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15 décembre 2016
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Bordeaux: Bernard Magrez acquiert un nouveau vignoble à Saint-Estèphe


http://www.20minutes.fr/bordeaux/1980579-20161214-bordeaux-bernard-magrez-acquiert-nouveau-vignoble-saint-estephe

ECONOMIE L'homme d'affaires, déjà propriétaire de quatre grands crus classés, a cette fois-ci jeté son dévolu sur un petit vignoble...

L’homme d’affaires bordelais Bernard Magrez a annoncé ce mercredi avoir conclu l’acquisition d’un nouveau vignoble, cette fois-ci à Saint-Estèphe. Il s’agit d’un petit vignoble au lieu-dit La Peyre qui, à vingt-neuf mètres de hauteur, domine les vignobles de Saint-Estèphe.

Ce vignoble portera le nom de Clos Sanctus Perfectus et produira aux alentours de 3.200 bouteilles. Il ne sera proposé que dans deux ou trois magasins spécialisés dans les principales capitales du monde.

Bernard Magrez est déjà propriétaire de châteaux prestigieux, comme Fombrauge, La Tour Carnet ou encore Pape Clément.

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Devenir sommelier en voyageant à bord du Queen Mary 2

À bord du Queen Mary 2, les croisiéristes joindront l'utile à l'agréable en associant cours d'œnologie et détente au bord de la piscine. Cunard s'est associé à l'organisme britannique Wine ; Spirit Education Trust qui dispense une qualification internationale dans les métiers du vin.

http://www.lejsl.com/actualite/2016/12/14/devenir-sommelier-en-voyageant-a-bord-du-queen-mary-2
Une formation à l’œnologie est proposée à bord du Queen Mary 2. ©Cunard/WSET

Une formation à l’œnologie est proposée à bord du Queen Mary 2. ©Cunard/WSET

Désormais, les croisières diversifient leurs offres en dédiant leur voyage à des thématiques afin de rassembler une communauté de voyageurs. Les croisières dédiées au yoga sont aujourd'hui monnaie courante, tandis que Costa Croisières donnera le départ le 29 octobre 2017 à Marseille de la "première croisière running d'Europe".

Sur les flots, les croisiéristes pourront aussi enrichir leur curriculum vitae, surtout s'ils sont amateurs de vin. Le 15 décembre prochain, au départ de Southampton, les voyageurs du Queen Mary 2 plieront bagage pour prendre l'air marin mais aussi, et surtout, suivre la formation de de la Wine ; Spirit Education Trust, qui dispense une qualification en sommellerie, en œnologie et dans les autres métiers du vin. De grands sommeliers sont détenteurs de ce diplôme, reconnu aux quatre coins du monde.

Il faut compter 278 euros la formation

 Ils apprendront les basiques de la dégustation, les termes adéquats pour décrire le nez et la bouche d'un cru, mais aussi la technique pour réussir un accord avec un plat. Un examen conclura la formation sous la forme d'un QCM. Compter 295 dollars (278 euros) la formation, qui impliquera la dégustation de dix vins ainsi que quatre déjeuners avec des accords mets et vins. 

La qualification WSET est dispensée à plusieurs niveaux. La deuxième étape nécessite douze jours de formation, et sera proposée lors d'un tour du monde au départ de Southampton, avec des étapes à Cape Town, Fremantle, Hong Kong et Dubaï. Le départ sera donné le 10 janvier prochain. 

La formation WEST sera aussi disponible à bord du Queen Victoria et du Queen Elizabeth à la fin 2017.

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Philippe Starck  : « Concevoir un vin est plus drôle que de dessiner l’étiquette »

Le designer hyperactif carbure aux vins naturels. Il signe aussi un champagne Roederer.

LE MONDE | 13.12.2016 à 17h26 | Propos recueillis par Laure Gasparotto

Philippe Starck à Paris, le 17 octobre.

Entre deux avions, Philippe Starck se pose quelques heures à ­Paris pour évoquer son goût pour le vin. En lien étroit avec son travail. Le designer signe, entre autres, un champagne brut nature pour la maison Roederer, et la conception du nouveau chai du Château Carmes-Haut-Brion, dans le Bordelais. Entretien avec un créateur qui s’est levé à 3 heures du matin, qui court toujours et qui pense à deux cents « gros » projets en même temps. Comment continuer à boire quand on travaille beaucoup ? « En choisissant du sans-sulfites ! »

Le contenu d’une bouteille vous intéresse-t-il autant que son contenant ?

C’est uniquement son contenu qui m’intéresse ! Que ce soit pour la bière, le parfum ou le vin, j’interviens d’abord sur ce qu’il y a dans la bouteille. Je le conçois. Le design ne vient qu’ensuite. Le champagne Roederer, c’est moi qui l’ai conçu, c’est plus drôle que de dessiner l’étiquette. J’ai une vision très précise, et un peu particulière, de tout ce qui est alimentaire. On peut même dire que, depuis dix ans, c’est le sujet principal de moquerie de mes amis. En gros, je suis à rebrousse-poil de tout ce qui est généralement admis, surtout en ce qui concerne le vin. Donc, tout le monde se moque de moi, et surtout dans le Bordelais évidemment.

Pour quelle raison se moque-t-on de vous au sujet du vin ?

Reprenons en amont : ce qui nous différencie de l’animal, c’est l’intelligence. Et donc, la créativité. Cette intelligence est issue du cerveau, cette machine à penser qui est elle-même soutenue par un corps. Le corps a un fonctionnement bien précis, qui nécessite des carburants bien précis. C’est pourquoi tout ce que l’on met dans ce corps doit être performant et cohérent avec le fonctionnement de l’intelligence, et donc de la santé. Selon moi, la nourriture et la boisson doivent avant tout être source de plaisir, de plaisir partagé, de fêtes, de bons moments, d’évasion même.

Mais pas à n’importe quel prix ! C’est-à-dire qu’il faut, a contrario, faire un travail supplémentaire pour avoir tout ce plaisir sans avoir le déplaisir, sans avoir à payer le prix en termes de santé. C’est-à-dire que je pense qu’on peut avoir du bon sans le mal.

Quel travail doit-on donc faire pour éviter le mal ?

Cela demande certaines règles. Disons que, pour moi, le vin doit être au minimum en biodynamie, être évidemment naturel, et évidemment sans sulfites.

Et donc, vos amis se moquent de vos choix ?

