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04 mars 2017
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La minéralité dans le vin : une thèse de doctorat


26 février 2017 — Marc André Gagnon

http://vinquebec.com/node/14025

altLe mot est à la mode. Il est de plus en plus employé. Il est l'objet de plusieurs interprétations. Il est aussi contesté. D'où vient donc cette minéralité que certains disent percevoir dans le vin?

Le sujet fait même l'objet d'une thèse de doctorat !
«Minéralité des vins : Parlons-en !» La conceptualisation d’un descripteur sensoriel mal défini. Thèse présentée en octobre dernier par Heber Rodrigues Silva dans le but d'obtenir le titre de docteur de l'Université de Bourgogne en science de l'alimentation.

Ce terme de minéralité est de plus en plus utilisé depuis 20 ans, et surtout pour les vins blancs, la première utilisation écrite de ce mot associé au vin aurait été faite en 1943, par Margerite Duras dans son oeuvre «Les Imprudents», nous rapporte M. Herber Rodrigues Silva.

«Pour leur délier de la langue qu’ils retenaient d’habitude (comme si parler en semaine eût été pécher), le vin d’Uderan faisait merveille, un vin blanc un peu sec, qui avait pris la saveur minérale des plateaux
Les Imprudents – Margueritte Duras (1943)

C'est surtout à partir des années 1980 que le mot est répandu par les producteurs, communicateurs, vendeurs de vin et chroniqueurs de vin.

Pour sa thèse, l'auteur commence par recenser les études faites sur le sujet; entre autres celles de Ballester (2013); d'Heymann, Hopferet Bershaw (2014) et de Parr (2015).

Il note qu'il n'y a pas consensus entre les chroniqueurs vin sur l'usage et la signification de ce mot.

Puis, il décide de choisir d'étudier les vins de Chablis. Des vins dont les vignerons et journalistes disent qu'ils sont très minéraux. Il fait enquête auprès d'une quarantaine de vignerons de l'appellation, fait analyser et fait goûter ces vins à des vignerons de Chablis et des connaisseurs de Bourgogne. Ce sont des vignerons de la rive gauche et de la rive droite du Serein, une rivière du Chablis.

Minéralité: une qualité
«Cette étude nous a permis finalement, de vérifier que pour un certain nombre de producteurs et de consommateurs la minéralité renvoie à une notion de qualité.»

Toutefois, l'auteur se demande si la toponymie est la seule raison de ce surcroit de minéralité
Il émet l'hypothèse que les vignerons qui recherchent cette minéralité, considérée par eux copmme étant une qualité, font peut-être le vin de manière a obtenir cette minéralité.

«Quatre types de production de vins ont été révélés à partir des pratiques de viticulture et d’oenologie de producteurs chablisiens. A partir des enquêtes de minéralité nous avons étudié les croyances des producteurs. Les résultats suggèrent que certains producteurs, quelle que soit leur classe, ont une représentation de la minéralité qui dépendrait davantage de la façon dont ils font leur vin que l'inverse.»

Donc, la façon de faire le vin engendrerait la minéralité.

Deux conceptions de la minéralité
L'auteur a aussi observé que les dégustateurs expérimentés ont des conceptions différentes de la minéralité.

«Un manque de consensus dans la conception de la minéralité des juges experts a été mis en évidence, révélant deux groupes d’experts ayant une conception très différente de la minéralité. Pour le premier groupe la minéralité est associée aux descripteurs acidité, vivacité et fraîcheur et opposée à miel/cire (marqueurs d’oxydation). Pour le deuxième groupe la minéralité a été associée aux descripteurs craie et calcaire et opposée aux descripteurs de réduction (souffre/réduit/oeuf pourri).»

altConditions topoclimatiques
Certains vins de Chablis sont plus minéraux que d'autres selon les résultats de dégustation à l'aveugle des vignerons et des dégusteurs.

«Les résultats ont montré que les vins provenant de la rive gauche du Serein sont marqués par une minéralité plus élevé que les vins de la rive droite.»

Qu'elle en serait la raison? Le méthanethiol, selon le chercheur. «Le méthanethiol, un thiol responsable de certains arômes de réduction, impliqué dans l'arôme de fruits de mer/coquillage et exerçant un effet de masquage sur les nuances aromatiques florales et fruitées, est présent à des concentrations plus élevées dans les vins issus des vignobles du côté gauche (plus minéral) que du côté droit de la rivière.»

