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27 juillet 2017
DESBUREAUX Robert
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Vin : Vranken cède sa part de rosé Listel à Castel

Marie-Josée Cougard Le 25/07 à 06:00Mis à jour à 16:13

La deuxième maison de champagne sort du partenariat avec le groupe Castel dans le rosé.

Vranken-Pommery Monopole, la deuxième maison de champagne avec un chiffre d'affaires de 262 millions d'euros, a décidé de mettre un terme à son partenariat à 50-50 avec le groupe Castel. Le champenois cède en effet ses parts à Pierre Castel pour un montant qu'il refuse de communiquer.

Annoncé tambour battant en 2013, la création de la coentreprise Listel SA devait servir de très grandes ambitions dans le secteur du rosé. Vranken pensait booster sa production de l'usine de Villeroy (Hérault) de 33 à 40 millions de bouteilles de rosé en trois ans en s'appuyant sur le réseau de distribution de Castel en Chine, en Russie et en Afrique. Le chiffre d'affaires devait bondir de 70 millions d'euros en 2012 à 90 millions d'euros en 2015. Selon Paul-François Vranken, le patron de la maison de champagne, il s'est établi à 86 millions d'euros en 2016. Le reste de l'activité rosé, dont les vins de Camargue, que conserve le groupe, a enregistré des ventes de 38 millions d'euros l'an dernier. Selon le document de référence, le résultat opérationnel courant (Roc) de l'activité Rosé hors Listel a été divisé par deux en un an, de 5,4 millions d'euros à 2,3 millions. En revanche, au premier semestre 2017, le chiffre d'affaires a fait un bond de 12,5 %, à 10,8 millions d'euros. Le groupe n'a pas souhaité commenter.

Par ailleurs, le champenois s'est lancé dans la production d'un vin pétillant (95 % chardonnay) aux Etats-Unis sous la marque Louis Pommery California qu'il juge « très prometteur ». Vranken estime que ce nouveau vin va lui permettre de « conquérir des parts de marché sur un segment en très forte croissance. Grâce à l'effet croisé de la publicité et de la notoriété, la marque Pommery se développera ». Ainsi, l'activité américaine de Vranken Pommery devrait gagner 10 % de chiffre d'affaires supplémentaires. Les vins pétillants rencontrent beaucoup de succès aux Etats-Unis, les « sparkling » plus que le champagne, parce que vendus à des prix très accessibles.

Léger recul de l'export

Selon Stanislas Thierry, le directeur marketing de Vranken Pommery America, le pétillant californien n'est pas destiné au marché français. En revanche, l'exportation au Japon et au Canada a commencé. Sur le marché américain, qui est le plus rentable au monde pour le vin et les spiritueux, Vranken n'est encore que très faiblement développé. Il n'y réalise que 5 % de son chiffre d'affaires. Le groupe, pour qui la France représente plus de la moitié de ses livraisons de champagne, y a accru ses ventes de près de 3 % en 2016, à 175 millions d'euros, tandis que l'export a reculé de 1 %, notamment en raison de la dévaluation de la livre sterling consécutive à l'annonce du Brexit.

Marie-Josée Cougard, Les Echos

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Le concours Un des meilleurs ouvriers de France 2018


mercredi 26 juillet 2017 11:40 Journal l’Hôtellerie

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Dans chaque catégorie, par métier, on sait désormais combien de candidats sont inscrits pour la session 2018. Les épreuves qualificatives commencent d'ici la fin de l'année pour certains, pour d'autres comme la cuisine, tout aura lieu en 2018 dans différentes villes de France. Combien d'entre eux porteront le col bleu-blanc-rouge ?

Dans les métiers de la restauration

Cuisine, gastronomie   651

Sommellerie       97

Maître d'hôtel, du service et des arts de la table       58

Barman-barmaid 29

 
Dans les métiers de l'alimentation

Boulangerie        112

Boucherie-étal    85

Pâtisserie, confiserie    51

Charcutier-traiteur, traiteur, charcutière-traiteure, traiteure        48

Poissonnier, écailler, poissonnière écaillère    46

Fromager, fromagère   43

Torréfacteur, torréfactrice    40

Primeurs    39

Chocolaterie confiserie         20

Glaces, sorbets, crèmes glacées     16


Dans les métiers du commerce, des services et de l'hôtellerie

Gouvernant- gouvernante des services hôteliers       32

Réceptionniste en hôtellerie 24
www.meilleursouvriersdefrance.org

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Philippe Bourguignon papillonne sur les mots du vin

Publié le 25/07/17 par Maurice Beaudoin

Papilles de Philippe Bourguignon

Philippe Bourguignon, ancien directeur général du restaurant Laurent, dans les jardins des Champs-Elysées, et meilleur sommelier de France 1978, pilote un numéro consacré exceptionnellement au vin pour l'association des bibliothèques gourmandes.