En tout cas, je n’ai pas beaucoup d’amis qui boivent le même vin que moi. Au sein même de ma famille, ma femme ne boit que du bordeaux, du Carmes-Haut-Brion, du Cos d’Estournel, des vins de la famille Rothschild ou du Cheval-Blanc. Alors que moi, je ne bois que mes vins naturels ! Je travaille onze à douze heures par jour, tout seul et de manière acharnée, sans rien boire et sans manger, même si ça ne se voit pas.

Quand j’arrête, j’aime bien ouvrir une bouteille de champagne ou une bouteille de vin. On finit par boire « à la française », assez conséquemment donc, mais sans être ivre mort ! Pas comme des Japonais ou des Américains qui prennent des alcools durs. Le plaisir du goût du vin, le plaisir festif de la bulle fait qu’on finit quand même par boire. Et si je peux continuer à travailler autant et à être toujours en bonne santé, c’est parce que ça fait plus de trente ans que je bois du vin bio, et plus de douze ans que je bois du vin sans sulfites.

« J’ai été un des premiers à distribuer des produits alimentaires et vins bio à travers une entreprise que j’avais créée, qui s’appelait OAO. J’ai distribué le premier champagne bio qu’il y avait en France »

Vous avez constaté la différence sur votre santé ?

Oui, réellement. Mais le bio, pour moi, était évident. Il y a une dizaine d’années, j’ai été un des premiers à distribuer des produits alimentaires et vins bio à travers une entreprise que j’avais créée, qui s’appelait OAO. C’était vraiment le tout début. J’ai distribué le premier champagne bio qu’il y avait en France. J’ai découvert le problème des sulfites par hasard. Je l’ai compris sur un de mes lieux de travail, qui se trouve à Formentera, dans les Baléares.

Il y a un restaurant que j’aime beaucoup sur l’île, le Can Carlos. Le patron, Francescino, nous servait chaque soir des vins extraordinaires, mais le lendemain, j’étais dans l’impossibilité de travailler. J’avais le cerveau bloqué devant ma page. Quelqu’un m’a alors expliqué que je devais essayer les vins sans sulfites. Je l’ai fait et j’ai constaté l’extraordinaire différence de rendement dans mon travail. Je me suis aperçu que la « barre » du lendemain ne vient pas principalement de l’alcool, mais des sulfites.

Vous ne dérogez jamais à cette règle du « zéro soufre » ?

Quasiment pas. Parfois, je finis une bouteille de Cos d’Estournel ou de Carmes-Haut-Brion que ma femme a entamée. J’adore l’esprit des vins sans sulfites et des gens qui les font. Ce sont des aventuriers du vin, totalement vrais, qui font des vins comme ils doivent être, totalement purs, venant des âges. Ils prennent tous les risques. Si on se moque de moi, ça ne dérange personne, et ça ne change pas ma vie. Mais eux, ils apparaissent et disparaissent, font 76 bouteilles et puis s’en vont à nouveau. Et c’est affreux. Je ne peux avoir que de l’admiration pour ces croisés du vin naturel.

Je me rappelle du vigneron Jean-Marc Brignot qui faisait des cuvées inouïes dans le Jura, comme « L’Envol de la fille » ou « Robert est un con ». Le pauvre a fait faillite. Maintenant, il élabore son vin au Japon. Bref, j’aime les vins naturels et ils me le rendent le bien. Je peux continuer à boire mes petits coups de champagne.

Vous buvez du vin tous les jours ?

Ah oui, bien sûr ! Avec ma femme, on a une armoire à vin, avec d’un côté ses bouteilles, et de l’autre, mes bouteilles qui puent ! C’est pour cela que le champagne le plus proche de mes convictions, c’est le Drappier. Il est bio, non filtré, sans sucre et sans sulfites. Sinon un des vins les plus acceptables par tout le monde est le morgon de chez Lapierre. Je ne bois pas de blanc, je ne bois que du champagne ou du vin rouge.

Comment est née l’aventure Roederer ?

Toutes les maisons de Champagne sont venues me voir pour concevoir une forme de bouteille. J’ai toujours refusé. Comme je vous l’ai dit, je ne signerai jamais un vin que je ne fais pas. Je ne peux dessiner une bouteille si je ne suis pas d’accord avec le vin qui est dedans. Le PDG de Roederer, Frédéric Rouzaud, m’a demandé la même chose, et je lui ai répondu comme aux autres : « D’accord, à condition de faire le jus. » Et il a accepté !

J’avais mon idée très précise du champagne : clair, élégant, moderne, minéral, voire coupant, super brut. Tous les gens de Roederer m’ont écouté, ont entendu mes mots. Le maître de chai, Jean-Baptiste ­Lecaillon, a réussi à traduire en vin mes mots ! Le vin, c’est aussi l’invention d’une langue autour de laquelle des mondes très différents peuvent s’entendre. Stupéfaction générale, le champagne était exactement ce que je voulais. Qu’un designer de brosse à dents comme moi ait l’approbation de professionnels, j’étais très content ! J’avais obtenu un zéro sucre, et un taux extrêmement bas de sulfites. Assez idéal donc. J’ai toujours la surprise de trouver cohérent ce champagne dans son intelligence moderne.

« J’ai été élevé dans une famille où les enfants buvaient du vin. Au moins, adultes, on n’a jamais été ivres ! »

Aimeriez-vous faire votre propre vin ?

Justement, je vais faire du vin ! Je viens d’acheter 26 hectares pour faire mon vin idéal. J’ai acheté une terre dans l’Alentejo, dans le sud du Portugal, une belle terre pour le vin. Il n’y a pas encore de vignes. C’est vraiment le début.

Chez vous, enfant, buvait-on du vin ?

On avait une cave de très haut niveau. Je me rappelle que pour chaque anniversaire, on sortait une bouteille de l’année de naissance de celui qui le fêtait, 1922 par exemple pour ma mère. J’ai été élevé dans une famille où les enfants buvaient du vin. Au moins, adultes, on n’a jamais été ivres !

Quel est votre premier choc lié au vin ?

A 17 ans, j’avais un ami qui possédait un ­camion. Je ne sais plus pourquoi mais on devait remorquer son tracteur qui était resté dans des vignes, chez les parents de Brigitte Bardot. Ils avaient une cahute sur un petit coteau dans le haut de Saint-Tropez. Chez eux, on s’est assis sous la treille. Le vieux père Bardot est arrivé avec une piquette bien fraîche. C’était le choc de ma vie. Délicieux.