L'orientation, le sol, le microclimat, les conditions topoclimatiques de la rive gauche de Serein donneraient des vins plus minéraux.

Qu'est-ce que cette minéralité?
Elle est souvent opposée aux sensations fruitées et oxydées.
«La minéralité est associée à une gamme de sensations aromatiques, gustatives et/ou tactiles (pierre, salinité, acidité, fraicheur, pierre-a-fusil, fumé). Dans le chapitre 5, nous avons vu que les experts, lors d`une séance d`analyse sensorielle, ont associé positivement la minéralité et les arômes de coquillage et, par la suite ces aromes ont été associés avec la présence de methanethiol. Au contraire, la minéralité était opposée aux arômes floraux, fruités et à ses responsables chimiques comme les cinnamates et les norisoprenoïdes.»

«En comparant la position des climats sur les deux rives du Serein (rivière qui traverse le vignoble de Chablis), on observe que la minéralité est plus présente dans les climats positionnés sur la rive gauche, tandis que les fruits et fleurs sont plus présents dans les climats positionnés sur la rive droite.»

«Si le producteur a compris la minéralité comme étant marquée par les arômes de coquillage et fruits de mer, il l`a également compris comme l`absence de fruits et de fleurs. Dans cette thèse nous avons observé que la pensée des producteurs (chapitre 2 et 3) et leur perception sensorielle de minéralité (chapitres 4 et 5) sont dans la plupart du temps, positivement associées. Le manque de fruit et de fleurs dans les vins de la rive gauche (plus minéraux) pourrait être du a un effet de masquage de ces arômes par le méthanethiol, très présent dans les vins dits « minéraux » de notre étude. Le méthanethiol est un gaz incolore de la famille des thiols dont l'odeur rappelle celle du chou pourri et semblerait être impliqué, en faibles quantités, dans des arômes marins. Dans le vin, ce composé est généralement associé aux arômes de réduction.»

L'étude a démontré que la composition chimique des vins des deux côtés du Serein est différente. Ceux de gauche contiennent plus de méthanethiol (MeSH ou méthylmercaptan) et moins de norisoprenoïde et moins de cuivre. C'est l'inverse pour les vins de l'autre rive.

Conclusion de la thèse
M. Rogrigues Silva dit qu'il faudrait pousser plus loin les recherches sous d'autres climats. «Bien que l’origine chimique de la minéralité n’ait pas été complètement élucidée, des pistes sur le caractère multimensionnel de ce descripteur sensoriel ont été confirmées et le rôle que peut jouer les arômes réducteurs a été mis en évidence par l’étude sur l’effet du vieillissement et lors de l’association possible entre minéralité et méthanethiol. En effet, ce composé est responsable de l’arôme de coquillage, une des dimensions sensorielles de la minéralité. En plus, cette molécule a été opposée à deux molécules responsables des arômes floraux et fruités : les cinnamates et les norisoprenoïdes.»

Finalement
Est-ce que l'on est plus avancé? Oui et non! C'est dans le sol, dans la fermentation ou dans la tête?
Peut-être dans les trois.
Quoi qu'il en soit, il nous arrive souvent de détecter ces aromes et saveurs dites minérales, particulièrement dans les vins blancs, les vins blancs acides. Surtout lorsque ces flaveurs ne sont pas masquées par le bois, le sucre ou des aromes et saveurs d'oxydation.

En annexe de sa thèse, Herber Rodrigues Silva ajoute des images regroupant les mots qui évoquent cette minéralité pour les vignerons de Chablis et pour les consommateurs.

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«Minéralité des vins : Parlons-en !» La conceptualisation d’un descripteur sensoriel mal défini
Thèse présentée en octobre 2016 par Heber Rodrigues Silva dans le but d'obtenir le titre de docteur de l'Université de Bourgogne en science de l'alimentation. Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation à Dijon, France. 181 pages.