110 pages passionnantes d'une écriture brillante.

On découvre, près de Nemours, "un vin qui ferait danser la guillotine", près d'un article du savant Jacques Puisais qui explique que "le vent apporte à chaque millésime ses empreintes". En haut du mont Athos, le moine Epifanios fait goûter un magnum d'Epifanis 2010, notes balsamiques et mentholées, aromatique superbe, fine, complexe, très fraîche.

On apprend aussi que "la cave va de la terre au ciel", selon Gaston Bachelard. Quant au linguiste Alain Rey, il pense que l'amateur de vin est fatigué d'avoir à écrire coteau sans accent, mais côtes de Beaune avec un circonflexe. Une lecture qui régale. Comme cette phrase de Winston Churchill, peu avant le débarquement : "Souvenez-vous, messieurs, ce n'est pas seulement la France que nous libérons, c'est le champagne."

Papilles, 20 €
wwwbibliothèquesgourmandes.com


En savoir plus : http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o133070-philippe-bourguignon-papillonne-sur-les-mots-du-vin#ixzz4o0nnQVJY

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Le Cambodge, nouveau venu sur la carte viticole asiatique

Publié le 26/07/17 par Jean-Baptiste Ancelot - WINE Explorers

Cambodge

Photo : Wine Explorers

Parti de Birmanie de bon matin, je suis très excité à l’idée de débarquer au Cambodge. J’ai entendu dire qu’il y avait un petit domaine perdu dans la campagne de Battambang et je compte bien mettre la main dessus !

Où se trouve-t-il exactement ? À quoi ressemble-t-il ? Pourquoi avoir planté de la vigne au Cambodge ? Autant de questions auxquelles il me tarde de trouver des réponses… En route pour une exploration hors des sentiers battus des plus rocambolesques.

Un vignoble bien caché

Croyez-vous-en la bonne étoile ? Personnellement, oui. À chaque fois que je me suis retrouvé au pied du mur dans cette formidable aventure, j’ai toujours eu la chance de croiser une personne pour me remettre sur le bon chemin. J’en suis d’ailleurs reconnaissant chaque matin.

Ma bonne étoile cambodgienne se nomme Visooth Lohitnavy (propriétaire du domaine GranMonte en Thaïlande et que j’avais rencontré trois semaines plus tôt). Il a croisé il y a quelques années de cela Mr Chan Thaychheoung, le propriétaire du fameux domaine cambodgien, et m’a proposé de nous mettre en relation. Quelle veine !
Après quelques brefs échanges dans un anglais sommaire, mais efficace, me voilà débarqué à +Cambodge/@33.3124809,47.9262398,3z/data=%214m5%213m4%211s0x3110169a8c91a879:0xa940aaf93ee5bbfa%218m2%213d13.3670968%214d103.8448134">Siem Reap avec pour seule indication, qu’il me faut prendre un bus demain jusqu’à +Cambodge/@12.9828667,101.7288817,7.21z/data=%214m5%213m4%211s0x31054996eaddd7e5:0x9c55ce955ce9e393%218m2%213d13.09573%214d103.2022055">Battambang. C’est tout. Je ne sais ni où, ni à quelle heure prendre le bus. Le staff de la maison d’hôtes dans laquelle je suis hébergé pour la nuit ne parle pas anglais. Il m’envoie à la blanchisserie voisine, où la patronne semble avoir l’habitude d’aiguiller les voyageurs. "C’est 6$ pour Battambang, départ à 10h".