J’ai eu un autre choc dans la région de Venise. Un jour, au lieu de rentrer en France en avion, je décide de le faire à moto. Je pars donc par la montagne, une sorte de vallée du paradis. Je m’arrête dans une ferme. Je m’assois sur un banc. On me sert un fragolino bien frais. Et là, pam ! Nouveau choc. Je suis un explorateur, pas un connaisseur. Il faut que tout aille ensemble, le lieu, le moment, tout.

Avez-vous une cave ?

Non, je n’en vois pas l’intérêt. Mon vrai sujet, c’est d’éviter les variations de température quand on transporte les vins.

Laure Gasparotto

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/vins/article/2016/12/13/philippe-starck-concevoir-un-vin-est-plus-drole-que-de-dessiner-l-etiquette_5048377_3527806.html#G3ExjOt8VlEEiDfF.99

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Expérimentations dans le vignoble diois pour diminuer les apports en cuivre

Publié le 13/12/2016 - 14:30 Sur Vitisphère

par Vignerons en Développement Durable

Le vignoble Diois. Photo : DR

Dans le cadre de son engagement dans les labels Vignerons en développement durable et agriculture biologique, la Cave de Die Jaillance a choisi de mener des expérimentations pour diminuer les apports de cuivre à la vigne.

Un peu d’histoire

C’est grâce à la volonté conjuguée des viticulteurs bio et des directeurs des coopératives d’approvisionnement et vinicoles de Die que des essais se mettent en place dès 1995 à Barnave sur vigne de muscat.

Seront alors testés et comparés programmes de réduction de dose de cuivre, application d’Ulmasud ou intégration de For Mn 48… Moult balbutiements ou tâtonnements pour une viticulture biologique souvent montrée du doigt pour ses apports de cuivre parfois conséquents mais en recherche permanente de produits de substitution présentant une efficacité réelle.

Ces années de tâtonnement ont permis de fortement réduire les doses de produits mis en œuvre. Cela s’est concrétisé par une évolution du conseil envers les producteurs : modulation des doses de cuivre appliquées allant de 150 g en début de végétation à 600 g de cuivre métal par hectare en pleine fleur, pour de fortes pressions de mildiou.

En revanche, cette période de travail n’a pas permis de mettre en évidence de réels produits de substitution. Les partenariats évoluent, le parcellaire d’essai également. Le Grab se substitue à la coop locale en 2004 et les muscats mis à notre disposition se localisent alors à Espenel.

Les alternatives testées depuis 2014

Évaluations réalisées :

2004-2009 : efficacité de stratégies de positionnement des produits et screening de produits fongicides, éliciteurs ou antagonistes dont saule, Amicarb, yucca, chitoplant, lithothamne, Timorex et PrevB2
2010-2013 : efficacité d’infusions et extraits hydro-alcooliques de plantes et infradose de sucre impliquant prêle, saule, armoise, absinthe, menthe, bourdaine, fructose, rhubarbe et bouillie EEC
2013-2016 : efficacité d’huiles essentielles et de biostimulants comprenant des extraits de levures, bourdaine, fructose, extraits d’algues, huiles essentielles soit de girofle, origan ou eucalyptus citronné.

À ces expérimentations rudes, en damier, pulvérisateur thermique sur le dos, en coteaux, s’ajoutent de faibles résultats en années à maigre expression du mildiou, peu valorisants pour l’expérimentateur.

C’est pourquoi La Cave de Die Jaillance finance et met en place en 2013 une station de brumisation afin d’optimiser l’expression du mildiou. Il s’agit de brumiser le feuillage pendant quelques heures en fin de nuit. Ce maintien d’une forte hygrométrie en période poussante et chaude favorise l’installation de la maladie dans la parcelle. En année très sèche, le recours à l’inoculation sera utilisé. 

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Les résultats obtenus


En situation de faible pression, les stratégies à faible dose de cuivre ont permis une protection identique à celle de la référence cuivre. En situation de très forte pression, seul le cuivre à pleine dose assure une protection suffisante du vignoble contre le mildiou.

Aucun des produits alternatifs testés n’a démontré une efficacité comparable au cuivre. La variabilité de l’efficacité observée d’une année sur l’autre incite également à la prudence : par exemple, l’efficacité de 79 % du PrevB2 observée en 2008 n’a pas été confirmée en 2009, avec une pression de maladie pourtant plus faible. L’intérêt de produits tels que le Chitoplant ou les huiles essentielles doit être évalué en étant vigilant aux risques de phytotoxicité et aux difficultés de miscibilité. Plusieurs produits testés seuls, comme le Lithothamne et les extraits de plantes n’ont pas démontré d’efficacité dans nos conditions expérimentales. En revanche, un effet synergique de certains produits en association au cuivre a été mis en évidence certaines années : phosphonate, infusion de saule, Timorex, infradose de fructose.

Depuis 2013, l’installation d’une station de brumisation permet de favoriser artificiellement le développement du mildiou sur la parcelle en cas de faible pression naturelle. En 2014, un nouveau protocole d’inoculation simplifié du mildiou a été établi, rendant les expérimentations plus fiables.

En 2016, des chélates ont été évalués ainsi que l’huile essentielle de thym à thymol. Les résultats démontrent un certain effet des chélates sur la protection contre le mildiou et méritent d’être approfondis afin d’amplifier les effets observés. L’évaluation d’un nouvel émulsifiant pour améliorer la miscibilité de l’huile essentielle testée a également donné satisfaction. Il sera aussi indispensable de tester à nouveau une huile essentielle de thym.

Voilà de quoi stimuler la poursuite des travaux expérimentaux en 2017 !

Le paysage agricole sénégalais commence à se modifier avec l’apparition de la vigne. Deux Français qui ambitionnent de mettre le Sénégal sur la carte des pays producteurs de raisin et de vin se sont lancés dans l’aventure à Nguekokh (département de Mbour). Même si la production n’est qu’expérimentale, leur vignoble prend petit à petit forme. Et leur objectif est de passer à une production de 2 ha à partir de janvier 2017 pour espérer une première commercialisation en 2019-2020.

Jusque-là inconnu au bataillon des pays producteurs de vin, le Sénégal s’est lancé dans la viticulture. Timidement et grâce à Philippe Franchois et à son associé, François Normant, qui ont eu un rêve commun. Le premier voulait réaliser un projet vitivinicole et l’autre mener un projet agricole innovant. Et ces deux néophytes passionnés ont choisi Nguekokh, pour implanter leur domaine. Ce vignoble constitue une première en Afrique de l’Ouest, selon M. Franchois.
« Le « Clos des Baobabs » est à la fois un projet viticole et vinicole qui est né d’une rencontre avec mon associé François Normant qui avait des terres qu’il avait remembrées. On avait un ensemble de 10 ha cohérents et homogènes qui permettent de faire une plantation », renseigne Philippe Franchois. En janvier 2013, les deux associés ont planté un hectare expérimental irrigué de 5.000 plants. « Notre recherche, c’est de comprendre comment mettre en repos végétatif la vigne et comprendre comment lever volontairement la dormance de la vigne, car en relevant la dormance, on permet, plus tard, la fructification », indique-t-il.