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http://www.winetourisminfrance.com/fr/breves/2196_vezelay_a_coups_de_slogans.htm

Vézelay à coups de slogans


 25-02-2017

 

Le vignoble de Vézelay va cette année voir son appellation passer de « Bourgogne Vézelay » à « Vézelay ». Du coup, « un groupe de travail composé de vignerons et de personnalités locales » s'est réuni pour « réfléchir aux valeurs et aux messages » à associer au vignoble et à ses vins. En effet « ce passage en appellation « village » est une étape importante » et ils souhaitent « en profiter pour reprendre à zéro toute la communication autour des vins de Vézelay ». A l'issue de cette réunion, ils ont retenu trois propositions de slogan et associent maintenant tous ceux qui le souhaitent à voter sur internet pour ou contre leurs propositions.

Le « marketing territorial » est coutumier de cette démarche bâclée et à l’envers qui consiste à inventer un slogan plutôt que de travailler à comprendre - et à faire comprendre - la personnalité propre et unique d’un territoire, en l’occurrence ici d’un vignoble.

Vézelay, vignoble lumineux !

Les slogans trouvés, chacun dûment accompagné de son point d’exclamation, font plus ou moins l’affaire : Vézelay, Le Bourgogne inspiré ! Vézelay, buvez l'autre Bourgogne ! Vézelay, se crée en Bourgogne ! Quant à faire vide de sens, on pourrait en inventer foule d’autres : Vézelay, vignoble lumineux ! Vézelay, terroir céleste ! Vézelay, le Bourgogne éternel ! Et l’avantage est de pouvoir recycler ailleurs les slogans non utilisés: La côte dijonnaise, buvez l’autre Bourgogne ! Le Bourgogne-Côtes du Couchois, Le Bourgogne inspiré !

Mais est-ce l’ADN du vignoble ? Est-ce attractif ? Est-ce parlant ? Est-ce pour le consommateur une promesse d'expérience authentique et rare, la « once in a lifetime experience » de nos consommateurs et touristes anglophones ?

Au milieu coule la Cure

Ce petit vignoble à la rose trémière et aux quatre côteaux, aux rives gauche et droite (de la Cure) si distinctes culturellement, qui jadis approvisionna Paris de ses vins un peu austères et marque le départ de la via Lemovicensis ne mérite-t-il pas mieux ?

Consommateurs et œnotouristes sont de plus en plus à la recherche de différence, d’un storytelling unique qu’ils ramèneront chez eux. L’expérience vraie de l’œnotouriste est la découverte de la personnalité d’un vignoble, et cette personnalité est l’élément clé de l’attractivité de ce territoire.

Cette personnalité s’écrit à partir de l’histoire viticole du territoire et de ses patrimoines œnoculturels… Cette démarche de fond est la seule payante dans le monde de plus en plus concurrentiel des vins et du tourisme.

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Le régime des templiers : pourquoi vivaient-ils 30 ans de plus que les autres ?

 

Mioara Stoica -Epoch Times 26/02/2017

Chevaliers au Moyen Âge (CC BY-SA 3.0)

Le régime était obligatoire pour les chevaliers du Moyen Âge. Certains d’entre eux ont vécu jusqu’à l’âge de 70 ans. La base de leur régime alimentaire était constituée de poissons, de légumes et d’herbes, et la viande n’était pas consommée plus de trois fois par semaine.

À une époque telle que le Moyen Âge où l’espérance de vie était entre 25 et 40 ans, les représentants de l’Ordre des Templiers arrivaient fréquemment à vivre au moins le double, dépassant souvent les 70 ans. Un exemple en est Jacques de Molay, qui est mort à 71 ans non pas de cause naturelle mais qui a été condamné à mort et brûlé.

Cela est attesté par des documents historiques se référant à la période du XIe au XIVe siècle, les templiers étaient considérés à cette époque comme ayant une plus grande longévité.

« Il y avait clairement dans leur mode de vie quelque chose leur ayant permis de vivre plus longtemps que les autres hommes de leur temps, et la première priorité était l’alimentation », rapporte le Dr. Francesco Francesci, directeur du service d’urgences médicales de l’hôpital Gemelli à Rome, auteur d’une étude intitulée «  L’alimentation des Templiers : les secrets de leur longévité », publiée en 2016 dans la revue scientifique internationale Digestive and Liver Disease.

Mais en quoi consistait le régime des Templiers ?