Cambodge

Le lendemain, un mini bus passe me récupérer. Il est rempli d’une dizaine de sympathiques voyageurs. J’apprends que l’on a tous payé un prix différent, entre 5 et 7$. C’est un peu à la tête du client, paraît-il. Direction la gare ferroviaire à la sortie de la ville – car les bus sont interdits dans Siem Reap. Après 200 km, une circulation quelque peu chaotique sous un soleil de plomb et quelques 4h30 de route plus tard, j’arrive avec presque 2h de retard à un “arrêt de bus“, qui n’est autre qu’un petit shop littéralement perdu au milieu de nulle part.
Je m’interroge : j’espère que je suis au bon endroit et que mes hôtes auront eu la patience de m’attendre.

Cambodge

Dehors, une douzaine de cambodgiens fait le pied de grue sur le bord de la route, portant à bout de bras des pancartes, toutes faisant la réclame de leur Guest House. Un peu plus loin, à l’écart, Mr Chan Thaychheoung et son fils Chan Senghong sont là. Ils m’attendent, le sourire aux lèvres et me font de grands signes. Quel accueil ! Nous ne nous connaissons pas encore mais j’aime déjà cette famille. Ils dégagent une telle énergie positive.
L’aventure vin peut enfin commencer. Et commence par un mémorable diner.

Chan Thay Chhoeung Winery, l’unique

Mr Chan Thaychheoung a une histoire aussi touchante. Amoureux de vin dès l’âge de 21 ans, il décide à l’époque d’acheter une vingtaine de pieds de vigne, qu’il tente de faire pousser dans son jardin. L’échec. Mettant son rêve de côté, il devient fermier, et comme beaucoup d’autres producteurs dans la région, fait pousser des oranges. Mais la compétition est forte autour de chez lui.

Cambodge

Il se met donc à réfléchir : il aimerait faire pousser un fruit différent de ceux des autres fermiers cambodgiens. Il se souvient alors de sa tentative infructueuse de jeunesse et l’idée lui prend de se mettre à contre courant de la profession en faisant pousser du raisin – chose unique dans le pays.
Mr Chan Thaychheoung commence prudemment avec 9 plants du cépage rouge black queen, histoire de voir. Il réussit son premier vin en 2004, avec quelques bouteilles produites pour les amis et la famille. C’est la révélation. Chan Thay Chhoeung Winery est né. Dans la foulée, il plante 3 hectares de black queen et quelques pieds de shiraz, un cépage qu’il affectionne tout particulièrement. Un investissement conséquent et un pari risqué : il joue toutes ses économies.

Cambodge

Travailleur infatigable, il agrandit petit à petit son vignoble, toujours en réinvestissant chaque sou de son petit capital. En 2013, il achète des pieds de shiraz en provenance d’Israël et plante 3 hectares supplémentaires. Aujourd’hui, il en compte 10 hectares.
Pour l’heure l’équipement est modeste. Le vin est vinifié dans des bonbonnes en verre. Qu’importe, Rome ne s’est pas construite en un jour. Ils viennent d’ailleurs d’investir dans 3 cuves inox made in China pour l’an prochain, avec une capacité totale de production de 7.000L.

Jus de fruit, éducation et pédagogie

Cette année, la saison des pluies a été très intense et la récolte n’est pas à la hauteur.

Cambodge

Résultat, pas de vin produit et un focus sur l’élaboration d’un (excellent) jus de raisin organique maison 100% syrah, qui fait le bonheur des papilles et dont je me suis délecté à de nombreuses reprises.
Nous dégustons la production de l’an passé. Un vin atypique, également issu du cépage syrah et loin des standards européens. Mais qui remis dans son contexte et accompagné de quelques glaçons (c’est une coutume ici), rafraîchit le palais et accommode très bien les plats à base de légumes fermentés.

Cambodge

Mr Chan Thaychheoung me fait visiter avec beaucoup de fierté le jardin pédagogique qu’il a créé en face de chez lui. Un véritable musée à ciel ouvert, où les cambodgiens viennent en nombre admirer la vigne, une plante qui jusqu’alors leur était inconnue.
"Il est important que nous éduquions les locaux en leur montrant à quoi ressemble une vigne et comment pousse une grappe de raisin". Un véritable succès, où chacun des touristes en visite semble repartir conquis, sirotant un verre de jus de syrah à la paille.

Bambou Train & Angkor : deux incontournables

Un peu de fun ce week-end, avant le départ pour le Vietnam, à bord du “train de bambou“, une attraction incontournable dans la région de Battambang que j’ai le plaisir de découvrir avec la famille Chan. Il s’agit d’un genre de draisine motorisée constituée d’une plate-forme de bambou, qui permettait dans les années 70′ au personnel chargé d’entretenir les voies ferrées de se déplacer, puis dans les années 80′ à amener les soldats et leurs alliés vers le front.