« Toute cette recherche est faite sur cet hectare expérimental. Volontairement, on n’est pas parti sur dix hectares de recherche, parce qu’elle est là la recherche. On a le recul suffisant pour faire de la recherche de taille, d’irrigation entre autres parce que la problématique est de comprendre le repos végétatif de la vigne qui pousse ici en continu », laisse entendre Philippe Franchois. Selon lui, l’eau constitue la problématique de toutes les cultures au Sénégal. Et sans irrigation, il n’y a pas de culture possible, donc pas de vigne. « Le forage qu’on a réalisé permet d’irriguer notre périmètre expérimental et les hectares prévus », soutient-il.

La terre sénégalaise n’étant pas à priori adaptée à la viticulture, Philippe et son associé ont, au départ, expérimenté cinq cépages (cabernet-sauvignon, cinsault, grenache, sangiovese et syrah) pour voir ceux qui étaient les mieux adaptés au climat, les plus prometteurs. Le grenache, caractérisé par un port dressé et des rameaux vigoureux et qui résiste bien à la sécheresse, est sorti du lot. Ce cépage est cultivé en France, en Espagne en Italie, en Grèce, au Portugal, en Algérie, en Tunisie et au Maroc. « On a validé ce cépage et l’on va planter 2 ha de production de grenache à partir de janvier 2017 », informe-t-il.

Selon M. Franchois, cette expérimentation a bien porté ses fruits. Malgré les termites, les oiseaux et les singes, Philippe et son associé ont réussi à produire du raisin. Le mois de juillet 2014 a été marqué par une première vendange. Deux autres vendanges ont également été réalisées en avril 2015 et en juin 2016. Cela a permis d’élever un premier vin rosé et rouge, confirmant ainsi la possibilité de produire un vin digne de ce nom au Sénégal. D’ailleurs, renseigne M. Franchois, les premières dégustations-tests faites à Dakar et en France ont confirmé la qualité du vin du » Clos des Baobabs ».

En ciblant le raisin de cuve et non le raisin de table, le projet, selon Philippe Franchois, exprime une réelle volonté de créer une véritable valeur ajoutée en transformant le raisin en vin et non en commercialisant simplement la matière première. « Au Sénégal, notre recherche fait qu’on a passé une étape décisive. On sait qu’on peut faire du vin et on peut aussi faire du raisin de table. On est parti sur du raisin de cuve parce qu’on veut aller plus loin que la production du fruit. On veut aller vers une transformation pour avoir une valeur ajoutée plus forte pour faire du vin », précise-t-il.

Un pari sur la qualité
Le vigneron affiche clairement son ambition. Philippe privilégie la qualité à la quantité. « On souhaite faire de la qualité et non la quantité. On ne veut pas faire pisser la vigne comme on dit souvent. Ce que nous voulons, c’est avoir une production raisonnée de raisins pour avoir du vin de qualité », indique Philippe Franchois. Et pour la commercialisation, les deux comparses visent le marché local et sous-régional. « Que ça soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée ou au Mali, il y a un certain nombre de points de vente qui seraient sensibles à un premier vin de l’Afrique de l’Ouest », explique-t-il.

Pour l’heure, Philippe Franchois et son associé ne pensent pas encore aux rendements comme c’est le cas dans des pays comme l’Italie, l’Espagne et la France qui ont de grosses productions à l’hectare. La question, selon eux, c’est faire du fruit pour un minimum de vin. « C’est juste une expérimentation agricole. On peut faire de grosses productions, mais ce n’est pas de grosses productions qu’on cherche, mais une quantité minimale pour être rentable et une profitabilité minimale », indique-t-il.

Toutefois, précise M. Franchois, avec la démultiplication de cette expérimentation à partir du mois de janvier, la production des deux hectares de grenache exploités va leur permettre d’avoir l’embryon d’un domaine viticole et donc une viticulture émergente. « Le Sénégal est une terre fertile pour les expériences et les innovations. Et la spécialité des Sénégalais, c’est de copier les bonnes expériences. Si ça marche bien, c’est certain qu’on sera copié et avec de la patience et de la persévérance, on aura une filière agricole émergente à l’image du Maroc ».
M. Franchois estime, en outre, que les conditions économiques d’émergence, politiques et de stabilité permettent à beaucoup de gens de chercher des voies nouvelles et de faire dans l’innovation agricole.

Avec l’exploitation des 2 ha, le vigneron et son associé espèrent une première commercialisation en 2019-2020. La visée, selon M. Franchois, c’est de passer de 2 à 5 ha puis à 10 ha. « En France, un domaine de 10 ha est déjà pas mal. Avec 10 ha donc, on peut avoir un vin de qualité et une bonne commercialisation au Sénégal et dans la sous-région », indique M. Franchois, non sans dire toute sa fierté qu’une bouteille du Clos des Baobabs soit déjà exposée à la Cité mondiale du Vin à Bordeaux.

Le souhait de M. Franchois et de son associé, c’est de voir le Sénégal devenir un véritable pays émergent dans la planète vitivinicole, à l’image du Maroc qui compte aujourd’hui 49.000 ha cultivés de vigne, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Éthiopie.

Un métier qui suscite des vocations
Aujourd’hui, la viticulture suscite des vocations et attire des candidats extérieurs au milieu. Par la force des choses, Abdoulaye Ndiaye, ancien moniteur d’équitation, est devenu chef de culture dans le projet « Clos des Baobabs ». « On ne devient pas un vigneron en un clin d’œil, mais quand la passion est là, tout devient possible », indique-t-il. Sa mission consiste à labourer, à mettre du fumier, à palisser la vigne, à tailler et brûler les sarments. Selon M. Ndiaye, depuis le début de sa collaboration avec Philippe Franchois, il a gagné en expérience dans cette activité qu’il a découverte il y a juste trois ans. « On m’a mis dedans et on m’a appris beaucoup de choses qui m’ont permis d’accroître mes connaissances dans ce domaine qui est une nouveauté dans la zone et au Sénégal même.