Du poisson et des légumes

 

« Les représentants de l’Ordre des Templiers avait un mode de vie ratifié, connu comme la ‘Règle Latine’ », explique le Dr. Francesci. « Elle contenait des chapitres sur le régime et l’hygiène à table. Concernant la nourriture, une règle leur interdisait de manger de la viande plus de trois fois par semaine. Elle était remplacée par du poisson et des légumes en particulier, qui sont les meilleurs sources naturelles de probiotiques et des aliments bénéfiques pour les bactéries permettant une flore intestinale optimale », indique le Dr. Francesci.

En comparaison avec l’alimentation classique de leur temps, qui consistait principalement en viande (particulièrement pour les classes supérieures), les Templiers préféraient consommer une nourriture avec une faible teneur en gras, enlevant le risque de tumeurs du tube digestif et de syndrome métabolique – qui sont toujours un terrain fertile pour le développement de la maladie cardiovasculaire, le diabète et le cancer.

Une hygiène de qualité à table

 

L’hygiène avait son importance à table. Les membres de l’Ordre des Templiers faisaient attention à la propreté et à la qualité des aliments : la salle à manger était toujours bien entretenue et les nappes toujours propres. Il était obligatoire de se laver les mains avant de manger et il était interdit à ceux ayant effectués un travail manuel – comme par exemple les maréchaux-ferrants ou les agriculteurs – de servir la nourriture à table. Une bonne hygiène était de mise au cours du repas.

Les aliments consommés étaient soumis à des contrôles stricts couvrant toute la chaîne de production, de sorte qu’ils consommaient de façon sûre une nourriture de qualité et étaient libérés du risque potentiel de transmission de maladies virales ou parasitaires.

Le Dr. Francesci le souligne : « Les Templiers étaient les précurseurs de l’aquaculture et élevaient les poissons qu’ils mangeaient. De plus ils ne mangeaient pas de viande de gibier et les autres viandes qu’ils consommaient venaient exclusivement d’Europe, considérées comme étant sûres et de haute qualité. »

Un alcool « dilué »

 

Selon les documents historiques, il est clair que leur boisson était bien meilleure. Le vin classique était remplacé par du vin de palme auquel était ajouté de la pulpe d’aloe vera. « Ce type de vin de palme se caractérise par une faible teneur en alcool, et nous savons aujourd’hui que la faible teneur en alcool de ce vin avait des propriétés très similaires à celles de la Cardiospirine. Ce même vin de palme servait à purifier l’eau des parasites et des agents pathogènes », poursuit le Dr. Francesci.

Souvent, l’eau à boire était aromatisée avec du jus de citron ce qui en plus de la désinfecter lui fournit des éléments utiles sur le plan métabolique et pour la prévention des  maladies.

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François Hollande au Sia

« Il faut des vins pour tous les repas »

Samedi 25 février 2017 par

Bertrand Collard

 

Sur Vitisphère

Jérôme Despey (premier plan), François Hollande et Jean-Marie Barillère sur le pavillon des vinsJérôme Despey (premier plan), François Hollande et Jean-Marie Barillère sur le pavillon des vins - crédit photo : R. Cailleau

IFV  

Le président de la République a fait une visite éclair sur le pavillon des vins au salon de l'agriculture. Le temps pour les représentants de la filière de le remercier pour son action et de roder le discours qu'ils tiendront aux candidats à sa succession

A peine 10 minutes, entre 15h35 et 15h45 ce 25 février. C'est le temps qu'a passé François Hollande sur le pavillon des vins au salon de l'agriculture à Paris (Sia). Le temps pour les représentants de la filière de le remercier pour son action passée et de roder le discours qu'ils tiendront à tous les candidats à l'élection présidentielle qui passeront au salon.

"Nous avons besoin d'exporter"

Jean-Marie Barillère est allé droit au but. « Notre secteur va bien, mais il existe des régions qui souffrent, a expliqué le président du Cniv après avoir souhaité la bienvenue au président de la République. Et nous sommes vigilants vis-à-vis de ce qui se passe en Angleterre et aux Etats-Unis ». Une référence au Brexit et au protectionnisme de Donald Trump. « En Chine, nous progressons. Nous avons besoin d'exporter. »

« Vous avez raison, avec les Etats-Unis il faut faire attention », a répondu sobrement François Hollande.

Puis Jerôme Despey le remercie pour avoir permis « le maintient d'une régulation de la production dans la viticulture ». Et il ajoute : « nous avons besoin de garder une OCM spécifique car elle nous permet d'améliorer notre compétitivité ».