Cambodge

Ce qui en fait son charme et son attractivité indéniable pour les touristes du monde entier : un seul rail pour deux sens de circulation. Du coup, lorsque l’on rencontre un train arrivant dans l’autre sens, on s’arrête et on démonte l’un pour laisser passer l’autre. Et à une vitesse maximum de 50km/h, ça secoue drôlement. Mieux vaut garder une main sur son chapeau.
Autre lieu immanquable et des plus spectaculaires : Angkor, à Siem Reap, avec ses temples classés au patrimoine mondial par l’UNESCO. Lever à l’aube (les guichets ouvrent à 5h du matin et sont pris d’assaut), pour un moment inoubliable et magique.

Cambodge

Voir se lever le jour sur le temple d’Angkor Vat – le plus grand des temples du complexe – est un moment unique. Il y a un côté mystique à voir se dessiner soudain dans la nuit les colonnes gigantesques de cet édifice sculpté de toutes parts. Comme le monde est beau quand il est vu sous cet angle…
Alors bien sûr, le Cambodge présente (encore) toutes les difficultés pour l’élaboration de vin : des températures extrêmes, une saison des pluies en été et une forte humidité constante. Sans compter un manque d’accès à des équipements de pointe. Qu’importe. Ici, on fait du vin avec les tripes, tout est vendu sur place, et en plus les gens reviennent. Comme quoi, un vin peut toujours trouver chaussure à son pied.

WineExplorers’ment vôtre,

JBA

Merci à Mr Chan Thaychheoung et à sa famille pour leur accueil extraordinaire et pour m’avoir ouvert leur maison avec tant de simplicité et de gentillesse. Merci à son fils, Chan Senghong, pour avoir été un si bon guide et pour m’avoir fait découvrir la magie de Battambang. Enfin, merci à Visooth Lohitnavy (propriétaire du domaine GranMonte en Thaïlande), pour cette précieuse mise en relation.


En savoir plus : http://avis-vin.lefigaro.fr/vins-du-monde/carnet-de-voyage/o133096-le-cambodge-nouveau-venu-sur-la-carte-viticole-asiatique#ixzz4o0rKhIeJ

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Vers un nouvel âge d'or des vins géorgiens ?

Publié le 26/07/2017 - 09:45

par Stéphane Badet

La Géorgie peut se revendiquer comme le berceau mondial de la viticulture.

Avec 8000 millésimes, la Géorgie peut se revendiquer comme le berceau mondial de la viticulture.
Le vin, (en géorgien gvino) joue un rôle central dans la vie économique, sociale, culturelle et religieuse géorgienne depuis des millénaires. Il y est, hier comme aujourd'hui, bu abondamment lors de fastes repas ponctués de toasts, et les treilles entourant les monastères orthodoxes sont un élément incontournable du paysage.
 

Une vinification traditionnelle à la maison et dans les domaines modernes

Si les vignobles sont de nos jours à la pointe de la technologie viticole, parallèlement nombreuses sont les familles géorgiennes productrices et consommatrices, perpétuant une tradition familiale de vinification. Il n’est pas rare encore en 2017, selon Giorgi Samanishvili, président de l'Agence des Vins géorgiens, de trouver encore des ateliers de vinification au 9ème étage d’un immeuble du centre ville de la capitale Tbilissi !
La consommation géorgienne est une des plus importante au monde avec 25 litres/an/hab en moyenne, essentiellement de ce vin fait-maison. « La cave à vin est encore considérée comme le lieu le plus sacré du foyer » selon les termes même de l’Unesco, à l’occasion du classement au patrimoine mondial de l'Unesco en 2013 de la méthode de vinifcation en Qvevri. Le qvevri, jarre de terre cuite enterrée pouvant contenir plusieurs milliers de litres est utilisée pour la fermentation et le stockage du vin en Géorgie depuis environ -6000 av. JC.