Ce n’était pas évident au début, mais à la longue, je me suis habitué à ce métier qui est très passionnant », relève-t-il. Abdoulaye Ndiaye dit ne pas regretter cette nouvelle expérience. Mieux, il se dit prêt à continuer l’aventure. Les métiers de la viticulture exigent des qualités et compétences multiples et des connaissances théoriques et pratiques sont indispensables pour la conduite technique du vignoble. Ce chef de culture en est bien conscient. Et il veut parfaire ses connaissances dans le domaine viticole à travers une formation spécifique afin de répondre aux nouvelles exigences. « Je veux comprendre plus ce métier et me parfaire davantage pour me spécialiser dans la viticulture », fait-il savoir.

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Le paysage agricole sénégalais commence à se modifier avec l’apparition de la vigne. Deux Français qui ambitionnent de mettre le Sénégal sur la carte des pays producteurs de raisin et de vin se sont lancés dans l’aventure à Nguekokh (département de Mbour). Même si la production n’est qu’expérimentale, leur vignoble prend petit à petit forme. Et leur objectif est de passer à une production de 2 ha à partir de janvier 2017 pour espérer une première commercialisation en 2019-2020.

Jusque-là inconnu au bataillon des pays producteurs de vin, le Sénégal s’est lancé dans la viticulture. Timidement et grâce à Philippe Franchois et à son associé, François Normant, qui ont eu un rêve commun. Le premier voulait réaliser un projet vitivinicole et l’autre mener un projet agricole innovant. Et ces deux néophytes passionnés ont choisi Nguekokh, pour implanter leur domaine. Ce vignoble constitue une première en Afrique de l’Ouest, selon M. Franchois.
« Le « Clos des Baobabs » est à la fois un projet viticole et vinicole qui est né d’une rencontre avec mon associé François Normant qui avait des terres qu’il avait remembrées. On avait un ensemble de 10 ha cohérents et homogènes qui permettent de faire une plantation », renseigne Philippe Franchois. En janvier 2013, les deux associés ont planté un hectare expérimental irrigué de 5.000 plants. « Notre recherche, c’est de comprendre comment mettre en repos végétatif la vigne et comprendre comment lever volontairement la dormance de la vigne, car en relevant la dormance, on permet, plus tard, la fructification », indique-t-il.

« Toute cette recherche est faite sur cet hectare expérimental. Volontairement, on n’est pas parti sur dix hectares de recherche, parce qu’elle est là la recherche. On a le recul suffisant pour faire de la recherche de taille, d’irrigation entre autres parce que la problématique est de comprendre le repos végétatif de la vigne qui pousse ici en continu », laisse entendre Philippe Franchois. Selon lui, l’eau constitue la problématique de toutes les cultures au Sénégal. Et sans irrigation, il n’y a pas de culture possible, donc pas de vigne. « Le forage qu’on a réalisé permet d’irriguer notre périmètre expérimental et les hectares prévus », soutient-il.

La terre sénégalaise n’étant pas à priori adaptée à la viticulture, Philippe et son associé ont, au départ, expérimenté cinq cépages (cabernet-sauvignon, cinsault, grenache, sangiovese et syrah) pour voir ceux qui étaient les mieux adaptés au climat, les plus prometteurs. Le grenache, caractérisé par un port dressé et des rameaux vigoureux et qui résiste bien à la sécheresse, est sorti du lot. Ce cépage est cultivé en France, en Espagne en Italie, en Grèce, au Portugal, en Algérie, en Tunisie et au Maroc. « On a validé ce cépage et l’on va planter 2 ha de production de grenache à partir de janvier 2017 », informe-t-il.

Selon M. Franchois, cette expérimentation a bien porté ses fruits. Malgré les termites, les oiseaux et les singes, Philippe et son associé ont réussi à produire du raisin. Le mois de juillet 2014 a été marqué par une première vendange. Deux autres vendanges ont également été réalisées en avril 2015 et en juin 2016. Cela a permis d’élever un premier vin rosé et rouge, confirmant ainsi la possibilité de produire un vin digne de ce nom au Sénégal. D’ailleurs, renseigne M. Franchois, les premières dégustations-tests faites à Dakar et en France ont confirmé la qualité du vin du » Clos des Baobabs ».

En ciblant le raisin de cuve et non le raisin de table, le projet, selon Philippe Franchois, exprime une réelle volonté de créer une véritable valeur ajoutée en transformant le raisin en vin et non en commercialisant simplement la matière première. « Au Sénégal, notre recherche fait qu’on a passé une étape décisive. On sait qu’on peut faire du vin et on peut aussi faire du raisin de table. On est parti sur du raisin de cuve parce qu’on veut aller plus loin que la production du fruit. On veut aller vers une transformation pour avoir une valeur ajoutée plus forte pour faire du vin », précise-t-il.

Un pari sur la qualité
Le vigneron affiche clairement son ambition. Philippe privilégie la qualité à la quantité. « On souhaite faire de la qualité et non la quantité. On ne veut pas faire pisser la vigne comme on dit souvent. Ce que nous voulons, c’est avoir une production raisonnée de raisins pour avoir du vin de qualité », indique Philippe Franchois. Et pour la commercialisation, les deux comparses visent le marché local et sous-régional. « Que ça soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée ou au Mali, il y a un certain nombre de points de vente qui seraient sensibles à un premier vin de l’Afrique de l’Ouest », explique-t-il.

Pour l’heure, Philippe Franchois et son associé ne pensent pas encore aux rendements comme c’est le cas dans des pays comme l’Italie, l’Espagne et la France qui ont de grosses productions à l’hectare. La question, selon eux, c’est faire du fruit pour un minimum de vin. « C’est juste une expérimentation agricole. On peut faire de grosses productions, mais ce n’est pas de grosses productions qu’on cherche, mais une quantité minimale pour être rentable et une profitabilité minimale », indique-t-il.

Toutefois, précise M. Franchois, avec la démultiplication de cette expérimentation à partir du mois de janvier, la production des deux hectares de grenache exploités va leur permettre d’avoir l’embryon d’un domaine viticole et donc une viticulture émergente. « Le Sénégal est une terre fertile pour les expériences et les innovations. Et la spécialité des Sénégalais, c’est de copier les bonnes expériences. Si ça marche bien, c’est certain qu’on sera copié et avec de la patience et de la persévérance, on aura une filière agricole émergente à l’image du Maroc ».
M. Franchois estime, en outre, que les conditions économiques d’émergence, politiques et de stabilité permettent à beaucoup de gens de chercher des voies nouvelles et de faire dans l’innovation agricole.