Déjà, il est temps d'aller déguster. Au programme : un muscadet sèvre et maine sur lies du domaine Poiron-Babin, un bordeaux rouge Les archers de Labatut et un beaune premier cru des Hospices de Beaune.

Trois vins, trois messages

Servant le muscadet, le sommelier Etienne Laporte explique au président de la République que « le marché britannique est très important pour cette appellation ». François Hollande écoute attentivement. Puis on lui sert le bordeaux. « C'est un merlot, très velouté, très agréable » souligne Etienne Laporte. « Et à un prix acceptable, ajoute François Hollande. Il faut des vins pour tous les repas. »

« Au Japon, le Chili est passé devant la France depuis qu'il a signé un accord abaissant les droits de douane, intervient Jean-Marie Barillère. Il ne faudrait pas que la même chose arrive avec la Chine. Nous avons besoin d'un accord de libre-échange avec la Chine. »

"Je serai là l'an prochain"

Tandis que François Hollande goûte le beaune 1er cru, Jean-Marie Barillère l'invite très chaleureusement à revenir l'an prochain. « Je serai là », promet François Hollande.

Avant de continuer son chemin, répond à une question Vitisphere sur les vins qu'il venait de goûter. « Le muscadet, c'est un vin qui convainc les Britanniques. Le bordeaux, c'est un vin pour tous les marchés export et l'Hospice de beaune, c'est de l'excellence. » C'est terminé. Emporté par son équipe François Hollande poursuit sa visite.

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 Cette start-up vous permet d’aller au restaurant sans payer le vin

25/02/2017 à 16h41                     

VinoResto a négocié avec une centaine de restaurants parisiens un accord original. En réservant par l'intermédiaire de cette start-up, on pourra apporter ses bouteilles pour les marier aux plats du menu.


Qui aurait imaginé qu’une start-up remettrait au goût du jour le droit de bouchon? Qui se rappelle même ce que signifie ce terme quasi juridique? Il s’agit de la possibilité d’apporter sa propre bouteille de vin au restaurant pour la déguster avec les plats concoctés par le chef. En contrepartie, le patron de l’établissement fait payer une somme modique pour couvrir le manque à gagner. VinoResto a réussi à convaincre une centaine de restaurateurs parisiens de redonner vie à cette pratique tombée en désuétude.

"En fait, cela se fait dans beaucoup de pays comme nous l’avons constaté au cours de voyages, mais en France, le droit de bouchon n'est réellement pratiqué que lors de réunions de famille comme les mariages et les baptêmes. Nous avons voulu démocratiser cette pratique", a indiqué Johan Ripoll, cofondateur, à

BFMBusiness.com
. Il a créé ce service en 2016 avec Romain Vendamini. Ils ont été rejoints par Guillaume Blandin qui a apporté ses compétences de développeurs.

 

Pour gagner leur pari, il a fallu convaincre les restaurateurs qu’ils continueraient à gagner de l’argent en abandonnant la marge qu’ils se font sur le vin. VinoResto a donc conçu un modèle "gagnant-gagnant". "À l’inverse des modèles de réservation classiques, nous ne prenons pas de pourcentage sur les additions", signale Johan Ripoll. "Nous nous rémunérons en prenant une commission fixe par couvert".

Explorer les nouvelles tendances de l'oenologie

Mais surtout, pour permettre aux clients d’apporter leur bouteille, ils ont créé des formules. Chaque restaurateur doit en retenir au moins une. Il peut soit exiger un droit de bouchon d'un montant modique (de 5 à 10 euros par bouteille), soit ne rien faire payer moyennant l'achat de bouteilles en complément sur la carte ou la commande d'un menu gastronomique.

Olivier Hagege, un chef parisien a été séduit par l'idée et a décidé de tenter l'aventure en inscrivant son établissement, le "Un, Bistrot Gourmand". "Dans notre activité, le contexte est tendu avec une concurrence de plus en plus serrée à Paris", explique ce restaurateur. "Nous sommes déjà inscrit sur d'autres plateformes, mais celle-là offre un modèle différent".

Le service en ligne lui permet en effet d'attirer une catégorie de clients difficiles à atteindre. "Ce sont des bons vivants qui ne regardent pas à la dépense quand il s’agit de passer un moment entre amis", a indiqué le restaurateur à

BFMbusiness.com
. "Je découvre même de nouvelles tendances dans la consommation du vin. L'oenologie attire de plus en plus de monde. Récemment, un groupe est venu passer une soirée pour jouer à faire des dégustations à l'aveugle".