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Histoire: la douloureuse parenthèse soviétique

On situe traditionnellement l’âge d'or de la viticulture en Géorgie au 19ème siècle. C'est à cette époque qu'une poignée d'aristocrates donnent leurs lettres de noblesse au vin local. Des personnalités comme le Prince Alexander Chavchavadze, le Prince Ivane Bagration de Mukhran, le Prince Kipiani.etc… sont d'une importance capitale dans l'évolution du vignoble. Ils ont en commun une relation étroite avec l'Europe et importent à la suite de leurs voyages en France un savoir-faire qui perfectionnera les techniques de production géorgiennes. En 1889, le vin géorgien est présent et médaillé à l'exposition universelle de Paris.

Ainsi sous l'Empire russe les vins géorgiens possèdent une image de « vins de la cour des tsars ». Ils sont tant appréciés, que le besoin de satisfaction à tout prix de la demande conduit à une détérioration significative de leur qualité, les méthodes traditionnelles étant délaissées au profit de la quantité.

En 1921, l'annexion par l'URSS de la toute jeune République Démocratique de Géorgie (1917-1921) est accompagnée d’une désorganisation de la production, d’expropriations et de la nationalisation de l'ensemble des propriétés viticoles. L'administration soviétique impose alors 70 années d’une stratégie purement productiviste.
Selon l’Agence des vins géorgiens, de nombreux cépages autochtones produisant en hectolitres faibles des vins d’une qualité notable ont été durant cette période remplacés par des greffes plus productives.

Cette approche intensive n'a paradoxalement pas empêché l'URSS de considérer le vin comme un produit alcoolique plus que comme un produit agricole noble, et donc de soumettre sa culture à la «loi sèche» de Gorbatchev. En témoigne l’arrachage massif exigé par l'administration soviétique de milliers d'hectares de vignes saines lors de la campagne de 1986.
 

De la "loi sèche" prohibitioniste à la loi "de la vigne et du vin"

La chute de l'Union en 1991 laissa place à la guerre civile, aux revendications indépendantistes qui morcellent encore le pays. En 1995, Edouard Chevardnadzé est élu; la Géorgie retrouve une relative accalmie.
georgie_cepage_rouge.jpgCette période de stabilité politique donnera en 1998, naissance à la loi «De la vigne et du vin », cadre législatif actuelle de la viticulture. Cette loi fait notamment du secteur une priorité de l'économie nationale, établit une liste des cépages nationaux, définit les zones viticoles, et surtout place l'entièreté du secteur viticole sous le gouvernement du Ministère de l'Agriculture via le département de la Vigne et du Vin «Smatresti».
A titre comparatif, il aura fallu attendre 2013 pour que la Russie retire le vin de la catégorie « produits alcooliques», 2017 pour la Moldavie.

Les crises russo-géorgiennes se sont ensuite succédées. Celle de 2008 entraîna l'embargo du Kremlin sur les produits géorgiens. Les producteurs locaux furent alors contraints de s’affranchir de leur partenaire commercial traditionnel, de pénétrer d'autres marchés en privilégiant la qualité.
 

« Des vins atypiques que personne n’a bu depuis 50 ou 100 ans » comme stratégie commerciale

Aujourd'hui, la production officielle est de 1,2 million l’hl de vin. Ce qui place la Géorgie dans le top 20 des producteurs mondiaux avec un vignoble estimé à 48 000 ha pour 450 vinificateurs commercialisant. Ajoutons-y une myriade de producteurs de raisin (probablement plus de 100 000 !).

La Géorgie reste donc un producteur de taille très modeste en termes de volume, mais son positionnement sur une niche du marché mondial et ses axes de communication sont clairement établis : avec ses 8000 millésimes, la Géorgie est le berceau du monde du vin, on y élabore des vins atypiques que personne n’a bu depuis 50 à 100 ans.

Levan Kitia, du Georgian Wine Club résume parfaitement la stratégie de développement :

Si nous voulons créer notre propre niche sur le marché international, nous devons ressusciter ce qui rend nos vins si spéciaux : les techniques ancestrales et les variétés de vins.

Ces vins uniques sont issus de l'incroyable bio-diversité de variétés endémiques de 525 cépages différents, dont une trentaine seulement sont actuellement cultivés.


525 cépages récensés dont le fameux Saperavi

Le plus répandu en rouge, mais aussi le plus connu et qualitatif est le Saperavi. Originaire de Kakhéti, région réputée comme terroir le plus riche du pays, il produit des vins structurés, vigne_georgie.jpgtanniques, colorés, aromatiques, avec un beau potentiel de vieillissement et en conséquence facile à appréhender pour le consommateur.
Il côtoie les incontournables merlot et autres cabernet qui semblent actuellement indispensables, même en Géorgie, à un assemblage capable de séduire le consommateur mondial.