Avec l’exploitation des 2 ha, le vigneron et son associé espèrent une première commercialisation en 2019-2020. La visée, selon M. Franchois, c’est de passer de 2 à 5 ha puis à 10 ha. « En France, un domaine de 10 ha est déjà pas mal. Avec 10 ha donc, on peut avoir un vin de qualité et une bonne commercialisation au Sénégal et dans la sous-région », indique M. Franchois, non sans dire toute sa fierté qu’une bouteille du Clos des Baobabs soit déjà exposée à la Cité mondiale du Vin à Bordeaux.

Le souhait de M. Franchois et de son associé, c’est de voir le Sénégal devenir un véritable pays émergent dans la planète vitivinicole, à l’image du Maroc qui compte aujourd’hui 49.000 ha cultivés de vigne, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Éthiopie.

Un métier qui suscite des vocations
Aujourd’hui, la viticulture suscite des vocations et attire des candidats extérieurs au milieu. Par la force des choses, Abdoulaye Ndiaye, ancien moniteur d’équitation, est devenu chef de culture dans le projet « Clos des Baobabs ». « On ne devient pas un vigneron en un clin d’œil, mais quand la passion est là, tout devient possible », indique-t-il. Sa mission consiste à labourer, à mettre du fumier, à palisser la vigne, à tailler et brûler les sarments. Selon M. Ndiaye, depuis le début de sa collaboration avec Philippe Franchois, il a gagné en expérience dans cette activité qu’il a découverte il y a juste trois ans. « On m’a mis dedans et on m’a appris beaucoup de choses qui m’ont permis d’accroître mes connaissances dans ce domaine qui est une nouveauté dans la zone et au Sénégal même.

Ce n’était pas évident au début, mais à la longue, je me suis habitué à ce métier qui est très passionnant », relève-t-il. Abdoulaye Ndiaye dit ne pas regretter cette nouvelle expérience. Mieux, il se dit prêt à continuer l’aventure. Les métiers de la viticulture exigent des qualités et compétences multiples et des connaissances théoriques et pratiques sont indispensables pour la conduite technique du vignoble. Ce chef de culture en est bien conscient. Et il veut parfaire ses connaissances dans le domaine viticole à travers une formation spécifique afin de répondre aux nouvelles exigences. « Je veux comprendre plus ce métier et me parfaire davantage pour me spécialiser dans la viticulture », fait-il savoir.

- See more at: http://www.lesoleil.sn/2016-03-22-23-21-32/item/58907-viticulture-a-nguekokh-un-vignoble-au-coeur-du-sahel.html#sthash.cVxUPF1O.dpuf

Viticulture à Nguekhokh : Un vignoble au cœur du Sahel

14 Déc 2016

Economie

1320 times

Viticulture à Nguekhokh : Un vignoble au cœur du Sahel

Le paysage agricole sénégalais commence à se modifier avec l’apparition de la vigne. Deux Français qui ambitionnent de mettre le Sénégal sur la carte des pays producteurs de raisin et de vin se sont lancés dans l’aventure à Nguekokh (département de Mbour). Même si la production n’est qu’expérimentale, leur vignoble prend petit à petit forme. Et leur objectif est de passer à une production de 2 ha à partir de janvier 2017 pour espérer une première commercialisation en 2019-2020.

Jusque-là inconnu au bataillon des pays producteurs de vin, le Sénégal s’est lancé dans la viticulture. Timidement et grâce à Philippe Franchois et à son associé, François Normant, qui ont eu un rêve commun. Le premier voulait réaliser un projet vitivinicole et l’autre mener un projet agricole innovant. Et ces deux néophytes passionnés ont choisi Nguekokh, pour implanter leur domaine. Ce vignoble constitue une première en Afrique de l’Ouest, selon M. Franchois.
« Le « Clos des Baobabs » est à la fois un projet viticole et vinicole qui est né d’une rencontre avec mon associé François Normant qui avait des terres qu’il avait remembrées. On avait un ensemble de 10 ha cohérents et homogènes qui permettent de faire une plantation », renseigne Philippe Franchois. En janvier 2013, les deux associés ont planté un hectare expérimental irrigué de 5.000 plants. « Notre recherche, c’est de comprendre comment mettre en repos végétatif la vigne et comprendre comment lever volontairement la dormance de la vigne, car en relevant la dormance, on permet, plus tard, la fructification », indique-t-il.

« Toute cette recherche est faite sur cet hectare expérimental. Volontairement, on n’est pas parti sur dix hectares de recherche, parce qu’elle est là la recherche. On a le recul suffisant pour faire de la recherche de taille, d’irrigation entre autres parce que la problématique est de comprendre le repos végétatif de la vigne qui pousse ici en continu », laisse entendre Philippe Franchois. Selon lui, l’eau constitue la problématique de toutes les cultures au Sénégal. Et sans irrigation, il n’y a pas de culture possible, donc pas de vigne. « Le forage qu’on a réalisé permet d’irriguer notre périmètre expérimental et les hectares prévus », soutient-il.

La terre sénégalaise n’étant pas à priori adaptée à la viticulture, Philippe et son associé ont, au départ, expérimenté cinq cépages (cabernet-sauvignon, cinsault, grenache, sangiovese et syrah) pour voir ceux qui étaient les mieux adaptés au climat, les plus prometteurs. Le grenache, caractérisé par un port dressé et des rameaux vigoureux et qui résiste bien à la sécheresse, est sorti du lot. Ce cépage est cultivé en France, en Espagne en Italie, en Grèce, au Portugal, en Algérie, en Tunisie et au Maroc. « On a validé ce cépage et l’on va planter 2 ha de production de grenache à partir de janvier 2017 », informe-t-il.

Selon M. Franchois, cette expérimentation a bien porté ses fruits. Malgré les termites, les oiseaux et les singes, Philippe et son associé ont réussi à produire du raisin. Le mois de juillet 2014 a été marqué par une première vendange. Deux autres vendanges ont également été réalisées en avril 2015 et en juin 2016. Cela a permis d’élever un premier vin rosé et rouge, confirmant ainsi la possibilité de produire un vin digne de ce nom au Sénégal. D’ailleurs, renseigne M. Franchois, les premières dégustations-tests faites à Dakar et en France ont confirmé la qualité du vin du » Clos des Baobabs ».