 

VinoResto ne compte pas se limiter à Paris. Elle veut même privilégier les villes marquées par la culture du vin. "Dès cette année, nous allons nous développer à Lyon, Nantes et à Bordeaux". Une fois ce défi réussi, la jeune pousse sera prête à se lancer à l'étranger.

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Le vin, un prétexte à philosopher

 

http://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/art-de-vivre-bien-etre/2017/02/25/le-vin-un-pretexte-a-philosopher_12297800.html

 

Publié le 25/02/2017 à 06h01

Le vin, un prétexte à philosopher

Philosophie © Rédaction MAGAZINE

Entre le temps du vigneron et l’instant suspendu de la dégustation, la réflexion se fait philosophique. À défaut d’être conceptualisé comme objet philosophique, le vin n’en est pas moins un bon prétexte à philosopher.

Des étapes de la vie, l’esthétique, l’éthique, et pour certains, la religieuse que conçoit Kierkegaard, In vino veritas appartient à la première, celle de la jouissance. Vie de l’instant et recherche du plaisir, le vin sans être un objet philosophique a, de tout temps, constitué un prétexte à philosopher. Outre le Symposium des buveurs dans la Grèce antique, on retrouve Platon avec son « Banquet », éthymologiquement « l’action de boire le vin », au travers du propos d’Alcibiade : « La vérité est dans le vin?! » Et l’ivresse se confrontera en permanence à la modération. Socrate avec sa raison appelle à la modération et veut résister aux pulsions. Plus tard Nietzsche ne tranchera pas entre Apollon et notre ami Dionysos, dieu du vin, du plaisir et de l’ivresse.  Rabelais, tout comme Montaigne, n’affirmait-il pas que le vin est fait pour être bu et non pas analysé savamment?? Ne tombons pas pour autant dans l’excès de Montaigne : « Pour être bon buveur, il ne faut pas avoir le palais si tendre. » Dans Gargantua, Rabelais poursuit : « Ce n’est pas rire mais boire qui est le propre de l’homme… boire du vin bon et frais. » Rétorquons que déguster, chambré, un Léoville-Barton 1982 ou un Volnay Clos-des-Chênes 1989 de Lafarge entraîne un profond plaisir tant le palais se charge longtemps de la douce chaleur soudain confondue entre le pinot noir et le cabernet associé au merlot. Sartre, maître de l’existentialisme, et de Beauvoir, nos contemporains, se réchauffaient quant à eux en toute simplicité au Café de Flore à grands coups de verres de blanc. Moins simple, le sujet se fait parfois religieux et politique. Ainsi Michel Onfray, l’hédoniste, vient de provoquer une tempête en déclarant : « En France, la liberté de produire et de boire du vin doit beaucoup à la culture judéo-chrétienne?! » 

Un élément de civilisation

Mais la notion de temps, le temps de faire le vin, celui du vieillissement et de la dégustation pousse mieux la réflexion. N’ignorons-nous pas beaucoup du bon tempo pour déguster un Chambertin Clos-de-Bèze 1993 de Bruno Clair?? Sur les deux bouteilles ouvertes récemment, l’une fatiguée accusait le poids des années, l’autre épanouie affichait encore un fruit éclatant. Preuve que les années ne marquent pas de façon identique le vin comme les hommes.

Sans pousser jusqu’à la métaphore de la condition humaine, les vignerons savent qu’il importe de maîtriser le temps et que l’on ne peut pas toujours le prendre. Cette histoire se comprend sur les collines de l’Arbois ou à Sauternes, là où vingt-cinq années permettent d’exprimer les mystérieuses senteurs du savagnin ou du sémillon. L’académicienne Danièle Sallenave résume : « Le vin est un élément de civilisation, il est même une philosophie […] regardons Rabelais dont les personnages saisissent le lien entre le vin, l’art de vivre et la pensée. » Alors qu’importe nos contradictions et avec les philosophes de toutes obédiences, buvons à la pensée libre. Buvons à la santé d’une humanité meilleure, qu’avec sagesse, contribuent à bâtir des vignerons, les premiers grands philosophes du vin.

Jean-Yves Vif

Diaporama

L' association

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