Du côté des blancs, le Rkatisteli et Mtsvane, sont les cépages autochtones les plus appréciés en monocépage ou assemblés.
 

Des méthodes de vinifications traditionnelles utilisées pour exporter du vin haut de gamme

Le retour aux méthodes ancestrales géorgiennes pour faire renaître le vin géorgien traditionnel et pour un positionnement haut de gamme. Même si elles ne sont pour l’heure utilisées que sur 2% des volumes produits les méthodes ancestrales de vinification et d’élevage en qvervi pour faire renaître le vin géorgien traditionnel sont remises au goût du jour par quelques vignerons.

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George Margvelashvili, œnologue pour Tbilvino Wine Company détaille: 

Au contraire du bois, la terre cuite des qvervi n'ajoute aucun goût au vin, mais aide au développement des arômes fruités et des tanins.

Le Classement UNESCO de cette méthode ajoute une haute valeur ajoutée pour des vins dont les prix peuvent dépasser les 60 € la bouteille et agit comme un véritable aimant pour les touristes curieux de découvrir la culture géorgienne.

vin_haut_de_gamme.jpg

Mais après des décennies de stratégie productiviste soviétique, la ré-orientation qualitative est toujours en cours. Afin de produire des vins modernes, plus adaptés au consommateur, en augmenter la qualité, maîtriser les cépages autochtones et les méthodes d’élaboration traditionnelles tout en gardant la typicité, les investissements privés sont massifs.
Cette démarche qualitative de différenciation est facilitée par des conditions naturelles idéales, une multitude de terroirs qualitatifs, la grande variété de sols et de micro-climats, et s’appuie enfin sur une exigeante règlementation, encadrant les pratiques de production se basant en particulier sur le développement d’appellations d’origine (près d’une vingtaine déjà identifiées) de niveau européen.

Avec l’appui technico-économique d’experts étrangers, une nouvelle génération de producteurs géorgiens est donc à la manœuvre, avec la volonté commerciale de diversifier leurs marchés au-delà du traditionnel et imprévisible client russe.

Si 40% de la production est d’ors et déjà exportée, essentiellement vers les voisins d’Asie centrale, la Russie ou la Chine, persister dans la production de vins uniques au monde, résultats de l'assemblage de cépages endémiques et internationaux, est un choix qui devrait permettre à la Géorgie de se faire mieux connaître, de se différencier et de consolider l'exportation vers les marchés occidentaux et asiatiques.
 

Le vin et le tourisme comme enjeux politiques forts

Forte de ses 69 000 km2 (soit la superficie de la région Occitanie) et de ses 3.7 millions d’habitants, la Géorgie est un grain de sable à l’échelle géographique mondiale. Néanmoins le vin y occupe une place fondamentale culturellement et politiquement parlant.

ministre.jpgLa visite en juin dernier à Vinexpo du Ministre de l’Agriculture géorgien L. Davitachvili en est une excellente. Levan Davitachvili, a successivement occupé des postes de direction aux domaines Tsinandali (2002-2005) et Schuchmann (2009-2012) en étant parallèlement membre puis Président du Comité du Syndicat des Producteurs Viticoles géorgiens. Il devient en 2011 président de l'Agence Nationale des Vins géorgiens et entre au Ministère de l'Agriculture en tant que vice-Ministre en 2014 avant d'en prendre la tête. Le gouvernement du Président Margvelashvili pouvait-il émettre plus clair signal pour soutenir le vignoble géorgien ?
Imaginons que Michel Rolland soit demain nommé au Ministère de l'Agriculture, le message serait de force équivalente.