En ciblant le raisin de cuve et non le raisin de table, le projet, selon Philippe Franchois, exprime une réelle volonté de créer une véritable valeur ajoutée en transformant le raisin en vin et non en commercialisant simplement la matière première. « Au Sénégal, notre recherche fait qu’on a passé une étape décisive. On sait qu’on peut faire du vin et on peut aussi faire du raisin de table. On est parti sur du raisin de cuve parce qu’on veut aller plus loin que la production du fruit. On veut aller vers une transformation pour avoir une valeur ajoutée plus forte pour faire du vin », précise-t-il.

Un pari sur la qualité
Le vigneron affiche clairement son ambition. Philippe privilégie la qualité à la quantité. « On souhaite faire de la qualité et non la quantité. On ne veut pas faire pisser la vigne comme on dit souvent. Ce que nous voulons, c’est avoir une production raisonnée de raisins pour avoir du vin de qualité », indique Philippe Franchois. Et pour la commercialisation, les deux comparses visent le marché local et sous-régional. « Que ça soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée ou au Mali, il y a un certain nombre de points de vente qui seraient sensibles à un premier vin de l’Afrique de l’Ouest », explique-t-il.

Pour l’heure, Philippe Franchois et son associé ne pensent pas encore aux rendements comme c’est le cas dans des pays comme l’Italie, l’Espagne et la France qui ont de grosses productions à l’hectare. La question, selon eux, c’est faire du fruit pour un minimum de vin. « C’est juste une expérimentation agricole. On peut faire de grosses productions, mais ce n’est pas de grosses productions qu’on cherche, mais une quantité minimale pour être rentable et une profitabilité minimale », indique-t-il.

Toutefois, précise M. Franchois, avec la démultiplication de cette expérimentation à partir du mois de janvier, la production des deux hectares de grenache exploités va leur permettre d’avoir l’embryon d’un domaine viticole et donc une viticulture émergente. « Le Sénégal est une terre fertile pour les expériences et les innovations. Et la spécialité des Sénégalais, c’est de copier les bonnes expériences. Si ça marche bien, c’est certain qu’on sera copié et avec de la patience et de la persévérance, on aura une filière agricole émergente à l’image du Maroc ».
M. Franchois estime, en outre, que les conditions économiques d’émergence, politiques et de stabilité permettent à beaucoup de gens de chercher des voies nouvelles et de faire dans l’innovation agricole.

Avec l’exploitation des 2 ha, le vigneron et son associé espèrent une première commercialisation en 2019-2020. La visée, selon M. Franchois, c’est de passer de 2 à 5 ha puis à 10 ha. « En France, un domaine de 10 ha est déjà pas mal. Avec 10 ha donc, on peut avoir un vin de qualité et une bonne commercialisation au Sénégal et dans la sous-région », indique M. Franchois, non sans dire toute sa fierté qu’une bouteille du Clos des Baobabs soit déjà exposée à la Cité mondiale du Vin à Bordeaux.

Le souhait de M. Franchois et de son associé, c’est de voir le Sénégal devenir un véritable pays émergent dans la planète vitivinicole, à l’image du Maroc qui compte aujourd’hui 49.000 ha cultivés de vigne, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Éthiopie.

Un métier qui suscite des vocations
Aujourd’hui, la viticulture suscite des vocations et attire des candidats extérieurs au milieu. Par la force des choses, Abdoulaye Ndiaye, ancien moniteur d’équitation, est devenu chef de culture dans le projet « Clos des Baobabs ». « On ne devient pas un vigneron en un clin d’œil, mais quand la passion est là, tout devient possible », indique-t-il. Sa mission consiste à labourer, à mettre du fumier, à palisser la vigne, à tailler et brûler les sarments. Selon M. Ndiaye, depuis le début de sa collaboration avec Philippe Franchois, il a gagné en expérience dans cette activité qu’il a découverte il y a juste trois ans. « On m’a mis dedans et on m’a appris beaucoup de choses qui m’ont permis d’accroître mes connaissances dans ce domaine qui est une nouveauté dans la zone et au Sénégal même.

Ce n’était pas évident au début, mais à la longue, je me suis habitué à ce métier qui est très passionnant », relève-t-il. Abdoulaye Ndiaye dit ne pas regretter cette nouvelle expérience. Mieux, il se dit prêt à continuer l’aventure. Les métiers de la viticulture exigent des qualités et compétences multiples et des connaissances théoriques et pratiques sont indispensables pour la conduite technique du vignoble. Ce chef de culture en est bien conscient. Et il veut parfaire ses connaissances dans le domaine viticole à travers une formation spécifique afin de répondre aux nouvelles exigences. « Je veux comprendre plus ce métier et me parfaire davantage pour me spécialiser dans la viticulture », fait-il savoir.

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Viticulture à Nguekhokh : Un vignoble au cœur du Sahel

14 Déc 2016

Economie

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Viticulture à Nguekhokh : Un vignoble au cœur du Sahel

Le paysage agricole sénégalais commence à se modifier avec l’apparition de la vigne. Deux Français qui ambitionnent de mettre le Sénégal sur la carte des pays producteurs de raisin et de vin se sont lancés dans l’aventure à Nguekokh (département de Mbour). Même si la production n’est qu’expérimentale, leur vignoble prend petit à petit forme. Et leur objectif est de passer à une production de 2 ha à partir de janvier 2017 pour espérer une première commercialisation en 2019-2020.

Jusque-là inconnu au bataillon des pays producteurs de vin, le Sénégal s’est lancé dans la viticulture. Timidement et grâce à Philippe Franchois et à son associé, François Normant, qui ont eu un rêve commun. Le premier voulait réaliser un projet vitivinicole et l’autre mener un projet agricole innovant. Et ces deux néophytes passionnés ont choisi Nguekokh, pour implanter leur domaine. Ce vignoble constitue une première en Afrique de l’Ouest, selon M. Franchois.
« Le « Clos des Baobabs » est à la fois un projet viticole et vinicole qui est né d’une rencontre avec mon associé François Normant qui avait des terres qu’il avait remembrées. On avait un ensemble de 10 ha cohérents et homogènes qui permettent de faire une plantation », renseigne Philippe Franchois. En janvier 2013, les deux associés ont planté un hectare expérimental irrigué de 5.000 plants. « Notre recherche, c’est de comprendre comment mettre en repos végétatif la vigne et comprendre comment lever volontairement la dormance de la vigne, car en relevant la dormance, on permet, plus tard, la fructification », indique-t-il.

