AOC Bourgogne en Beaujolais

15 octobre 2011
DESBUREAUX Robert
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ISSU DE VITISPHERE


Mercredi 12 octobre 2011 - RÉGLEMENTATION

AOC Bourgogne en Beaujolais : la décision de l’INAO attaquée devant le Conseil d’Etat

L’Association des Producteurs de Bourgogne en Beaujolais (APBB) conteste la décision rendue le 28 septembre dernier par l’INAO, concernant la délimitation des appellations bourgogne blanc, bourgogne aligoté et bourgogne rouge en Beaujolais. Réunie le 30 septembre dernier, l’APBB a décidé de saisir la justice, en l’occurrence le Conseil d’Etat.

Sommaire


Une délimitation plus restrictive

« Une décision partisane », accuse l’APBB

Dommages collatéraux

UNE DÉLIMITATION PLUS RESTRICTIVE


A la demande de l’ODG de Bourgogne, l’INAO a délimité ces appellations que, depuis 1937, les producteurs de Beaujolais étaient autorisés à produire dans les 91 communes du Beaujolais. Cette nouvelle délimitation a bien entendu revu à la baisse le nombre de communes du Rhône et de Saône et Loire pouvant prétendre aux appellations bourguignonnes.

La nouvelle aire géographique des appellations de Bourgogne en Beaujolais est réduite à 42 communes pour l’AOC Bourgogne blanc.

La production d’AOC Bourgogne rouge n’est plus possible en Beaujolais. Seule pourra être produite l’appellation Bourgogne Gamay, mais uniquement dans les 19 communes des crus du Beaujolais ainsi que 6 communes de l’aire de l’AOC Macon.

Les Bourgognes Gamay peuvent entrer à hauteur de 30 % maximum dans les Bourgognes rouges et 15 % maximum dans les Bourgognes rouges Pinot Noir. Cette délimitation s’est faite sur la base de critères de milieu physique - des sols sur substrat calcaire et en pente notable (plus de 4%), à une altitude inférieure à 400 m – et de critères d’usage : n’ont été retenues que les communes qui avaient déclaré ces appellations sur quatre années consécutives depuis 2006.

L’INAO propose une période de tolérance de 25 ans pour les toutes parcelles exclues de l’aire de délimitation, sous réserve qu’une déclaration de récolte en AOC Bourogne ait été faite avant 2010 et que la parcelle ait été en place à la date du 29 mai 2008.

« UNE DÉCISION PARTISANE », ACCUSE L’APBB


Constituée en juin 2011, l’APBB regroupe la quasi totalité des caves coopératives du Beaujolais, 120 caves particulières et compte parmi ses adhérents l’union des maisons de vins du Beaujolais Mâconnais. Présidée par Olivier Bosse-Platière, cette association s’est battue pour défendre le droit des producteurs de Beaujolais de revendiquer les AOC régionales Bourgogne. Leurs réclamations n’ont pas été entendues par la commission d’enquête de l’Inao.

« C’est une décision partisane, affirme aujourd’hui Olivier Bosse-Platière. Le Beaujolais fait partie intégrante de la Bourgogne au même titre que Chablis et le Grand Auxerrois, le Châtillonnais, la Côte de Nuits, la Côte de Beaune, la Côte Chalonnaise et le Mâconnais. Nous avons les mêmes devoirs, nous demandons à ce que nous soient reconnus les mêmes droits ».

L’APBB reproche à l’Inao de n’avoir pas appliqué les mêmes critères pour la délimitation de l’aire des appellations Bourgogne en Beaujolais que ceux mis en œuvre pour le Mâconnais. « L’Inao a introduit pour le Beaujolais des critères d’usage qui ont conduit à éliminer une grande partie des communes du Beaujolais. Il n’y a aucune raison de délimiter différemment le Mâconnais du Beaujolais », s’insurge le président de l’APBB. « Ces critères ont conduit à des aberrations comme l’élimination de communes avec de très beaux terroirs pour la production de Chardonnay ou de Pinot Noir. Seuls les critères relatifs au terroir devraient être pris en compte ». Olivier Bosse-Platière fustige également l’attitude de l’ODG Bourgogne : « Dans ce dossier, l’ODG Bourgogne qui est notre syndicat et à qui nous versons nos cotisations, aurait dû nous défendre. Cela fait maintenant quatre ans qu’elle travaille contre nous ».

L’APBB dénonce également le non respect d’un accord signé en janvier 2010 entre l’ODG Bourgogne et les ODG du Beaujolais sous l’égide d’Yves Besnard, président de l’INAO, accord dans lequel chaque partie actait la légitimité du Beaujolais à revendiquer les AOC Bourgognes régionales. En contrepartie, les crus du Beaujolais renonçaient à la possibilité de revendiquer l’appellation Bourgogne rouge. « Un mois après la signature de cet accord, la Commission d’enquête de l’INAO passait outre ce compromis qui devait servir de cadre à la future négociation », s’indigne Olivier Bosse-Platière.

DOMMAGES COLLATÉRAUX


Le Beaujolais (18 000 ha) compte à ce jour 650 ha de Chardonnay et 22 ha de Pinot Noir produisant essentiellement des Bourgognes et des Crémants de Bourgogne. A ces surfaces s’ajoutent les 70 000 hl repliés en Bourgogne Grand Ordinaire et 15 à 35 000 hl de Crus du Beaujolais repliés en Bourgogne rouge. Ramenés à la production totale du Beaujolais, ces volumes restent marginaux mais peuvent représenter un enjeu considérable pour les producteurs qui ont misé sur ces appellations de Bourgogne. Au-delà de ces enjeux économiques, la bagarre, qui oppose depuis deux ans les producteurs de Bourgogne à leurs homologues du Beaujolais, risque de laisser des traces.

« Nous ne contestons pas la légitimité de la demande de l’ODG de Bourgogne. Mais nous déplorons l’attitude provocatrice de certains professionnels de Bourgogne et les propos dégradants qu’ils ont eu à l’égard du Beaujolais », commente François Roth de l’UVB (Union des Viticulteurs du Beaujolais).

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