L'effort des producteurs est ainsi accompagné par une volonté politique réelle de développement de la filière : aides financières, signature d’accords de libre-échange avec certains pays stratégiques comme la Chine (l'accord signé en mai 2017 permet aux vins géorgiens d’être taxés à 0% à la frontière chinoise), et enfin par une stratégie de promotion solide à l’échelle mondiale. Cette volonté s'exprime par une présence systématique sur les grands salons internationaux (Vinexpo, Prowein…), l’organisation de dégustations pointues, une coopération fiable dans la préparation de la première exposition temporaire de la Cité du Vin de Bordeaux dont la Géorgie, en tant que berceau du vin, est le premier pays invité.

pavillon_2.jpgL'oeno-tourisme a sa place dans la stratégie gouvernementale et promet de devenir un véritable relais de croissance pour les viticulteurs locaux. En effet, la Géorgie bat chaque année ses records de fréquentation touristique (près de 7 millions de touristes l’an passé, en progression tous les ans de 7 à 8%) et les producteurs locaux aimeraient capter une partie de cette manne à domicile. L'enjeu est de taille : si la Géorgie est clairement identifiée « pays du vin » pour les populations de l'ex-URSS et possède déjà les infrastructures (complexes hôteliers, masterclass etc.) permettant de contenter ce public, les connaisseurs européens et américains, plus pointus, ne seront attirés et séduits que par des domaines aux crus et chais d'exception. Ici la richesse des paysages de suffira pas.

Si le gouvernement actuel a décidé de s'éloigner politiquement de Moscou, les liens économiques restent solides avec la Russie (la Russie est derrière la Turquie le deuxième partenaire commercial de Tbilissi en 2015). Les années à venir diront, si la Géorgie aura réussi à négocier le virage qualité vers les normes européennes de production et de consommation, et à se désengager des marchés traditionnellement accessibles dans de sa production viticole (Russie, Asie Centrale…), les crus d'exception qui nous parviennent en France devenant ainsi la règle.
 

Stéphane Badet et Tiphaine Lucas chargée de mission Agence de coopération internationale région Nouvelle Aquitaine

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Les sommeliers maîtrisent l’art du discours subtil et recherché pour décrire un vin dans son exactitude. Souvent pompeuses, parfois exagérées selon le commun des mortels, ces descriptions qui peuvent pour certains être perçues comme du charabia ont en réalité un but précis. D’après une récente étude, ces beaux discours permettraient de vous rendre plus enclin à apprécier le vin lors de sa dégustation. 


En savoir plus : http://www.gentside.com/description/la-description-d-039-un-vin-pourrait-influencer-positivement-notre-avis-lors-de-la-degustation_art81045.html
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La description d'un vin pourrait influencer positivement notre avis lors de la dégustation

En savoir plus : http://www.gentside.com/description/la-description-d-039-un-vin-pourrait-influencer-positivement-notre-avis-lors-de-la-degustation_art81045.html
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La description d'un vin pourrait influencer positivement notre avis lors de la dégustation La description d'un vin pourrait influencer positivement notre avis lors de la dégustation Les sommeliers maîtrisent l’art du discours subtil et recherché pour décrire un vin dans son exactitude. Souvent pompeuses, parfois exagérées selon le commun des mortels, ces descriptions qui peuvent pour certains être perçues comme du charabia ont en réalité un but précis. D’après une récente étude, ces beaux discours permettraient de vous rendre plus enclin à apprécier le vin lors de sa dégustation. Selon une étude publiée dans la revue Food Research International et dirigée par l’Université d’Adelaide en Australie, les descriptions concernant un vin, influenceraient positivement notre appréciation de celui-ci. En bref, plus on reçoit d’informations de qualité sur un vin, plus on est prédisposé à le trouver bon. L’étude a été menée sur 126 consommateurs réguliers de vin qui ont été soumis à trois manières différentes de déguster un Chardonnay, un Riesling et un Sauvignon blanc. Pour la première dégustation, il s’agissait d’un test à l’aveugle. La deuxième dégustation était quant à elle accompagnée d’une "présentation sensorielle basique". Pour finir, le vin était dégusté à la suite d’une description beaucoup plus élaborée. C’est avec le troisième mode de dégustation que le vin récoltait les retours les plus positifs de la part des participants. Ceux-ci ont même déclaré qu’ils étaient prêts à dépenser plus d’argent pour un vin ayant reçu une description fournie. Le consommateur et son palais sont donc touchés positivement par le monologue recherché du sommelier. Selon les mots des chercheurs, la description des caractéristiques avant la dégustation pourrait "entraîner une augmentation des attentes chez le consommateur, une appréciation décuplée, ainsi qu'une réponse émotionnelle plus positive." L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération. Publié par Chloé Delaporte, le 25 juillet 2017

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