« Toute cette recherche est faite sur cet hectare expérimental. Volontairement, on n’est pas parti sur dix hectares de recherche, parce qu’elle est là la recherche. On a le recul suffisant pour faire de la recherche de taille, d’irrigation entre autres parce que la problématique est de comprendre le repos végétatif de la vigne qui pousse ici en continu », laisse entendre Philippe Franchois. Selon lui, l’eau constitue la problématique de toutes les cultures au Sénégal. Et sans irrigation, il n’y a pas de culture possible, donc pas de vigne. « Le forage qu’on a réalisé permet d’irriguer notre périmètre expérimental et les hectares prévus », soutient-il.

La terre sénégalaise n’étant pas à priori adaptée à la viticulture, Philippe et son associé ont, au départ, expérimenté cinq cépages (cabernet-sauvignon, cinsault, grenache, sangiovese et syrah) pour voir ceux qui étaient les mieux adaptés au climat, les plus prometteurs. Le grenache, caractérisé par un port dressé et des rameaux vigoureux et qui résiste bien à la sécheresse, est sorti du lot. Ce cépage est cultivé en France, en Espagne en Italie, en Grèce, au Portugal, en Algérie, en Tunisie et au Maroc. « On a validé ce cépage et l’on va planter 2 ha de production de grenache à partir de janvier 2017 », informe-t-il.

Selon M. Franchois, cette expérimentation a bien porté ses fruits. Malgré les termites, les oiseaux et les singes, Philippe et son associé ont réussi à produire du raisin. Le mois de juillet 2014 a été marqué par une première vendange. Deux autres vendanges ont également été réalisées en avril 2015 et en juin 2016. Cela a permis d’élever un premier vin rosé et rouge, confirmant ainsi la possibilité de produire un vin digne de ce nom au Sénégal. D’ailleurs, renseigne M. Franchois, les premières dégustations-tests faites à Dakar et en France ont confirmé la qualité du vin du » Clos des Baobabs ».

En ciblant le raisin de cuve et non le raisin de table, le projet, selon Philippe Franchois, exprime une réelle volonté de créer une véritable valeur ajoutée en transformant le raisin en vin et non en commercialisant simplement la matière première. « Au Sénégal, notre recherche fait qu’on a passé une étape décisive. On sait qu’on peut faire du vin et on peut aussi faire du raisin de table. On est parti sur du raisin de cuve parce qu’on veut aller plus loin que la production du fruit. On veut aller vers une transformation pour avoir une valeur ajoutée plus forte pour faire du vin », précise-t-il.

Un pari sur la qualité
Le vigneron affiche clairement son ambition. Philippe privilégie la qualité à la quantité. « On souhaite faire de la qualité et non la quantité. On ne veut pas faire pisser la vigne comme on dit souvent. Ce que nous voulons, c’est avoir une production raisonnée de raisins pour avoir du vin de qualité », indique Philippe Franchois. Et pour la commercialisation, les deux comparses visent le marché local et sous-régional. « Que ça soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée ou au Mali, il y a un certain nombre de points de vente qui seraient sensibles à un premier vin de l’Afrique de l’Ouest », explique-t-il.

Pour l’heure, Philippe Franchois et son associé ne pensent pas encore aux rendements comme c’est le cas dans des pays comme l’Italie, l’Espagne et la France qui ont de grosses productions à l’hectare. La question, selon eux, c’est faire du fruit pour un minimum de vin. « C’est juste une expérimentation agricole. On peut faire de grosses productions, mais ce n’est pas de grosses productions qu’on cherche, mais une quantité minimale pour être rentable et une profitabilité minimale », indique-t-il.

Toutefois, précise M. Franchois, avec la démultiplication de cette expérimentation à partir du mois de janvier, la production des deux hectares de grenache exploités va leur permettre d’avoir l’embryon d’un domaine viticole et donc une viticulture émergente. « Le Sénégal est une terre fertile pour les expériences et les innovations. Et la spécialité des Sénégalais, c’est de copier les bonnes expériences. Si ça marche bien, c’est certain qu’on sera copié et avec de la patience et de la persévérance, on aura une filière agricole émergente à l’image du Maroc ».
M. Franchois estime, en outre, que les conditions économiques d’émergence, politiques et de stabilité permettent à beaucoup de gens de chercher des voies nouvelles et de faire dans l’innovation agricole.

Avec l’exploitation des 2 ha, le vigneron et son associé espèrent une première commercialisation en 2019-2020. La visée, selon M. Franchois, c’est de passer de 2 à 5 ha puis à 10 ha. « En France, un domaine de 10 ha est déjà pas mal. Avec 10 ha donc, on peut avoir un vin de qualité et une bonne commercialisation au Sénégal et dans la sous-région », indique M. Franchois, non sans dire toute sa fierté qu’une bouteille du Clos des Baobabs soit déjà exposée à la Cité mondiale du Vin à Bordeaux.

Le souhait de M. Franchois et de son associé, c’est de voir le Sénégal devenir un véritable pays émergent dans la planète vitivinicole, à l’image du Maroc qui compte aujourd’hui 49.000 ha cultivés de vigne, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Éthiopie.

Un métier qui suscite des vocations
Aujourd’hui, la viticulture suscite des vocations et attire des candidats extérieurs au milieu. Par la force des choses, Abdoulaye Ndiaye, ancien moniteur d’équitation, est devenu chef de culture dans le projet « Clos des Baobabs ». « On ne devient pas un vigneron en un clin d’œil, mais quand la passion est là, tout devient possible », indique-t-il. Sa mission consiste à labourer, à mettre du fumier, à palisser la vigne, à tailler et brûler les sarments. Selon M. Ndiaye, depuis le début de sa collaboration avec Philippe Franchois, il a gagné en expérience dans cette activité qu’il a découverte il y a juste trois ans. « On m’a mis dedans et on m’a appris beaucoup de choses qui m’ont permis d’accroître mes connaissances dans ce domaine qui est une nouveauté dans la zone et au Sénégal même.

Ce n’était pas évident au début, mais à la longue, je me suis habitué à ce métier qui est très passionnant », relève-t-il. Abdoulaye Ndiaye dit ne pas regretter cette nouvelle expérience. Mieux, il se dit prêt à continuer l’aventure. Les métiers de la viticulture exigent des qualités et compétences multiples et des connaissances théoriques et pratiques sont indispensables pour la conduite technique du vignoble. Ce chef de culture en est bien conscient. Et il veut parfaire ses connaissances dans le domaine viticole à travers une formation spécifique afin de répondre aux nouvelles exigences. « Je veux comprendre plus ce métier et me parfaire davantage pour me spécialiser dans la viticulture », fait-il savoir.

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Source(s) :

Diaporama

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