 juin 2018 
texte n° 86 

Arrêté du 12 juin 2018 portant nomination au conseil d'administration de l'Institut français de la vigne et du vin 

NOR: AGRT1814856A

ELI: Non disponible

Par arrêté du ministre de l'agriculture et de l'alimentation en date du 12 juin 2018, est nommé administrateur de l'Institut français de la vigne et du vin en qualité de représentant des salariés de la branche professionnelle, M. COUDOUY (Frédéric), en remplacement de M. BROUSSE (Claude).

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L’édition 2018 de Bordeaux fête le vin a battu des records

Par bordeaux7 le 19 juin 2018 à 20:24   GUILLAUME BONNAUD / SUD OUEST
Malgré un final gâché en raison des mauvaises conditions météo et l’annulation de la venue de la Patrouille de France, Bordeaux fête le vin qui s’est déroulé du 14 au 18 juin restera comme un cru exceptionnel en 2018.
61 976 pass ont été vendus, 520 000 dégustations ont eu lieu sur les pavillons et 18 000 personnes ont été formées lors des ateliers de l’Ecole du vin de Bordeaux. Pour la première fois, l’événement alliait le vin et le fleuve avec l’accueil de 29 grands voiliers dans le port de la Lune pendant la manifestation. L’an prochain, place à Bordeaux fête le fleuve, dans une version qui sera a priori allégée et plus courte dans le temps. La manifestation marquera le lancement de la saison estivale et culturelle sur le thème de la liberté. Bordeaux fête le vin reviendra en juin en 2020. Avec ou sans bateaux, on ne sait pas encore.

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La Courtade : la vigne aux trésors de Porquerolles

Par Aurélie Labruyère

Publié le 19/06/2018 à 18:22.  http://www.larvf.com/vin-domaine-courtade-vignes-porquerolles-ile-hyeres-art-edouard-carmignac,4588449.asp

Courtade

Mystérieuse et envoûtante pour les uns, de mauvais augure pour les autres, cette image de tête de mort à palmes fait réagir.

Sur l’île de Porquerolles en face de Hyères, la Fondation d’art contemporain d’Edouard Carmignac vient d’ouvrir ses portes au sein du Domaine viticole de la Courtade. Art et terroir, les possibilités d’une île.

Allier le vin et l’art est une évidence depuis que Philippe de Rothschild a fait illustrer les étiquettes de Mouton par des artistes. Aux châteaux d’Arsac (Margaux), Smith-Haut-Lafitte (Graves) ou La Coste (Provence), les vignes sont parsemées de sculptures acquises par les propriétaires. Les oeuvres ne sont pas seulement décoratives, elle créent un parcours de visite original et rappellent le sens aspirationnel du travail viticole.

Pour Edouard Carmignac, c’est l’art qui prime. Le gestionnaire de fortune au sommet de sa réussite, s’est offert en 2014 le Domaine de La Courtade à Porquerolles. Ce qu’il cherchait, c’était un écrin pour sa collection d’œuvres d’art contemporaines; pas un vignoble. Il a pris les vignes avec le site. Il y a pire…

On comprend son coup de foudre pour ces 12,5km2 de Parc National au milieu de la Grande Bleue avec son village où Jean Rochefort aimait à se ressourcer et son pittoresque port de plaisance. Trois ans de travaux et quelques millions plus tard, il ouvre la Villa Carmignac : 2.000m2 dédiés aux photographies, tableaux, sculptures et installations qu’il réunit depuis 30 ans. L’exposition inaugurale Sea of Desire rassemble des artistes comme Roy Lichtenstein, François Banier, ou Jean-Michel Basquiat et d’autres moins connus.

MER, TERRE ET PIERRE

La Villa est une prouesse architecturale. Pour trouver de la place sans agrandir le mas provençal et respecter l’environnement, il a fallu creuser, concevoir des terrasses. La lumière des salles d’exposition provient d’un plafond en verre recouvert d’un filet d’eau, qui crée un scintillement changeant, un peu comme si l’on était sous le miroir d’eau de la Place de la Bourse à Bordeaux. Dans la librairie, vue idéale sur les vignes de la Courtade, la forêt et la Méditerranée. "Wahoo effect" disent les premiers touristes anglophones.

"Une île est toujours un ailleurs" rappelle Charles Carmignac, l’aîné du fondateur éponyme, qui dirige la Fondation. Et la traversée une expérience de dépouillement. La Fondation se visite donc… nu-pieds. On quitte tropéziennes ou Birkenstock dans la "salle du rituel" pour marcher sur le béton. Frisson garanti. L’exposition continue dans des jardins qui se fondent avec la forêt de pins et de garrigue, un brin sauvage.

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ET LES VIGNES DANS TOUT CELA ?

Elle sont de l’autre côté de la grille du jardin mais rien ne les relie à la Villa Carmignac, surprenant pour un amateur de vin. Le vignoble vit de manière indépendante. La priorité d’Edouard Carmignac reste la Fondation. C’est à son cadet Hugues, à qui il a confié les clés de La Courtade, de donner au vignoble l’ampleur qu’il mérite.

En rouge le mourvèdre, grand cépage méditerranéen, est ultra-dominant. S’y ajoutent un peu de syrah et une touche de cinsault, introduite en 2016. En blanc, le rolle l’emporte largement, complété par le sémillon. Les 35 hectares de La Courtade forment un puzzle à l’ouest de l’île, travaillé par Florent Audibert. L’oenologue arrivé en 2016 est le fils d’un ancien maitre de chai de Pibarnon où il a fait ses armes. En plus de La Courtade dans les trois couleurs, le domaine élabore une cuvée plus accessible baptisée Les Terrasses.

TERROIR ET INSULARITÉ

L’île encapsule le concept de terroir : c’est là, ce n’est pas ailleurs, c’est délimité, c’est la fructueuse combinaison entre un ici et un maintenant. À Porquerolles, le sol de schistes friables est visible sur les côtes, dans les calanques où les vacanciers étalent leurs serviettes. Dans la plaine, les schistes se mélangent au sable. La mer n’est jamais loin : Porquerolles ne fait que 3km de large.

L’île est balayée par les entrées maritimes et les embruns. En été, la moiteur peut être tropicale à moins que le mistral n’apporte sa fraîcheur. Pour résister à la sécheresse structurelle qui s’installe de millésime en millésime, les vignes ont besoin de puiser en profondeur dans les nappes. Comme toute la côte varoise, Porquerolles est soumise à un risque maximum d’incendie. Les vignes jouent d’ailleurs un rôle de pare-feu sur l’île. À quand l’appellation "Ile de Porquerolles" ?

UNE ÉTIQUETTE QUI NE LAISSE PAS INDIFFÉRENT

Première impression radicale : on adore ou on déteste. Mystérieuse et envoûtante pour les uns, de mauvais augure pour les autres, cette image de tête de mort à palmes fait réagir. La rencontre avec l’oeuvre de Miquel Barceló change tout.

Le monstre marin de bronze patiné qui garde l’entrée de la Villa fait écho à l’univers de la piraterie ainsi qu’à la légende îlienne du dragon La Lycastre. Il fut tué par un vaillant soldat qui avait fait naufrage à Porquerolles. Et son nom fut donné au fort érigé sous Richelieu.

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